July 26, 2012 / 10:44 AM / in 6 years

Les forces syriennes bombardent Alep et le sud de Damas

par Mariam Karouny

SYRIE : LES DERNIERS COMBATS

BEYROUTH (Reuters) - Damas et Alep ont été pilonnées jeudi par les forces fidèles au président Bachar al Assad qui accentuent leur offensive contre les insurgés menaçant les deux grands centres du pouvoir syrien.

Selon des opposants, au moins seize personnes dont des femmes et des enfants ont trouvé la mort dans des tirs de roquettes sur le quartier de Yalda, dans le sud de la capitale, vers 17h00 (14h00 GMT).

Un activiste présent sur les lieux a fait état d’un bilan de 20 morts tandis que l’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré que 16 personnes avaient été tuées, dont quatre femmes et cinq enfants.

Dès la matinée, on signalait de violents bombardements dans le sud de la ville, notamment près du quartier d’Hadjar al Assouad et du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk. Les tirs, qui ont commencé à 07h00 (04h00 GMT), se poursuivaient trois heures plus tard, au rythme d’une explosion à la minute.

L’OSDH a également indiqué que les corps de 12 rebelles avaient été découverts dans le secteur d’Al Adjami, près de la frontière jordanienne, dans le sud du pays. Selon l’organisation basée en Grande-Bretagne, dont les informations reposent sur un réseau de correspondants à travers la Syrie, ils ont été tués mercredi dans des bombardements.

“PERTES TERRIBLES”

A Alep, où les gouvernementaux ont envoyé mercredi des renforts, notamment une colonne blindée qui opérait jusqu’ici dans la province d’Idlib, les combats faisaient également rage aux premières heures de la journée.

Selon un opposant, les insurgés contrôlent désormais la moitié de la localité, une affirmation invérifiable comme toutes les informations émanant des deux camps, en raison des restrictions imposées au travail de la presse.

“Il y a eu des bombardements ce matin sur les quartiers de Salaheddine et de Machhad”, a déclaré Abou Hicham, un combattant de l’opposition. “Les tirs ont maintenant cessé mais des hélicoptères survolent le secteur.”

Les combats de mercredi à Alep et dans les environs ont fait 24 morts, selon les rebelles. Depuis le début du soulèvement contre Assad à la mi-mars 2011, les violences ont fait environ 18.000 morts dont 12.000 civils d’après l’OSDH.

Mercredi, la télévision syrienne a annoncé que les “terroristes” subissaient “des pertes terribles” à Alep. “Des groupes entiers baissent les armes et se rendent, d’autres fuient vers la frontière turque”, a-t-elle affirmé.

Dans le nord du pays, les rebelles ont pris le contrôle d’Azaz, à quelques kilomètres de la frontière turque. La ville est en ruines après des semaines de combats.

Interrogé sur la situation à Alep lors d’un déplacement à Varsovie, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a appelé la Russie et la Chine à agir dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies.

“Nous espérons qu’enfin, ils vont entendre les cris qui montent non seulement de Syrie mais aussi de partout dans les peuples arabes, partout dans le monde, pour arrêter ce bain de sang”, a-t-il dit.

TLASS PRÊT À AIDER L’OPPOSITION

En visite à Srebrenica, théâtre en 1995 du pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a mis en garde la communauté internationale contre le risque de répéter les mêmes erreurs en Syrie qu’en Bosnie.

“Je ne veux pas voir un de mes successeurs dans vingt ans se rendre en Syrie et s’excuser pour ce que nous aurions pu faire aujourd’hui pour protéger les civils en Syrie, et que nous ne faisons pas”, a-t-il dit.

S’exprimant à Ankara, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que Bachar al Assad et ses proches étaient sur le départ et que les préparatifs étaient en cours en vue d’une “nouvelle ère”.

Le chef du gouvernement turc a également déclaré que la Turquie pourrait agir contre une organisation terroriste dans le nord de la Syrie s’il la considère comme une menace, par allusion aux combattants séparatistes kurdes supposés actifs dans la région.

C’est la première fois qu’Ankara s’inquiète de l’influence croissante du Parti de l’union démocratique (PYD) syrien lié aux combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Dans une interview au journal panarabe Achark al Aoussat, le général syrien Manaf Tlass, qui a fait défection au début du mois, s’est dit prêt à aider au rassemblement de l’opposition syrienne, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, pour faciliter un transfert du pouvoir.

Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below