June 28, 2012 / 5:33 AM / in 6 years

Moscou approuve l'idée de Kofi Annan sur une transition en Syrie

par Oliver Holmes et Louis Charbonneau

Une attaque a visé mercredi un symbole du régime syrien, la chaîne privée Ikhbariya, dont les locaux ont été visés à l'aube à Droucha, à 20 km au sud de la capitale. Trois journalistes et quatre agents de sécurité ont été tués. /Photo prise le 27 juin 2012/REUTERS/Agence de presse syrienne Sana

BEYROUTH/NATIONS UNIES (Reuters) - La Russie comme les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité ont déclaré au médiateur international Kofi Annan qu’ils soutenaient son idée d’un gouvernement d’union nationale à Damas, sujet qui figurera au menu de la réunion ministérielle convoquée pour samedi à Genève dans l’espoir de mettre un terme à 16 mois de violences en Syrie.

La journée de mercredi, au cours de laquelle, selon l’opposition, plus de 150 personnes ont été tuées dans d’âpres combats à travers la Syrie, a été marquée par l’une des attaques les plus audacieuses contre un symbole du régime, une chaîne privée dont les locaux ont été visés à l’aube à Droucha, à 20 km au sud de la capitale.

La chaîne Ikhbariya a repris ses émissions peu après l’attaque, lors de laquelle trois journalistes et quatre agents de sécurité ont été tués. L’un de ses bâtiments a cependant été presque totalement détruit.

Après les combats de mardi, sans précédent par leur intensité dans la banlieue de Damas, les violences se sont atténuées mercredi dans la région de la capitale. Les forces des insurgés deviennent toutefois plus puissantes et plus ambitieuses dans leurs objectifs.

C’est face à cette situation que Kofi Annan a convoqué à Genève, pour samedi, les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Russie, Chine, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France - ainsi que de la Turquie, de l’Irak, du Koweït, du Qatar et de l’Union européenne.

Cette réunion devra permettre “une mise en oeuvre effective du plan Annan, qui passe par une action ferme du Conseil de sécurité, possiblement via une résolution du chapitre VII des Nations unies”, a déclaré mercredi à Paris le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Ce chapitre VII prévoit des mesures coercitives et le recours à la force en cas de menace contre la paix.

MISE EN GARDE D’ERDOGAN

Concernant le gouvernement d’union nationale préconisé par Kofi Annan, “il pourrait comprendre des membres actuels du gouvernement, des représentants de l’opposition et d’autres personnes, mais il devra exclure ceux dont la présence nuirait à la crédibilité de la transition ou aux perspectives de réconciliation et de stabilité”, a dit un diplomate à l’Onu.

L’idée d’exclure certaines personnalités est une allusion limpide au président Bachar al Assad, a ajouté ce diplomate, même si la proposition d’Annan ne stipule pas expressément que le chef de l’Etat ne pourra pas siéger au sein d’un cabinet d’union nationale.

“Les Russes ont laissé entendre à Annan qu’ils acceptaient son plan de transition”, a dit le diplomate. La mission russe à l’Onu, elle, n’a pas réagi pour l’heure. Kofi Annan avait fait de l’acceptation des grandes lignes d’une transition politique la condition pour organiser la réunion de Genève.

De l’avis de plusieurs diplomates, l’acceptation par la Russie de l’idée d’Annan semble augurer d’une évolution de la position de Moscou sur la Syrie, sans que l’on puisse encore dire si cela sous-entend que les Russes “lâchent” Assad.

L’annonce de la convocation de la réunion par Kofi Annan survient quelques heures après la publication d’un rapport des observateurs de l’Onu qui fait état d’exactions “d’une ampleur alarmante” en Syrie où plus de 10.000 civils ont été tués depuis mi-mars 2011, selon l’Onu.

Dans son dernier rapport en date, l’équipe d’observateurs écrit que les forces gouvernementales ont commis au cours des trois derniers mois dans l’ensemble du pays des violations des droits de l’homme, y compris des exécutions.

Après la destruction vendredi dernier d’un avion de combat turc par l’armée syrienne, le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a une nouvelle fois adressé une mise en garde à Damas. “Nous ne nous retiendrons pas d’infliger une leçon à quiconque tente de tester la grandeur de la Turquie”, a-t-il averti.

Pierre Serisier, Marine Pennetier et Eric Faye pour le service français

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