June 20, 2012 / 8:05 PM / 6 years ago

Le sommet Rio+20 s'ouvre sur une nuée de critiques

RIO DE JANEIRO (Reuters) - La présidente brésilienne Dilma Rousseff a accueilli mercredi sous un ciel pluvieux la centaine de chefs d’Etat et de gouvernement venus participer au sommet de Rio+20, alors que le projet de déclaration finale suscite déjà des critiques pour son manque d’ambition.

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a accueilli mercredi sous un ciel pluvieux la centaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont François Hollande, venus participer au sommet de Rio+20, alors que le projet de déclaration finale suscite déjà des critiques pour son manque d'ambition. /Photo prise le 20 juin 2012/REUTERS/Ricardo Moraes

Pressés par le Brésil d’aboutir à un projet de texte final avant l’arrivée des chefs d’Etat mercredi à Rio, les négociateurs de 193 pays ont fini par s’entendre mardi, après des mois de discussions, sur un texte que nombre d’observateurs et de participants jugent creux et décevant.

Rio+20 était pourtant censé définir des “objectifs de développement durable” clairs pour guider l’action publique à travers le monde, alors que le Protocole de Kyoto arrive cette année à échéance.

Il survient vingt ans après le Sommet de la Terre de Rio qui avait donné le “la” en imposant l’environnement sur l’agenda politique mondial, et en aboutissant à des décisions historiques sur la réduction des gaz à effet de serre.

Une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement se sont donné rendez-vous à Rio mais l’absence de certains dirigeants, comme Barack Obama, Vladimir Poutine ou Angela Merkel, pèsera sur Rio+20.

Jugé trop flou et peu ambitieux, le projet de déclaration ne mentionne ni calendrier ni objectif chiffré et appelle les pays à poursuivre leurs “objectifs de développement durable”, une série d’objectifs vagues sur l’environnement, la croissance économique et l’insertion sociale.

“Le fait que personne dans cette pièce où est adoptée le texte ne soit content est révélateur. Cela prouve à quel point il est creux”, avait commenté sur Twitter la commissaire européenne pour le climat, Connie Hedegaard, avant l’ouverture du sommet.

Le texte comprend “trop de ‘prend note’ et ‘réaffirme’ et trop peu de ‘décide’ et ‘s’engage’”, a-t-elle ajouté.

Un sentiment que l’on retrouve dans les propos du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, qui a déclaré à l’ouverture: “Laissez-moi m’exprimer en toute franchise : nos efforts n’ont pas été à la mesure des défis qui nous attendent. La nature n’attend pas. Elle ne négocie pas avec les humains”.

Même certains dirigeants, dont les négociateurs sont pourtant tombés d’accord sur le projet, le trouvent vidé de ses points clés. “Je suis déçu que ne soyons pas allés plus loin”, a déclaré Nick Clegg, le vice-Premier ministre britannique, dans un communiqué préparé à l’avance.

CE QUI EST POSSIBLE

Des diplomates ont estimé qu’en poussant les négociateurs à aboutir à un projet de texte, le Brésil avait certes obtenu un accord mais sans doute aussi fermé la porte prématurément à une initiative audacieuse des chefs d’Etat et de gouvernement.

Les organisateurs brésiliens ont rejeté ces critiques en affirmant que le projet d’accord était le reflet de “ce qu’il est possible de faire” avec des délégations et des intérêts aussi variés.

Le ministre brésilien des Affaires étrangères Antonio Patriota a déclaré: “Si vous mettez 193 personnes ensemble, vous aurez aussi des difficultés pour faire en sorte qu’elles trouvent un terrain d’entente”.

Allant dans ce sens, quelques écologistes ont souligné que les initiatives locales et nationales des gouvernements et du secteur privé avaient sans doute plus de chances d’avoir un effet positif sur l’environnement que le lent processus diplomatique international.

A leur décharge, les organisateurs ont également rappelé que contrairement au Sommet de 1992, fruit de plusieurs années de négociations, Rio+20 est le début d’un nouveau processus de fixation d’objectifs.

Les différents intervenants ont cherché mercredi à orienter les débats sur les questions les plus sensibles pour leurs pays respectifs. Si beaucoup ont parlé de leurs besoins en sources d’énergies renouvelables, en nourriture et en eau, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est distingué en appelant les pays riches à laisser de côté leurs envies “matérialistes”, et à se tourner plutôt vers la voie du développement “spirituel”.

“L’effondrement de l’ordre athée actuel est en train d’arriver”, a-t-il déclaré, citant les guerres, les bouleversements au Moyen-Orient, et les catastrophes qui ont façonné le monde.

Au sud de Rio où s’étendent de gigantesques salles de conférence semblables à des entrepôts, des manifestants ont fait entendre leur mécontentement mercredi.

Organisations de la société civile, militants écologistes, associations et partis politiques ont défilé sous une bruine persistante pour appeler les chefs d’Etat à des engagements plus courageux.

Paulo Prada et Valerie Volcovici; Bertrand Boucey, Julien Dury et Hélène Duvigneau pour le service français

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