July 20, 2012 / 7:49 AM / 6 years ago

La famille Peugeot et l'opposition jugent Montebourg dangereux

PARIS (Reuters) - La famille Peugeot et l’opposition jugent dangereuses les attaques d’Arnaud Montebourg contre les dirigeants et actionnaires de PSA Peugeot Citroën, qui a annoncé la suppression de 8.000 emplois, mais la stratégie du ministre du Redressement productif semble avoir le soutien de l’exécutif.

La droite a qualifié vendredi d'"irresponsables" les attaques du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg contre les dirigeants et actionnaires de PSA Peugeot Citroën, qui a annoncé la suppression de 8.000 emplois en France et la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois. /Photo prise le 11 juillet 2012/REUTERS/Charles Platiau

Fidèle à sa réputation de bretteur, Arnaud Montebourg a vivement mis en cause l’actionnaire principal de PSA.

“La famille Peugeot a un certain nombre de choses à nous dire je le crois”, a-t-il dit mardi lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée.

Il s’est notamment demandé pourquoi il y avait eu “des opérations financières au moment même où Peugeot commençait à voir apparaître ses premières difficultés et notamment le versement de dividendes”, a-t-il ajouté.

Le ministre a également dit avoir “un vrai problème” avec la stratégie du constructeur et donc de la famille Peugeot, actionnaire principal de PSA, avec 25,4% du capital.

Ces critiques ont entraîné une contre-attaque de Thierry Peugeot, président du conseil de surveillance de PSA.

Dans une interview parue vendredi dans Le Figaro, il rend le gouvernement responsable de la chute de l’action PSA en Bourse.

“Si le cours a chuté autant, c’est que les attaques dont le groupe fait actuellement l’objet ont un effet immédiat sur la perception des actionnaires du groupe”, a-t-il dit. “C’est une situation qui est dangereuse. La capitalisation boursière aujourd’hui de 2,3 milliards d’euros est extrêmement faible et n’a rien à voir avec les capitaux propres de l’entreprise.”

“IRRESPONSABLE”

Après l’annonce de 8.000 nouvelles suppressions d’emplois en France et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pour tenter d’endiguer les pertes financières du constructeur sur fond de chute des ventes en Europe, l’action PSA a chuté de près de 18% en quatre séances. Le titre a rebondi de près 4% mercredi, puis encore de 7,6% jeudi.

Selon Thierry Peugeot, qui doit être reçu jeudi prochain par Arnaud Montebourg, cette situation rend le groupe vulnérable à une OPA. “Tout est possible. Il faut agir.”

“Nous sommes prêts à accepter la critique, mais il y a des limites”, a-t-il ajouté dans Le Figaro, rappelant que le groupe ne prévoyait aucun licenciement sec dans son plan.

L’opposition de droite estime elle aussi qu’Arnaud Montebourg affaiblit un des fleurons de l’industrie française.

“C’est irresponsable ce que fait le gouvernement”, a dit sur Europe 1 l’ancien Premier ministre François Fillon.

“Quelle est cette attitude qui consiste à taper sur une entreprise, à la dénoncer, à émettre des soupçons, alors que cette entreprise est aux premières loges dans le combat de la mondialisation ?” a-t-il dit. “Montebourg, c’est l’arrière qui tire dans le dos de ceux qui sont aux premiers rangs du combat.”

Le secrétaire général de l’UMP a estimé de son côté que le ministre socialiste mettait en danger des “milliers d’emplois”.

“Je pense que l’économie française est en train d’avoir un sérieux problème avec Arnaud Montebourg”, a dit Jean-François Copé sur RTL. “Je n’ai jamais imaginé qu’un ministre de l’Industrie allait à ce point frapper personnellement (...) l’image des grandes entreprises de notre pays.”

MONTEBOURG COMME HOLLANDE

La stratégie du ministre du Redressement productif semble toutefois validée au plus haut niveau de l’Etat.

Le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Bruno Le Roux, a défendu Arnaud Montebourg contre les attaques selon lui “grotesques” venant de l’ancienne majorité qui aurait voulu mettre les difficultés de PSA “sous le tapis en attendant les élections” présidentielle et législatives du printemps dernier.

“Face à ces attaques indignes, le groupe socialiste à l’Assemblée nationale réaffirme son soutien à la politique menée par le gouvernement et par Arnaud Montebourg pour faire face aux difficultés rencontrées par PSA”, dit-il dans un communiqué.

“On laisse le gouvernement travailler”, dit-on à l’Elysée.

François Hollande lui-même a d’ailleurs employé des termes très similaires à ceux tenus par Arnaud Montebourg.

“Le plan en l’état n’est pas acceptable, il doit être renégocié”, avait déclaré le chef de l’Etat lors d’une interview télévisée le 14 juillet.

François Hollande s’en était aussi pris à la stratégie du premier groupe automobile français, dont il a déploré que les annonces faites jeudi aient été retardées volontairement après les élections présidentielle et législatives.

“C’est trop facile de dire c’est la faute du coût du travail, il y a eu des choix stratégiques qui n’ont pas été bons (...) il y a aussi des comportements d’actionnaires qui se sont distribué des dividendes, alors qu’il y aurait pu y avoir privilège d’investir plutôt que d’assurer des faveurs à des actionnaires”, a-t-il dit.

“Moi je considère qu’il y a eu un mensonge, ce plan n’a pas été annoncé alors qu’il était déjà prévu”, a-t-il ajouté.

Service France, édité par Yves Clarisse

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