August 18, 2012 / 7:47 AM / 6 years ago

Lakhdar Brahimi remplace Kofi Annan en Syrie

par Tom Perry et Louis Charbonneau

Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi va succéder à Kofi Annan au poste de médiateur international pour la Syrie, théâtre depuis 17 mois de violents affrontements entre l'armée et les opposants au président Bachar al Assad, a confirmé vendredi un porte-parole de l'Onu. /Photo prise le 27 mai 2012/REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

BEYROUTH-NATIONS-UNIES (Reuters) - Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi va succéder à Kofi Annan au poste de médiateur international pour la Syrie, théâtre depuis 17 mois de violents affrontements entre l’armée et les opposants au président Bachar al Assad, a confirmé vendredi un porte-parole de l’Onu.

Les combats font rage dans la seconde ville du pays, Alep, dont les insurgés tentent de prendre le contrôle. Les troupes loyales à Bachar al Assad utilisent de plus en plus leur puissance de feu aérienne pour faire reculer les rebelles.

Lakhdar Brahimi portera le titre de représentant spécial conjoint pour la Syrie, légèrement modifié par rapport à celui de Kofi Annan, a annoncé Eduardo del Buey, porte-parole de l’Onu.

“Le secrétaire général (Ban Ki-moon) apprécie la volonté de M.Brahimi d’apporter son talent et son expérience extraordinaires à cette mission cruciale et s’attend à un soutien fort, net et uni de la communauté internationale, notamment du Conseil de sécurité”, a-t-il déclaré.

Dans une interview à la chaîne France 24, le diplomate algérien s’est montré réaliste sur l’issue de sa mission.

“J’ai déjà écouté Kofi Annan, qui est un ami avec lequel j’étais déjà en contact quand il s’occupait de cette question-là”, a-t-il déclaré après l’annonce de sa nomination. “Jamais on ne commence une mission dans une situation où l’on sait que l’on va réussir.”

Des responsables de l’Onu ont dit à Reuters que Lakhdar Brahimi devait se rendre la semaine prochaine à New York pour discuter avec Ban Ki-moon d’une nouvelle manière d’aborder le conflit syrien au cours duquel 18.000 personnes ont été tuées, selon des chiffres de l’Onu.

DÉPLACÉS

Fuyant les combats, les Syriens sont toujours plus nombreux à se réfugier dans les pays frontaliers. Plus de 170.000 ont déjà été enregistrés en Irak, en Jordanie, au Liban et en Turquie, dit le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), mais le chiffre réel est probablement plus élevé.

La situation humanitaire se détériore à mesure que les combats s’intensifient. Des civils se retrouvent privés de tout ravitaillement en vivres, de soins ou de tout autre secours. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état d’une épidémie de diarrhée dans les zones rurales autour de Damas, où l’eau courante a été contaminée par des eaux usées.

Sur le plan politique, le général Mohammed Ahmed Faris, premier astronaute de l’histoire de la Syrie, est venu grossir vendredi la liste des défections symboliques.

Âgé de 61 ans, il a fui en Turquie il y a dix jours. Il a pressé vendredi les insurgés contre le président Bachar al Assad de continuer leur combat et a reproché au reste du monde d’observer un “silence criminel”, face à la répression menée par le régime de Bachar al Assad.

SÉCURITÉ RENFORCÉE

Au Liban, l’armée a déclaré vendredi renforcer les mesures de sécurité au sein de sites religieux et d’autres lieux publics, en vue de l’Aïd el Fitr qui marque la fin du ramadan, quelques jours après une série d’enlèvements menés par un clan chiite en représailles au rapt d’un de leurs proches par les rebelles syriens à Damas.

La Croix-Rouge a annoncé par ailleurs vendredi qu’elle avait rencontré le clan chiite libanais Meqdad, qui a mené cette semaine une série d’enlèvements, en représailles au rapt de l’un des leurs par les rebelles syriens à Damas.

Un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré que l’organisation avait rencontré jeudi à Beyrouth un frère d’Hassan al Meqdad, enlevé la semaine dernière en Syrie.

“Les discussions ont concerné le rôle éventuel du CICR dans sa libération”, a déclaré Hicham Hassan, porte-parole de l’organisation, qui a précisé que la Croix-Rouge ne participait jamais à des négociations, mais pouvait, à la demande des familles, contacter les groupes à l’origine des enlèvements pour demander des informations sur le sort des personnes kidnappées.

Hélène Duvigneau pour le service français

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