July 19, 2012 / 5:45 AM / 6 years ago

Combats au coeur de Damas, Bachar al Assad reste invisible

par Mariam Karouny et Oliver Holmes

Sur la place des Omeyyades, à Damas, à la tombée de la nuit. Le sort de Bachar al Assad restait inconnu jeudi au lendemain d'un attentat ayant frappé son régime au coeur de la capitale syrienne, théâtre des combats les plus intenses en 16 mois de soulèvement dans le pays. /Photo prise le 18 juillet 2012/REUTERS/Khaled al-Hariri

BEYROUTH/AMMAN (Reuters) - Le sort de Bachar al Assad restait inconnu jeudi au lendemain d’un attentat ayant frappé son régime au coeur à Damas, théâtre des combats les plus intenses en 16 mois de soulèvement en Syrie.

Aux premières heures de la journée de jeudi, des habitants de Damas faisaient état d’une poursuite des affrontements entre les forces du régime et les insurgés, qui disent avoir engagé depuis le week-end “la bataille pour la libération” de la capitale syrienne.

Les combats se sont rapprochés mercredi du palais présidentiel, non loin du siège de la sûreté où une bombe a explosé en pleine réunion de l’état-major de crise réunissant des chefs de la sécurité et de la Défense nationales.

L’explosion a coûté la vie à Assef Chaoukat, beau-frère du président et l’un des piliers du clan Assad au pouvoir depuis 1970, au ministre de la Défense Daoud Radjha et au général Hassan Tourkmani. Ces trois hommes faisaient partie du premier cercle du pouvoir chargé de la lutte contre le mouvement de contestation né en mars 2011 dans le sillage des révolutions en Tunisie et en Egypte et du soulèvement en Libye.

Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ibrahim al Chaar, et le chef des renseignements, Hicham Bekhtyar, ont été blessés, selon la télévision syrienne.

Mercredi soir, d’intenses combats étaient encore signalés dans des quartiers du centre de la capitale, Mezze et Kafar Sousseh, tandis qu’un commissariat du quartier de Hadjar al Assouad était en flammes.

A la tombée de la nuit, l’armée déployée sur les hauteurs de Damas pilonnait sa propre capitale, également mitraillée par des hélicoptères de combat.

VOTE À L’ONU

Pour la première fois mercredi, la télévision d’Etat a diffusé des images d’hommes en tenues militaires engagés dans des combats dans la capitale.

Selon une source proche des services de sécurité, l’auteur de l’attentat était un garde du corps chargé de la protection des hommes du premier cercle du pouvoir. Les médias officiels affirment qu’il s’est agi d’un attentat suicide. L’explosion a été revendiquée par deux groupes d’opposants au régime.

Depuis cet attentat, Bachar al Assad n’a fait aucune déclaration officielle et n’est pas apparu en public.

Les Etats-Unis jugent que la situation est en train d’échapper à tout contrôle en Syrie, ce qui fait craindre aux responsables américains une déstabilisation de l’ensemble de la région en raison de l’alliance entre le régime Assad et l’Iran et de l’influence de Damas sur le Hezbollah libanais.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré qu’une “bataille décisive” était engagée à Damas.

Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se prononcer mercredi sur un projet de résolution présenté par la Grande-Bretagne au nom des pays occidentaux, qui prônent la mise à l’écart de Bachar al Assad. Ce vote a été repoussé de 24 heures et devrait avoir lieu ce jeudi.

Le président américain Barack Obama a téléphoné à son homologue russe Vladimir Poutine pour tenter de le convaincre de lever son opposition aux projets occidentaux. La Russie, avec la Chine, a déjà opposé à deux reprises son veto à des projets de résolution similaires.

A la suite de cet entretien, la présidence russe a fait savoir que des “divergences d’approche” demeuraient entre Washington et Moscou.

Sur CNN, le roi Abdallah de Jordanie s’est ouvertement interrogé sur l’opportunité de poursuivre ces tractations diplomatiques.

“Alors que nous sommes toujours en train de creuser l’option politique, la réalité sur le terrain pourrait bien nous avoir dépassés (...) Avons-nous atteint le point où l’option politique intervient trop tard?”, a déclaré le roi Abdallah.

“Je pense que nous devrions continuer à accorder sa chance à l’option politique, mais si la fenêtre ne s’est pas déjà refermée, je pense que nous n’en sommes pas loin.”

Du côté des opposants, on considère que la crise, responsable de la mort de 17.000 personnes selon eux, est proche de son dénouement.

“C’est la phase finale. (Le régime) tombera très bientôt”, a dit Abdelbasset Sayda, président du Conseil national syrien, à Reuters. “La journée marque un tournant dans l’histoire de la Syrie.”

Avec Dominic Evans et Erika Solomon à Beyrouth, Khaled Yacoub Oweis à Amman, Suleiman al Khalidi à Antioche et Regan Doherty à Doha, Bertrand Boucey pour le service français

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