July 9, 2012 / 3:42 PM / 6 years ago

Tour de France: Bradley Wiggins est un maître horloger

par Gilles Le Roc’h

Le Britannique Bradley Wiggins a remporté lundi la neuvième étape du Tour de France cycliste, un contre-la-montre disputé sur 41,5 km entre Arc-et-Senans et Besançon, conservant ainsi son maillot jaune. Il a devancé son compatriote Christopher Froome et le Suisse Fabian Cancellara a terminé troisième. /Photo prise le 9 juillet 2012/REUTERS/Stéphane Mahé

BESANÇON, Doubs (Reuters) - Bradley Wiggins a vécu lundi une grande journée en s’imposant pour la première fois dans une étape du Tour de France, en confortant son maillot jaune et en repoussant à près de deux minutes son grand rival Cadel Evans.

Compte tenu de sa domination dans le contre-la-montre, il ne faisait quasi pas de doute que le Britannique allait profiter de l’excellence de sa condition physique, de sa compétence dans l’exercice et de la force que donne un maillot jaune, pour dominer cette étape.

Au terme des 41,5 km avalés entre Arc-en-Senans et Besançon, le leader du Tour de France a bien raison de se dire “mission accomplie”.

Ce contre-la-montre n’était pas idéal pour les spécialistes tels que lui, aussi le résultat à Besançon témoigne que cette affaire est avant tout une question de moteur.

Cette étape concernait au premier chef les favoris du Tour pour qui chaque seconde compte. Mais les premières places ont été prises par ceux capables, sur tous les terrains, d’entraîner des braquets énormes pendant une heure.

Fabian Cancellara (4e à 38 secondes), Sylvain Chavanel (5e à 1’04” minute) ont ainsi réussi une grande performance.

La différence est toutefois venue du surplus de motivation, de la capacité de se dépasser pour atteindre le but suprême et dans ce registre, connaissant la force de son mental, Bradley Wiggins ne pouvait pas faillir.

Puisque Cadel Evans ne semble pas aussi fort que l’an dernier, le danger pour Wiggins pouvait éventuellement venir de son propre équipier Christopher Froome, que le grand public découvre mais qui fut l’égal de son compatriote dans la Vuelta.

FROOME EST LÀ AUSSI

Dès le premier point de chronométrage, après un peu plus de 20 minutes d’effort, toutes les impressions laissées par la première semaine se sont confirmées: Wiggins devançait Froome de 23 secondes et Cadel Evans de 56 secondes.

Informé sur les temps de passage, Evans a tenté d’accélérer sans donner l’impression de pouvoir corriger quoi que de soit.

A l’arrivée, l’Australien a concédé 1’43”. Exactement le même écart que dans le chrono du Critérium du Dauphiné. A l’époque, Evans pensait progresser et faire beaucoup mieux dans le Tour.

“Je n’ai pas fait le meilleur contre-la-montre de ma carrière, a-t-il dit aux journalistes, mais je regarde devant. Je ne perds pas espoir mais évidemment ce sera très difficile...”

Mieux que Cadel Evans, Christopher Froome a certes décliné dans la deuxième partie de parcours mais il a pris la deuxième place de l’étape à 35 secondes de son leader et occupe le troisième rang du classement général à 2’07” de Wiggins.

Il se trouve donc dans la même position que dans le Tour d’Espagne, où il avait travaillé pour son leader avant de profiter des circonstances de course dans l’Angliru pour faire sa course et finir deuxième à Madrid, derrière l’Espagnol Cobo et devant Wiggins.

“On va voir avec Christopher où nous en sommes”, a dit Wiggins.

“L’an dernier dans le Tour, il n’y avait pas de plan B dans l’équipe qui s’est retrouvée sans leader après ma chute en première semaine. Là, c’est différent.”

“On va essayer de le garder dans cette position le plus longtemps possible. Je ne pensais pas qu’on serait tous les deux sur le podium avant le jour de repos. Et nous verrons, au fil des jours si nous faisons tout pour l’être à Paris ou s’il faudra sacrifier Christopher.”

Tout dépend donc de l’attitude des adversaires dont la position est loin d’être avantageuse. Vont-ils suivre en espérant un jour sans de Wiggins ou tenter de le surprendre en attaquant.

Il serait étonnant que Cadel Evans ne se contente pas d’être opportuniste. La rébellion pourrait venir de l’équipe RadioShack-Nissan (quatre coureurs dans les quinze premiers) mais elle préfère toujours assurer les points du World Tour.

En revanche, Vincenzo Nibali est un coureur agressif, n’acceptant pas d’attendre et pourrait bien détenir la clé du Tour. S’il a les jambes pour suivre ses envies.

Edité par Grégory Blachier

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