August 12, 2012 / 3:42 PM / 6 years ago

L'opposition syrienne réclame une zone d'exclusion aérienne

par Hadeel Al Shalchi

Des membres de l'Armée syrienne libre manoeuvrent une batterie anti-aérienne de fortune à Alep. Selon Adbelbasset Sida, président du Conseil national syrien (CNS, opposition), les rebelles syriens qui se battent pour renverser le président Bachar al Assad ont besoin d'une zone d'exclusion aérienne et de zones sûres près des frontières turque et jordanienne. /Photo prise le 12 août 2012/REUTERS/Goran Tomasevic

ALEP, Syrie (Reuters) - Les rebelles syriens qui se battent pour renverser le président Bachar al Assad ont besoin d’une zone d’exclusion aérienne et de zones sûres près des frontières turque et jordanienne, a déclaré un chef de l’opposition dimanche.

Les combats continuent de faire rage dans la capitale économique, Alep, dans le nord du pays, où l’armée syrienne a attaqué les insurgés dans le quartier de Saif al Daoula près de la zone dévastée de Salaheddine.

Pour Adbelbasset Sida, président du Conseil national syrien (CNS, opposition), les États-Unis ont compris que l’absence d’une zone d’exclusion aérienne empêchait les rebelles d’avancer face à une armée disposant de la supériorité aérienne.

Les insurgés “libèrent des quartiers (...) Mais le problème, c’est les aéronefs qui, ajoutés aux bombardements de l’artillerie, tuent et détruisent”, a déclaré Sida, joint par téléphone, à Reuters.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait déclaré la veille à Istanbul que la Turquie et les États-Unis étudieraient différentes possibilités pour soutenir les opposants au régime syrien, précisant toutefois qu’aucune action imminente n’a été décidée.

La création d’une zone d’exclusion décidée par l’Otan et la Ligue arabe avait aidé les rebelles libyens à faire chuter Mouammar Kadhafi l’an dernier. Mais l’Occident rechigne à faire la même chose en Syrie face à l’hostilité farouche de la Russie et de la Chine, qui possèdent le droit de veto au Conseil de sécurité de l’Onu.

Pour Sida, la création de zones de sécurité aux abords des frontières avec la Jordanie et la Turquie est “une chose essentielle, qui confirmerait au régime que son pouvoir régresse petit à petit”.

Les insurgés ont étendu leurs positions vers la frontière turque ces dernières semaines, alors que l’armée syrienne rassemblait ses forces dans le but de reconquérir Alep.

Un commandant rebelle a déclaré à Reuters que les chars progressaient en direction de Salaheddine, malgré l’opposition de quelque 150 insurgés bientôt à court de munitions.

NOUVEAU PREMIER MINISTRE

Alep et Damas, la capitale politique où l’armée s’est heurtée à une offensive rebelle le mois dernier, sont vitales pour la survie du régime de Bachar al Assad et des membres de la communauté alaouite, minorité au pouvoir depuis quatre décennies.

Les hommes de Bachar al Assad ont essuyé des pertes mais les attaques des insurgés n’ont jusqu’à présent pas porté le coup fatal au clan Assad.

Quatre hommes forts du président, dont son beau-frère, ont été tués dans l’explosion d’une bombe le 18 juillet.

Le Premier ministre, Ryadh Hidjab, a quant à lui fait défection, trouvant refuge en Jordanie la semaine dernière.

La télévision d’État a montré samedi le président Assad intronisant officiellement son remplaçant, Wael al Halki, un musulman sunnite.

Un journaliste de l’agence officielle Sana, Ali Abbas, a par ailleurs été tué dans la nuit de samedi à dimanche par “un groupe terroriste armé”, selon les termes utilisés par Sana pour désigner les rebelles.

Au moins onze personnes ont été tuées le même jour, victimes d’une attaque de l’armée dans une banlieue nord de Damas, ont rapporté des activistes.

Au total, plus de 160 Syriens, dont 116 civils, ont été tués dans tout le pays dans la journée de samedi, a déclaré l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une organisation opposée au régime basée à Londres.

La Ligue arabe a, par ailleurs, reporté sine die la rencontre prévue ce jour entre ses ministres des Affaires étrangères sur la crise syrienne, où devait être décidé le nom du successeur de l’émissaire international Kofi Annan. Elle a invoqué l’opération chirurgicale que vient de subir le chef de la diplomatie saoudienne.

Agathe Machecourt pour le service français

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