January 18, 2012 / 10:38 AM / in 7 years

Nicolas Sarkozy invoque l'urgence d'une réponse à la crise

par Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

Devant les partenaires sociaux réunis mercredi matin à l'Elysée pour un sommet social sur la crise, Nicolas Sarkozy a lancé une mise en garde contre "l'attentisme", sans toutefois avancer de mesures précises à ce stade. /Photo prise le 18 janvier 2012/REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réuni mercredi matin les partenaires sociaux pour tenter de rallier des soutiens à un train de mesures susceptibles d’enrayer la montée du chômage et de donner un peu d’oxygène à des entreprises françaises en mal de compétitivité.

Le chef de l’Etat a lancé, en ouvrant ce “sommet sur la crise”, une mise en garde contre la tentation de “l’attentisme” à l’approche de l’élection présidentielle.

Mais il a pris garde de ne pas proposer tout de suite de solutions précises, même si le gouvernement n’a pas caché ses intentions, notamment en matière de financement de la protection sociale pour alléger les cotisations des entreprises.

A la traîne dans les sondages et fragilisé par la décision de l’agence Standard & Poor’s de retirer à la France sa note souveraine “triple A” à trois mois de l’élection présidentielle, le chef de l’Etat, paraît jouer son va-tout.

Il a cependant opposé la nécessité d’une réponse urgente à la crise aux critiques de ceux qui l’accusent de vouloir tirer un profit politique de ce sommet.

“L’évolution rapide de la situation nous oblige à la fois à aller plus loin et plus vite. On ne peut pas attendre les échéances politiques pour décider”, a-t-il déclaré, selon le texte de son intervention diffusé par l’Elysée.

“Se réfugier dans l’attentisme, ce serait donner raison à tous ceux qui jouent sur l’impuissance du politique et du syndicalisme pour prospérer”, a-t-il ajouté. “Est-ce que la vie économique, est-ce que les licenciements s’arrêtent parce qu’il y a des élections ?”

SYNDICATS DUBITATIFS

La rencontre, organisée à la place du traditionnel conseil des ministres hebdomadaire, a débuté à 09h00 et devait durer au moins trois heures.

Y participent les centrales syndicales CGT, FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC et les organisations patronales Medef, CGPME et UPA, ainsi que les ministres concernés.

Les principaux syndicats ont d’ores et déjà fait connaître leur hostilité à l’une des pistes étudiées par le gouvernement: le transfert d’une partie des cotisations sociales patronales sur des mesures fiscales “anti-délocalisation”, qui devrait prendre la forme d’une hausse de TVA.

Ils contestent également l’idée d’accords compétitivité-emploi qui permettraient à une entreprise en difficulté de négocier une nouvelle durée du travail, une baisse des salaires ou un panachage des deux.

Selon le ministre du Travail, Xavier Bertrand, un accord se dessinerait en revanche sur le recours à l’activité partielle pour éviter des licenciements et sur la formation des chômeurs.

Les syndicats s’interrogent sur les desseins réels du chef de l’Etat et sur leur marge de manoeuvre lors d’un sommet dont la partition semble déjà partiellement écrite.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a ainsi jugé impossible de “chambouler les mécanismes de financement de la Sécurité sociale en quelques jours, en quelques heures”.

Pour Pierre Cahuc, professeur d’économie à l’Ecole Polytechnique, “c’est le scénario classique où (Nicolas Sarkozy) se précipite dans un arrangement de dernière minute sans prendre suffisamment de temps pour des consultations ou le suivi”.

COLLECTIF BUDGÉTAIRE EN FÉVRIER ?

Le chef de l’Etat a prévu de s’adresser fin janvier aux Français pour expliquer les décisions qui seront arrêtées.

Selon le président du groupe UMP à l’Assemblée, Christian Jacob, cela se traduira vraisemblablement par un collectif budgétaire en conseil des ministres début février et devant le Parlement fin février-début mars.

Des sources gouvernementales affirment que la hausse de TVA envisagée par le gouvernement en échange d’une réduction des cotisations sociales patronales sera en tout état de cause limitée pour éviter un impact néfaste sur la consommation, loin des demandes de baisse massive de charges du patronat.

Le quotidien économique Les Echos croit savoir que cette hausse de TVA serait limitée à deux points et ne porterait que sur le taux normal actuel de 19,6%.

Les quelque 12 milliards d’euros ainsi récoltés par l’Etat serviraient à réduire les charges patronales pour les salariés gagnant jusqu’à deux à 2,5 fois le smic, précise le journal.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, est venu à l’Elysée avec une proposition de substitution: une baisse de 10 points des cotisations sociales couplée à une augmentation des salaires de 7% et à une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 7%.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, prône pour sa part une hausse de la TVA épargnant les produits de première nécessité, compensée par une baisse des charges patronales et assortie d’une hausse de la CSG.

Avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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