June 27, 2012 / 5:19 AM / 6 years ago

Bachar al Assad estime que la Syrie est en état de guerre

par Oliver Holmes

Le président Bachar al Assad a estimé mardi soir que la Syrie était en état de guerre et a ordonné à son nouveau gouvernement de tout faire pour parvenir à la victoire. Ce même jour, 115 personnes ont été tuées à travers le pays. /Photo prise le 26 juin 2012/REUTERS/SANA

BEYROUTH (Reuters) - La Syrie est en état de guerre, a estimé mardi soir le président Bachar al Assad, qui a ordonné à son nouveau gouvernement de faire tout pour parvenir à la victoire, le jour même où des combats intenses étaient signalés dans les faubourgs de Damas.

Cent quinze personnes ont été tuées dans les violences à travers le pays mardi, ce qui en fait l’une des journées les plus meurtrières du conflit, a déclaré l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Sur ce total figurent 74 civils, dont 28 tués à Koudsiya, un faubourg de Damas.

D’âpres combats ont eu lieu près du siège de la Garde républicaine à Koudsiya et dans d’autres banlieues de Damas - Al Hama et Machrou Doumar - à 9 km seulement du centre de la capitale. Sur des vidéos diffusées par l’opposition, on voit des explosions et l’on entend des tirs nourris dans la banlieue damascène. Des “groupes terroristes armés” ont coupé l’ancienne route reliant Damas à Beyrouth, a affirmé l’agence de presse officielle syrienne Sana.

Sana ajoute que des dizaines de rebelles ont été tués ou blessés, et que d’autres ont été arrêtés lors des combats sur l’ancienne route de Beyrouth. L’armée a saisi des armes et des munitions des insurgés, écrit l’agence officielle.

Dans une autre vidéo diffusée mardi par la rébellion, on voit des chars calcinés et un hélicoptère en flammes que les insurgés disent avoir détruit après son atterrissage dans la province d’Idlib, dans le nord du pays.

L’affirmation selon laquelle la Syrie est en “état de guerre” marque un tournant dans la rhétorique du président Assad, qui, pendant longtemps, a nié qu’un soulèvement était en cours contre lui, estimant alors que les troubles étaient l’oeuvre d’activistes isolés stipendiés par l’étranger.

“Nous vivons dans un état de guerre, à tout point de vue”, a dit Assad devant le gouvernement qu’il a nommé mardi. “Quand l’on est en guerre, toutes les mesures et tous les secteurs doivent être viser à l’emporter”, a-t-il ajouté.

Dans ce discours décousu, au cours duquel le chef de l’Etat a donné son avis sur des sujets aussi divers que les allocations et les énergies renouvelables, pratiquement aucune place n’a été laissée au compromis. Assad a stigmatisé l’Occident, qui “prend et ne donne jamais, et cela a été avéré à tous les niveaux”.

LAVROV A UNE RÉUNION SAMEDI À GENÈVE

Intervenant mardi devant le Conseil de sécurité, le Français Hervé Ladsous, responsable des opérations de maintien de la paix de l’Onu, a déclaré que les dangers croissants en Syrie empêchaient actuellement les 300 “bérets bleus” de la Misnus d’effectuer l’intégralité de leur mission.

“La poursuite des violences continue d’empêcher la Misnus d’effectuer ses missions de surveillance et de soutien à la mise en oeuvre du plan de paix en six points”, a-t-il dit en ajoutant que les observateurs continuaient toujours à effectuer des tâches limitées de surveillance. Le 16 juin, le chef de la Misnus, le général Robert Mood, avait annoncé la suspension des opérations compte tenu de la détérioration de la situation.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a quant à lui une nouvelle fois tenté de gagner la vieille ville de Homs pour évacuer les populations civiles. Mais la situation précaire complique sa tâche.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, participera à une réunion du “groupe de contact” que le médiateur international Kofi Annan s’efforce d’organiser à Genève pour ce week-end, a déclaré mardi le représentant permanent de la Russie aux Nations unies, Vitali Tchourkine.

“Sergueï Lavrov a officiellement accepté l’invitation à se rendre à la réunion samedi 30 juin à Genève”, a-t-il dit à la presse avant une réunion à huis clos du Conseil de sécurité sur la Syrie. “Nous attachons une grande importance à cette réunion”, a-t-il dit.

Le Palestinien Nasser al Kidoua, adjoint de Kofi Annan, a discuté par visioconférence avec les 15 membres du Conseil de sécurité des tentatives de Kofi Annan pour éviter que son plan en six points ne soit définitivement considéré comme caduc.

Ce plan appelle les autorités syriennes à s’engager à cesser les combats et à assurer l’acheminement de l’aide humanitaire en temps voulu dans toutes les zones touchées par les combats.

Eric Faye pour le service français

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