June 24, 2012 / 2:37 PM / 6 years ago

L'islamiste Mohamed Morsi élu président de l'Egypte

par Yasmine Saleh et Shaimaa Fayed

Les partisans de Mohamed Morsi brandissent au Caire le portrait du candidat des Frères musulmans. Le rival de l'ancien général Ahmed Chafik a été élu président de l'Egypte avec 51,7% des suffrages au second tour de l'élection présidentielle de dimanche dernier. /Photo prise le 24 juin 2012/REUTERS/Ahmed Jadallah

LE CAIRE (Reuters) - L’islamiste Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, a été déclaré président de l’Egypte avec 51,7% des suffrages au second tour de l’élection présidentielle de dimanche dernier devant l’ancien général Ahmed Chafik, a annoncé dimanche la Commission électorale.

Le premier président de l’Egypte démocratiquement élu succède à Hosni Moubarak, renversé il y a 16 mois après un soulèvement populaire inspiré du “Printemps arabe” en Tunisie.

Aussitôt le résultat connu, plusieurs milliers de partisans des Frères musulmans ont laissé éclater leur joie sur la place Tahrir du Caire, épicentre de la “Révolution du Nil”, agitant le drapeau national aux cris de “Dieu est le plus grand !”

“N’ayez pas peur ! Les militaires doivent partir !” scandait la foule.

Mohamed Morsi, un ingénieur de 60 ans qui a connu la prison sous Moubarak, a réagi par la voix d’un porte-parole. “Cela témoigne de la résolution du peuple égyptien à faire entendre sa voix”.

“Le monde regarde cette nation comme un peuple capable de choisir librement son président”, a renchéri Ahmed Abdelatti, membre de la confrérie s’exprimant lors d’une conférence de presse au siège de l’organisation.

Ahmed Chafik, un ancien commandant de l’armée de l’air âgé de 70 ans et dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, n’a pas réagi dans l’immédiat. Il a dit par le passé qu’il proposerait ses services à un gouvernement dirigé par Mohamed Morsi.

Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui assure la transition du pouvoir depuis la chute de Moubarak, a adressé ses félicitations au vainqueur de l’élection, rapporte la télévision égyptienne.

Le nouveau président s’apprête à gouverner avec des pouvoirs récemment réduits par le CSFA. Il devra donc travailler en étroite collaboration avec l’armée sur la nouvelle Constitution dont le pays doit se doter.

GOUVERNEMENT ÉLARGI

Sa victoire lors de la première élection présidentielle libre dans le pays rompt avec une tradition de domination de l’armée qui a fourni à l’Egypte tous ses présidents depuis le renversement de la monarchie il y a 60 ans et porte au pouvoir un groupe qui milite avec persévérance depuis 84 ans.

Mohamed Morsi s’est engagé à honorer les traités internationaux conclus par l’Egypte et notamment l’accord de paix signé avec Israël en 1979. L’aide américaine en dépend en grande partie.

Dès l’annonce de la victoire, les Frères musulmans ont fait savoir qu’ils continueraient à manifester contre la dissolution du parlement et contre les mesures réduisant les pouvoirs du chef de l’Etat.

“Les manifestations pacifiques vont se poursuivre à travers l’Egypte. Le combat pour une nouvelle Egypte ne fait que commencer”, a déclaré Gihad Haddad, membre de la confrérie.

“Nous allons continuer à exercer une pression pour le changement sur tous les fronts: par le programme (électoral) ‘Renaissance’, par des manifestations et en unissant rapidement les Egyptiens pour former un nouveau gouvernement qui se mette au travail”, a dit Hassan Malek, également membre de l’organisation islamiste.

Le “défi” du nouveau président, estime Elidjah Zarouan, du European Council on Foreign Relations, sera de “mener un peuple très divisé, inquiet et en colère” vers la démocratie et sans donner le prétexte à une poursuite de la mainmise des militaires.

Mohamed Morsi avait remporté le premier tour de la présidentielle en mai, avec un peu moins d’un quart des suffrages. Il avait proclamé sa victoire au second tour quelques heures après la fermeture des bureaux de vote dimanche dernier.

Il a promis de constituer un gouvernement élargi aux non islamistes, et notamment à la minorité chrétienne.

Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below