July 1, 2012 / 3:34 PM / 6 years ago

François Fillon jette le gant dans la lutte pour l'UMP

PARIS (Reuters) - François Fillon a lancé la compétition pour la présidence de l’UMP en se déclarant le premier, une stratégie dictée officiellement par la volonté de s’opposer à la “politique inconséquente” du nouveau pouvoir socialiste mais surtout de bousculer son rival Jean-François Copé, qui assure “rester zen”.

François Fillon a lancé la compétition pour la présidence de l'UMP en se déclarant le premier, une stratégie dictée officiellement par la volonté de s'opposer à la "politique inconséquente" du nouveau pouvoir socialiste mais surtout de bousculer son rival Jean-François Copé, qui assure "rester zen". /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

L’ancien Premier ministre a mis fin à un faux suspense en officialisant sa candidature samedi soir sur Twitter, une initiative qu’il justifie dans une interview au Journal du Dimanche.

“J’estime qu’il est de mon devoir de tout mettre en oeuvre pour rassembler toutes les familles de la droite et du centre”, explique-t-il, soulignant qu’il n’est “candidat contre personne”. “J’entends parler de guerre des chefs, cela n’existe que dans l’esprit de ceux qui considèrent la politique comme un exercice clanique”.

“Clanique”. L’épithète est souvent reprise par les détracteurs de Jean-François Copé, à la tête du parti depuis novembre 2010, qui lui reprochent d’entretenir la division là où François Fillon favoriserait la réconciliation.

Réputé avancer à pas prudents, l’homme qui est resté dans l’ombre de Nicolas Sarkozy durant le précédent quinquennat s’efforce de décocher les coups le premier depuis la défaite du 6 mai et d’imprimer ainsi son rythme à la campagne interne pour la direction du parti néo-gaulliste.

Le dépôt des candidatures est prévu en septembre en vue d’un vote en novembre des adhérents à jour de cotisation -250.000 selon l’UMP. Le président, le secrétaire général et le vice-président sont élus au terme d’un scrutin majoritaire à deux tours dont les résultats seront proclamés lors d’un congrès.

“UN NON-ÉVÉNEMENT”

Pris de vitesse le 3 mai par Jean-François Copé qui annonçait dans Le Figaro la création de mouvements au sein de l’UMP, François Fillon a défié son principal adversaire en déclarant au Figaro Magazine fin mai, avant même les élections législatives, que le parti n’avait plus de “leader naturel”.

Ce sont ensuite les soutiens attendus et inattendus qui se sont succédé. L’ancienne ministre du Budget Valérie Pécresse, pourtant amie du député-maire de Meaux, s’est ralliée à sa candidature, de même que l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur Laurent Wauquiez, chef de file de “La Droite sociale”.

L’ancien président du Sénat Gérard Larcher, mais aussi le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, membre de “La Droite populaire”, et représentant de l’une des plus importantes fédérations UMP, devraient rejoindre les rangs des pro-Fillon.

“On tente de caricaturer un Fillon isolé, sans réseau, ça prouve que non”, dit-on dans son entourage.

Héraut du “gaullisme social”, François Fillon veut donner corps à “la diversité dans l’unité”, selon le voeu de Jean-Pierre Raffarin, en s’adjoignant toutes les sensibilités. Eric Ciotti pourrait ainsi briguer la vice-présidence du parti, Valérie Pécresse le secrétariat général.

“Fillon pense que ça commence à sentir le roussi, alors il accélère le rythme”, réagit-on dans l’entourage de Jean-François Copé, où l’on feint d’ignorer “un non-événement”. “Ça ne change rien au calendrier de Jean-François Copé”, qui pourrait se lancer à l’occasion de la réunion de son club, “Génération France”, les 25 et 26 août à Maussane (Bouches-du-Rhône).

Invité du “Grand Jury” Le Figaro-LCI-RTL, Jean-François Copé a répété que sa priorité était d’”installer l’opposition” et a mis en avant des différences de parcours avec François Fillon, dont il n’est “pas sûr de forcément connaître” la ligne politique.

“Christian Jacob n’a pas été élu par des stars ou parce qu’il avait le soutien de stars”, ajoute-t-on perfidement dans son entourage, à propos de l’élection de la présidence du groupe UMP à l’Assemblée, qui a largement reconduit le lieutenant de Jean-François Copé aux dépens de Xavier Bertrand, proche de François Fillon.

FILLON ÉCRIT AUX MILITANTS

Fort du soutien de l’opinion -sa cote de popularité en atteste dans les récents baromètres-, François Fillon oeuvre désormais à conquérir les militants dont Jean-François Copé, entré de longue date en campagne, veut tirer sa force de frappe.

L’ancien chef du gouvernement fait diffuser depuis dimanche une lettre aux militants pour expliquer sa “volonté de servir une cause politique qui dépasse largement nos destins personnels” et rendre un hommage appuyé à “la base”.

“Je le fais avec la volonté de donner aux militants, aux sympathisants et à nos électeurs la fierté et l’honneur de pouvoir dire: ‘je suis pour l’UMP’”, écrit-il.

Réplique d’un proche de Jean-François Copé: “Les députés de base n’aiment pas Fillon, l’interview au Figaro Magazine, ça les a rendus hystériques”.

Les lames sont à vif, au point qu’Alain Juppé propose dimanche soir sur son blog de “rompre avec la culture du chef” et d’élire à l’automne “non point un champion pour 2017” mais “une équipe dirigeante” dont il pourrait être.

“J’ai l’avantage de ne pas être dans la course pour 2017, ce qui en rassurera plus d’un. Et d’avoir une certaine expérience de la bonne manière de rassembler les forces de l’UMP”, écrit-il.

Sophie Louet

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