July 11, 2012 / 6:00 AM / 6 years ago

Annan estime que l'Iran a un rôle à jouer dans la crise syrienne

par Douglas Hamilton

L'émissaire international Kofi Annan, en visite à Téhéran, a estimé mardi que l'Iran devrait être impliqué dans le dossier syrien afin de trouver une solution pour mettre fin à la crise. /Photo prise le 9 juillet 2012/REUTERS/Khaled al-Hariri

BEYROUTH (Reuters) - L’émissaire international Kofi Annan, en visite à Téhéran, a estimé mardi que l’Iran devrait être impliqué dans le dossier syrien afin de trouver une solution pour mettre fin à la crise.

Jusqu’à présent, les Etats-Unis, les pays de l’Otan et du Golfe ont été opposés à ce que la république islamique participe aux efforts diplomatiques de paix. L’Iran chiite est un allié du président Bachar al Assad.

“L’Iran doit jouer un rôle. Et ma présence ici (à Téhéran) montre que j’en suis persuadé”, a dit Annan après des discussions avec le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi.

“J’ai reçu des marques d’encouragement et de coopération du ministre et du gouvernement”, a-t-il ajouté.

Selon l’ancien secrétaire général de l’Onu, le régime iranien a expliqué que si la crise “s’étendait dans toute la région, cela aurait des conséquences que nul ne saurait imaginer”.

Washington a réaffirmé son soutien au plan Annan de paix en Syrie mais n’a aucun moment montré son souhait de voir la république islamique impliquée, au contraire de la Russie.

“Je pense que personne ne peut sérieusement expliquer que l’Iran a eu un impact positif sur les événements en Syrie”, a déclaré le porte-parole de la Maison blanche Jay Carney.

Un peu plus tôt, Kofi Annan avait indiqué que Bachar al Assad suggérait une sortie progressive du conflit en Syrie, en commençant par mettre un terme aux violences dans les zones les plus meurtries par les affrontements.

Selon le diplomate ghanéen, qui a rencontré lundi à Damas le chef de l’Etat syrien, ce dernier a suggéré “de mettre en place une approche partant de la base dans certaines zones théâtre d’une extrême violence pour tenter d’y contenir la violence puis progressivement de faire cesser la violence dans tout le pays.”

Kofi Annan, nommé en février envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, a indiqué qu’il allait maintenant partager cette nouvelle approche avec l’opposition syrienne.

Après Téhéran, l’ancien secrétaire général de l’Onu est arrivé mardi à Bagdad pour s’entretenir avec le Premier ministre irakien, le chiite Nouri al Maliki.

Selon le ministère français des Affaires étrangères, le diplomate devrait présenter les conclusions de sa tournée mercredi au Conseil de sécurité de l’Onu, à New York.

PLUS DE 17.000 MORTS ?

A Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a annoncé mardi que la Russie était prête à accueillir une nouvelle réunion du groupe d’action et a fait part de son intention d’élargir les discussions pour inviter d’autres pays.

Le groupe d’action sur la Syrie a annoncé un accord sur les principes d’une transition politique à Damas, resté lettre morte, à l’issue de sa dernière réunion le 30 juin à Genève.

La Russie, qui comme la Chine a opposé à deux reprises son veto au Conseil de sécurité de l’Onu à une résolution condamnant Bachar al Assad, a dépêché son patrouilleur Smetlivy qui a surveillé les côtes syriennes en avril et en mai, selon une source proche de la Marine russe.

Trois autres navires de guerre et une frégate anti sous-marine font également route vers la Syrie, a-t-on appris auprès d’une autre source militaire.

Au moins 17.129 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations antigouvernementales en Syrie mi-mars 2011, selon l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH), une ONG proche de l’opposition basée à Londres.

Au moins 11.897 de ces morts sont des “civils”, ajoute l’OSDH, qui ne peut dire combien d’entre eux avaient rejoint les rangs de l’insurrection armée.

Parmi les fidèles du président Assad, 4.348 militaires et membres des forces de sécurité ont été tués.

Les Nations unies ont fait état en avril d’un bilan de plus de 10.000 morts mais n’ont pas avancé de chiffres depuis lors.

TIRS D’OBUS SUR LE LIBAN

Un employé du Croissant-Rouge arabe syrien, blessé la veille par balles à Daïr az Zor, est mort mardi, selon l’OSDH, qui a précisé qu’on lui avait tiré dessus alors qu’il circulait dans une ambulance clairement identifiée.

Des affrontements ont également été signalés à Deraa, le long de la frontière avec la Jordanie, et des explosions ont été entendues dans les villes de Homs, de Hama et de Rastan.

Trois personnes ont par ailleurs été tuées lorsque des obus syriens sont tombés mardi sur des villages du nord du Liban, disent des habitants. Il s’agit de la seconde attaque meurtrière en trois jours au Liban après la mort de trois personnes ce week-end dans des bombardements en provenance de Syrie.

Face à la poursuite des violences, Chypre se prépare à l’arrivée possible de 200.000 réfugiés syriens, a fait savoir le gouvernement. En 2006, lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah au Liban, quelque 90.000 personnes avaient fui à Chypre par bateau et par avion.

Erika Solomon à Beyrouth, avec Stephanie Nebehay et Tom Miles à Genève, Marine Pennetier, Julien Dury et Benjamin Massot pour le service français

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