March 13, 2012 / 11:10 AM / 7 years ago

La candidature d'Eva Joly encore fragilisée

PARIS (Reuters) - La candidature de l’écologiste Eva Joly à la présidentielle française a été encore fragilisée mardi par la déclaration d’un ténor du mouvement la remettant en cause, des rumeurs démenties de retrait et la remontée dans les sondages de Nicolas Sarkozy.

La remontée de Nicolas Sarkozy dans les sondages d'opinion sème le trouble dans le mouvement écologiste, dont les ténors s'interrogent sur la pertinence du maintien de la candidature d'Eva Joly, susceptible d'affaiblir François Hollande. /Photo prise le 13 février 2012/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

L’ancienne juge d’instruction de 67 ans, créditée d’environ 3% des intentions de vote dans les sondages, a cependant réaffirmé dans un communiqué n’avoir aucune intention de renoncer pour rendre service au Parti socialiste.

“Notre détermination est totale, d’autant qu’Eva Joly bénéficie du soutien des adhérents d’Europe Ecologie Les Verts et de sa direction. Le 22 avril, il y aura un bulletin ‘Eva Joly’ pour faire le choix d’un candidat utile et d’un vrai changement de politique”, écrivent ses porte-parole.

Elle était en campagne mardi en Alsace où elle doit tenir un meeting à Strasbourg mercredi en compagnie de son porte-parole, José Bové, d’Antoine Waechter, ancienne figure de proue du mouvement, et de Daniel Cohn-Bendit, qui a remis en cause la pertinence d’une candidature écologiste à la présidentielle.

L’entourage d’Eva Joly dément qu’ait été envisagé, comme l’affirmait France Inter dans la matinée, un retrait à condition que Corinne Lepage, écologiste “dissidente” qui fut ministre de l’Environnement du gouvernement de droite d’Alain Juppé (1995-1997) ne se présente pas. Cette dernière n’est pas certaine d’avoir ses 500 parrainages.

L’ancien candidat de 2002 et député-maire de Bègles (Gironde), Noël Mamère, une figure du mouvement, a porté un nouveau coup à la campagne d’Eva Joly en exprimant ses doutes sur l’intérêt de son maintien dans la course.

“C’est à notre parti de décider, de savoir quel est vraiment l’intérêt que nous avons d’être présents à l’élection présidentielle”, a déclaré le co-président du Conseil stratégique de la candidate au micro de Vivre FM.

En se maintenant dans la course à la présidentielle, Eva Joly pourrait contribuer à “affaiblir le candidat du PS dont on veut qu’il soit demain le candidat de la gauche et des écologistes”, a-t-il ajouté.

“UN CÔTÉ QUI ÉNERVE”

Le problème vient aussi du premier sondage prédisant une première place à Nicolas Sarkozy le soir du 22 avril face au socialiste François Hollande.

Europe écologie-Les Verts a fait en effet le voeu clair d’une victoire finale du candidat PS, en passant un accord avec ce parti qui, en lui réservant des circonscriptions, lui ouvre la possibilité de constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée pour la première fois de son histoire.

Yannick Jadot, membre de l’équipe Joly, rejette l’idée qu’Eva Joly devienne gênante pour le candidat PS, toujours donné largement gagnant au second tour par toutes les enquêtes.

“François Hollande n’est pas en danger. La question, c’est de savoir ce qu’on fait pendant les cinq prochaines années et il faut que notre électorat comprenne que le vote Eva Joly est important”, a-t-il dit.

Les flottements se multiplient cependant dans le parti, où la candidate est loin de faire l’unanimité. La semaine dernière, Daniel Cohn-Bendit avait regretté de ne pas s’être présenté à la primaire socialiste, où il est persuadé qu’il aurait pu remporter entre 20 et 30% des suffrages.

Pour l’ancien leader de la révolte étudiante de Mai-68, Eva Joly aurait pu être un atout pour les Verts si elle ne s’était pas “radicalisée dans un discours abstrait”.

“Elle a un côté qui énerve, quand elle fait juge d’instruction, d’asséner des vérités”, avait-il dit.

Nouvelle venue en politique, Eva Joly a multiplié les écarts après sa victoire-surprise sur Nicolas Hulot dans la “primaire” de son parti, l’été dernier.

Il y a eu l’appel au centriste François Bayrou pour un accord de désistement début janvier, suivi de la proposition d’instaurer un jour férié pour les juifs et les musulmans. Il y a eu encore l’écart de langage concernant Corinne Lepage, à propos de laquelle elle a dit à une télévision: “Je l’emmerde”.

Il lui est reproché plus généralement dans le parti écologiste de n’avoir pas assez centré sa campagne sur l’environnement, du coup absent du débat.

Thierry Lévêque et Marine Pennetier, édité par Patrick Vignal

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