July 25, 2012 / 6:28 AM / in 6 years

Le procureur Philippe Courroye veut devenir avocat

PARIS (Reuters) - Le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) Philippe Courroye, menacé d’une mutation autoritaire à Paris, se dit victime d’une chasse à l’homme et a déposé une demande de mise en disponibilité afin de devenir avocat.

Dans un entretien publié par Le Figaro, le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) Philippe Courroye, menacé d'une mutation autoritaire à Paris, se dit victime d'une chasse à l'homme et indique avoir déposé une demande de mise en disponibilité afin de devenir avocat. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Le magistrat l’annonce dans un entretien publié mercredi par Le Figaro le jour même d’une convocation par des juges d’instruction qui instruisent la plainte de l’ex-ministre Charles Pasqua pour destruction de preuves dans l’affaire des ventes d’armes à l’Angola.

Finalement, les juges ne l’ont pas mis en examen mais lui ont accordé le statut de témoin assisté, selon une source judiciaire.

Le procureur s’estime “lynché” et dit qu’il est victime en réalité de ses qualités. “On me reproche en réalité mon indépendance d’esprit, ma force de caractère et ma ténacité. D’aucuns auraient sans doute aimé que je mette un genou en terre mais (...) je ne suis pas de ceux qu’on attelle”, dit-il.

Le ministère de la Justice veut le muter comme avocat général au parquet de la cour d’appel de Paris dans “l’intérêt du service” en invoquant les procédures pénale et disciplinaire engagées contre lui en raison du fait qu’il a fait examiner par la police les factures détaillées de téléphone (“fadettes”) de journalistes du Monde pour connaître leur informateur.

Il lui est reproché aussi le suicide d’un substitut de son parquet, mais il conteste formellement dans l’entretien que cet homme ait été victime d’un harcèlement moral, assurant qu’il demandait au contraire sa promotion.

“Cette récupération abjecte participe de la chasse à l’homme dont je fais l’objet depuis plusieurs années”, dit-il.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a ordonné début juillet l’ouverture de poursuites disciplinaires contre lui dans l’affaire des “fadettes”.

Un rapporteur va désormais faire une sorte d’instruction, puis une audience contradictoire publique sera organisée, et une décision sera prise à l’encontre du procureur qui risque une sanction pouvant aller du blâme à la révocation s’il est déclaré coupable.

Thierry Lévêque, édité par Marine Pennetier

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