July 6, 2012 / 3:20 PM / 6 years ago

Tour de France: Peter Sagan s'impose en évitant les chutes

par Gilles Le Roc’h

Le Slovaque Peter Sagan a remporté vendredi la 6e étape du Tour de France, courue sur 207,5 km entre Epernay et Metz, en devançant l'Allemand Andre Greipel et l'Australien Matthew Goss. Le Suisse Fabian Cancellara conserve le maillot jaune. /Photo prise le 6 juillet 2012/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

METZ, Moselle (Reuters) - La sixième étape gagnée à Metz par le Slovaque Peter Sagan vendredi, pèsera lourd dans le scénario du Tour de France qui s’est privé, sur une chute terrible, de nombreux coureurs en mesure de perturber le duel annoncé entre Cadel Evans et Bradley Wiggins.

Les deux favoris s’en sont sortis à bon compte, tout comme le leader, Fabian Cancellara, qui a conservé son maillot jaune une journée de plus.

Cette étape animée par l’échappée lancée au cinquième kilomètre par l’Américain David Zabriskie, maitrisé par le peloton à un peu plus d’un kilomètre de l’arrivée, a été émaillée de chutes souvent effrayantes.

Elles ont rappelé le scénario de la neuvième étape de l’an dernier, quand plusieurs grands leaders d’équipe avaient quitté le Tour dans la descente du Puy Mary.

Cette fois, c’est dans un faux-plat descendant, à 25 kilomètres de l’arrivée, qu’un terrible accident a jeté à terre une trentaine de coureurs lancés à 70 km/h.

L’image de coureurs couchés au sol au milieu des vélos éparpillés ou d’autres essayant de reprendre leur souffle sur les bas-côtés, restera longtemps dans la mémoire du Tour.

Elle rappelait, toutes proportions gardées, l’hécatombe survenue tout près de Metz, à Gravelotte, lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et qui a donné naissance à l’expression courante.

Il y avait là Fränk Schleck, hagard et cherchant son vélo. Il y avait Robert Gesink, le cuissard arraché, Pierre Rolland, se plaignant de l’épaule ou Jean-Christophe Péraud, déjà abimé dans une précédente chute.

Bien plus sérieusement touché, Ryder Hesjedal, le vainqueur du Giro, a perdu plus de 13 minutes et toutes ses illusions. Ainsi que son équipier Tom Danielson. Quant à Johan Van Summeren, le vainqueur de Paris-Roubaix 2011 et autre membre de l’équipe Garmin-Sharp, il a fini en larmes.

Wouter Poels, l’espoir hollandais, qui avait abandonné dans la neuvième étape du Tour en 2011, a aussi fini dans le dur.

Le désastre s’est prolongé sur la route, par la panique de coureurs tentant de revenir sur le peloton qui ne s’était pas relevé. Pour Schleck, Rolland, Péraud, Thibaut Pinot, Michele Scarponi, Alejandro Valverde, Juan Cobo ou Jelle Vanendert, la note s’élève à un peu plus deux minutes perdues. Pour Gesink à plus de trois.

LE CAUCHEMAR DE GARMIN

Pour Hesjedal et toute l’équipe Garmin-Sharp, cette étape a purement et simplement tourné au cauchemar: Danielson a terminé à l’hôpital et ses trois leaders, Ryder Hesjedal, Dan Martin et Christian Vande Velde, à un quart d’heure du vainqueur, comme David Millar et Johan Van Summeren.

“J’ai mal partout, à l’épaule, à la jambe, à la hanche, a dit Fränk Schleck à l’arrivée. La chute a été terrible. Si je n’ai rien de cassé, j’ai beaucoup de chance!”

Son équipier Fabian Cancellara, maillot jaune, s’est lui aussi dit heureux d’avoir échappé au pire.

“Je suis passé à deux millimètres de la chute, j’étais à côté de Vigano, qui lui a été contraint à l’abandon”, a-t-il dit.

“Il a fallu que je respire profondément pour reprendre mes esprits. C’est le cyclisme, on ne peut rien faire. Je ne crois pas que ce soit la faute du vélo, de la route, c’est juste la course!”

Une course qui a donc affiché son plus mauvais visage et ce, toute la journée puisqu’une première chute massive provoquée par une tache d’huile avait jeté à terre une vingtaine de coureurs, dont le double vainqueur d’étape Andre Greipel, victime de multiples contusions.

L’Allemand avait prévenu son équipe qu’il ne se sentait pas mesure de disputer le sprint à Metz mais il s’est ravisé à trois kilomètres du but. A 200 mètres de la ligne d’arrivée, il a pris très nettement l’avantage mais il a finalement coincé, ne pouvant résister à l’assaut du maillot vert Peter Sagan.

Vainqueur pour la troisième fois depuis le départ de Liège, le Slovaque s’est imposé pour la première fois dans un sprint massif, il est vrai amputé de Mark Cavendish, retardé et pour qui le maillot vert semble désormais impossible à gagner.

“C’est évidemment une grande satisfaction de battre des coureurs comme Greipel et Goss, je ne m’y attendais pas. Cela me donne un sentiment très particulier”, a dit Sagan.

La formule vaut pour toute cette étape mais il s’agit pour beaucoup de coureurs d’une aigreur après cette chute aux lourdes conséquences.

Edité par Grégory Blachier

La sixième étape du Tour de France, remportée vendredi à Metz par le Slovaque Peter Sagan, a été émaillée de chutes souvent effrayantes qui ont vu de nombreux coureurs susceptibles de perturber le duel annoncé entre Cadel Evans et Bradley Wiggins perdre énormément de terrain. /Photo prise le 6 juillet 2012/REUTERS/Bogdan Cristel

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