26 avril 2012 / 09:55 / dans 6 ans

Nicolas Sarkozy contre un étalement de la réduction des déficits

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi son opposition à un étalement du calendrier de retour à l’équilibre budgétaire dans les pays de l‘Union européenne et en France en particulier.

<p>Nicolas Sarkozy a confirm&eacute; jeudi sur France Inter son opposition &agrave; un &eacute;talement du calendrier de retour &agrave; l'&eacute;quilibre budg&eacute;taire dans les pays de l'Union europ&eacute;enne et en France en particulier. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer</p>

Le président français n‘a pas confirmé des rumeurs rapportées par la presse selon lesquelles des gouvernements européens discuteraient d‘un tel étalement pour éviter d’étouffer la croissance ou d‘aggraver la récession.

Mais à 10 jours du second tour de l’élection présidentielle, le chef de l‘Etat, candidat à un second mandat, a dit s‘en tenir pour sa part au calendrier fixé par son gouvernement.

“En ce qui me concerne, j‘ai pris un engagement”, a-t-il dit sur France Inter. “J‘ai prévu en 2013 moins de 3% de déficit (par rapport au PIB) et en 2016, 0% de déficit.”

Prié de préciser si cela voulait dire qu‘il n’était pas favorable à une modification du calendrier de retour aux équilibres budgétaires au niveau européen, il a répondu: “Non, pour une raison simple, c‘est que La France doit diminuer ses dépenses, réduire son déficit, rembourser sa dette pour être maîtresse de son destin.”

Il a estimé qu‘il n‘y avait aucune contradiction entre sa position et celle exprimée par le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, selon qui la zone euro a besoin d‘un “pacte de croissance”.

Il a même admis que son adversaire socialiste, François Hollande, avait raison de prôner la relance de la croissance, parallèlement à la réduction des déficits et de la dette.

“Ce n‘est pas parce qu‘il est mon adversaire que tout ce qu‘il dit doit être faux”, a déclaré Nicolas Sarkozy, qui souhaite comme François Hollande que la BCE joue un rôle accru dans le soutien à la croissance économique en Europe.

UN DÉBAT EUROPÉEN

L’éventualité de compléter le “pacte budgétaire” signé en mars dernier par 25 des 27 Etats de l‘UE par un volet de soutien à la croissance alimente le débat politique en Europe depuis plusieurs semaines.

De nombreuses voix soulignent le risque de voir l‘austérité précipiter dans la récession de pays fragilisés par la crise financière et économique de ces dernières années et le débat s‘est invité dans la campagne présidentielle française.

François Hollande, favori des sondages, a dit souhaiter renégocier le pacte budgétaire pour ajouter un volet croissance. Nicolas Sarkozy, qui a été avec la chancelière allemande Angela Merkel un des artisans de sa conclusion, a reproché à son rival de vouloir remettre en cause la signature de la France.

“Revenir en arrière, ça voudrait dire que nous ne devons plus être préoccupés par la réduction des déficits de l‘endettement et de nos dépenses publiques”, a-t-il déclaré sur France Inter.

Il a estimé que, “de ce point de vue”, les déclarations de Mario Draghi ne comportaient “aucun changement”: “Les autorités européennes souhaitent toujours la règle d‘or, le pacte budgétaire, rembourser les dettes. Ce n‘est pas rembourser les dettes ou la croissance, c‘est les deux.”

“S‘agissant de la croissance, avez-vous entendu quelqu‘un de normal, de censé, dire qu‘il ne veut pas de croissance?” a-t-il poursuivi. “Personne. La question, c‘est comment on l‘obtient.”

Il a ainsi rejeté l‘idée que la création de 60.000 postes dans l‘Education nationale, proposée par François Hollande, soit de nature à créer de la croissance.

“Moi, ça m‘est égal, ce que dit le banquier central”, a-t-il ajouté avant de se reprendre : “Mario Draghi considère que ce n‘est pas par l‘augmentation des dépenses publiques qu‘il convient de retrouver la croissance mais par la compétitivité, par l‘innovation, par l‘investissement.”

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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