March 22, 2012 / 11:09 AM / in 7 years

Mohamed Merah a été tué dans l'assaut policier

par Jean Décotte et John Irish

Claude Guéant a annoncé jeudi que Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Montauban et Toulouse, était mort lors d'un assaut donné par les policiers à l'immeuble où il se retranchait. /Photo prise le 22 mars 2012/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

TOULOUSE (Reuters) - Mohamed Merah, suspect des sept meurtres commis à Montauban et Toulouse, a été tué jeudi lors d’un assaut donné par la police au logement où il était assiégé depuis plus de 30 heures, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.

Le président Nicolas Sarkozy a félicité les forces de l’ordre et aussitôt annoncé une réunion avec François Fillon et ses principaux ministres à L’Elysée, suivie d’une allocution radiotélévisée.

Le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, a exprimé son soulagement. “La République est toujours la plus forte, c’est la leçon que nous devons tirer des moments que nous venons de vivre”, a-t-il dit à son QG de campagne.

Mohamed Merah, français d’origine algérienne de 23 ans, a succombé après un échange nourri de tirs avec les policiers de l’unité d’élite du Raid. Il a ouvert le feu quand les policiers, examinant le logement pièce par pièce avec de petites caméras vidéo, l’ont surpris dans la salle de bains. Il ne donnait plus signe de vie depuis le milieu de la nuit.

“C’est au moment où un moyen d’investigation a été introduit dans la salle de bains que ce tueur est sorti en tirant avec une extrême violence. Les rafales ont été fréquentes, très dures”, a dit le ministre à la presse.

“A la fin, Mohamed Merah a sauté par la fenêtre en continuant à tirer. Il a été retrouvé mort au sol”, a-t-il ajouté. Il a succombé en fait aux tirs, a précisé ensuite une source proche de l’enquête.

Un policier du Raid a été blessé au pied, un autre a été “choqué”, a dit Claude Guéant. Deux autres policiers avaient été blessés lors de la première tentative d’arrestation de Mohamed Merah.

UN SIÈGE MINUTIEUX

Le ministre a souligné “l’extrême dangerosité” de l’homme, islamiste radical qui a un passé de voyageur “djihadiste” en Afghanistan. Après des promesses initiales de reddition, il avait durant la nuit déclaré aux policiers, selon le ministre, qu’il ne se rendrait pas et tirerait en cas d’assaut.

“Un fonctionnaire qui a pourtant l’habitude nous a dit qu’il n’avait jamais vu un assaut de cette violence”, a dit Claude Guéant. Avant cet assaut, plusieurs membres du gouvernement avaient fait part de l’intention des autorités de prendre le suspect vivant afin de faire progresser l’enquête.

Dans un siège minutieux, la police avait fait exploser dans la nuit la porte d’entrée de l’appartement, des fenêtres et ouvert une brèche dans un mur, puis fait retentir des explosifs à intervalles réguliers, “manoeuvres d’intimidation” ou visant à épuiser le suspect selon les policiers.

L’homme a d’abord beaucoup parlé aux policiers lors des négociations qui se sont nouées, revendiquant les trois tueries et affichant sa fierté d’avoir mis le pays “à genoux”, avant de se terrer. Il a affirmé qu’il avait planifié pour mercredi le meurtre de deux fonctionnaires de police et d’un militaire, citant pêle-mêle sa volonté de venger la mort de Palestiniens dans le conflit avec Israël et de punir la France pour avoir envoyé des troupes en Afghanistan.

QUESTIONS SUR LE RENSEIGNEMENT

L’homme, qui a revendiqué le meurtre d’un rabbin et de trois enfants dans une école juive de Toulouse lundi dernier et ceux de trois militaires la semaine précédente, a été identifié par une enquête menée grâce à des écoutes, à la traque de ses activités sur internet et à sa tentative de maquiller son scooter volé entre deux tueries.

Les forces de l’ordre ont découvert sur ses indications deux voitures emplies d’armes - des pistolets mitrailleurs et des automatiques - a indiqué le ministre de l’Intérieur.

Ex-jeune délinquant multirécidiviste, Mohamed Merah a assuré aux policiers avoir accepté une mission d’Al Qaïda pendant son séjour au Pakistan en 2011, refusant toutefois de commettre un attentat suicide, selon ses dires.

L’enquête va se poursuivre pour savoir s’il a agi ou non seul. Sa mère, l’un de ses frères, qui évoluait également dans la mouvance salafiste, et sa compagne ont été placés en garde à vue mercredi, a dit le procureur de Paris, François Molins.

La police scientifique s’est rendue aussitôt dans le logement de Toulouse et d’autres investigations sont en cours, avec les 200 enquêteurs dépêchés à Toulouse, a précisé le magistrat jeudi.

L’affaire pourrait avoir des implications politiques, un premier sondage en vue de l’élection présidentielle semblant indiquer une légère progression de Nicolas Sarkozy, toujours donné battu cependant au second tour.

Des questions se posent enfin sur la manière dont cet homme connu des services de police pour son militantisme salafiste et ses voyages dans la zone pakistano-afghane a pu amasser un tel arsenal et passer entre les mailles de la police.

Les services de renseignement français ont été mis en cause jeudi par des dirigeants politiques.

Edité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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