June 17, 2012 / 7:13 AM / 6 years ago

La Grèce à la croisée des chemins, des résultats attendus serrés

par Greg Roumeliotis et Renee Maltezou

Dans un bureau de vote d'Athènes. Les Grecs sont de retour aux urnes ce dimanche pour de nouvelles élections législatives qui pourraient décider de l'avenir du pays dans la zone euro, suscitant l'angoisse des Européens et des marchés financiers. /Photo prise le 17 juin 2012/REUTERS/Yorgos Karahalis

ATHENES (Reuters) - Six semaines après des élections législatives indécises, les Grecs ont de nouveau voté dimanche pour un scrutin qui pourrait décider de l’avenir du pays dans la zone euro et qui suscite l’inquiétude des Européens et des marchés financiers.

Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 07h00 locales (04h00 GMT), fermeront à 19h00 (16h00 GMT) et les sondages réalisés à la sorties des urnes sont attendus peu après.

Le duel s’annonce très serré entre les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND), qui défendent les mesures d’austérité liées aux plans de sauvetage financier, et la Coalition de la gauche radicale (Syriza), pour laquelle ce Mémorandum ne fait qu’aggraver la situation.

Ce scrutin apparaît donc, au moins pour une partie de la population, comme un référendum sur les conditions imposées à Athènes par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) et qui se sont traduites par un accroissement de la pression fiscale, une hausse du chômage et une réduction parfois drastique des salaires.

Alors que les autorités politiques et monétaires du monde entier se préparent à se protéger d’une possible tempête sur les places financières, les banques centrales des principales puissances économiques mondiales se tiennent prêtes à stabiliser les marchés et à prévenir tout assèchement du crédit.

TSIPRAS CONTRE SAMARAS

Ennemi de l’austérité, le dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras, 37 ans, menace de revenir sur ce plan de financement international - baptisé par lui “mémorandum de banqueroute” - tout en affirmant que la Grèce restera dans la zone euro.

“Nous sommes optimistes. L’avenir appartient aux porteurs d’espoir. Nous allons gagner”, a t-il déclaré dimanche, au moment de voter, devant une mêlée de journalistes.

Alexis Tsipras a promis de nationaliser les banques, de suspendre les privatisations et de geler les mesures d’austérité. Il s’engage à lutter contre la corruption et à taxer les riches.

A droite, le dirigeant de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, 61 ans, estime que les Grecs vont devoir choisir entre le maintien dans la zone euro et “le cauchemar” d’un retour à la drachme.

Le chef de file des conservateurs a voté dans la matinée dans sa ville de Pylos, dans le Péloponnèse, suscitant bien moins d’attention médiatique qu’Alexis Tsipras. Il a affirmé que les résultats permettraient à la Grèce de prendre “un nouveau départ”.

Antonis Samaras a également affirmé que son pays ne pouvait pas se permettre un troisième scrutin parlementaire et devait former un gouvernement après les élections de dimanche, les deuxièmes après celles du 6 mai qui ont abouti à un Parlement sans majorité.

“VOTE DE L’ESPOIR, PAS DE LA COLÈRE”

Les rues d’Athènes étaient calmes, dimanche, bien que deux inconnus aient lancé une grenade - qui n ‘a pas explosé - devant le bâtiment abritant la chaîne de télévision grecque Skai. Beaucoup d’Athéniens ont déserté la capitale pour voter dans leurs localités d’origine, en province.

Certains électeurs ont exprimé leur malaise, partagés entre leur répulsion pour ND et les socialistes du Pasok, qui soutiennent le plan de sauvetage, et leur crainte d’entraîner une sortie de la Grèce de la zone euro, en votant pour les opposants aux mesures d’austérité.

“J’aurais voulu ne pas avoir à voter, mais il le fallait”, a déclaré Kelly Nerantzaki, une vendeuse de 50 ans qui a voté pour l’un des deux partis soutenant le plan de sauvetage.

“Malheureusement, la seule option réaliste est de voter pour ceux qui ont provoqué les problèmes du pays. Je ne crois pas que Syriza ou les petits partis aient une chance; les Européens ne les accepteront pas.”

Les précédentes élections législatives du 6 mai n’ont pas permis de dégager de majorité susceptible de soutenir un gouvernement, ce qui a rendu nécessaire ce nouveau scrutin.

Une victoire de Syriza risque de plonger les marchés financiers dans le chaos alors que les dirigeants du G20 se réunissent à partir de lundi au Mexique pour un sommet largement dominé par la crise en Europe.

“Le vote de demain ne doit pas être celui de la colère mais celui de l’espoir”, écrit samedi le quotidien libéral de gauche “Ta Nea”. “Ce doit être le vote de la Grèce de l’euro, pas de la Grèce de la drachme.”

Plusieurs responsables politiques ont fait un rapprochement avec la victoire surprise de la Grèce à l’Euro 2012 de football, qui s’est qualifiée samedi soir pour les quarts de finales en battant la Russie.

“Hier, notre équipe nationale (...) a prouvé que pour rester dans l’euro, c’est de confiance, d’unité et de volonté de nous battre dont nous avons besoin, pas de peur et de défaitisme”, a dit Panos Kammenos, chef de file des Grecs indépendants, une scission de ND qui s’oppose au plan de sauvetage.

Avec Karolina Tagaris et Matt Robinson à Athènes, Michael Shields à Vienne et Myria Mildenberg à Darmstadt; Jean-Loup Fiévet, Guy Kerivel et Julien Dury pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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