November 23, 2011 / 7:49 AM / 8 years ago

Eva Joly assure ne pas se "tromper pas d'ennemi" en vue de 2012

PARIS (Reuters) - “Je ne me trompe pas d’ennemi”, assure Eva Joly, qui a toutefois refusé de dire mercredi si elle appellerait à voter pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle de 2012, si tel est le scénario.

Choquée par l’amendement confus de l’accord électoral entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) sur l’avenir de la filière nucléaire en France, la candidate écologiste, après une période de silence médiatique, ne ménage plus ses critiques contre son partenaire socialiste.

Elle accuse les socialistes d’avoir cédé au lobbying du groupe nucléaire Areva et “d’être du bois dont on fait les marionnettes”.

Ses attaques embarrassent la direction d’EELV et irritent le PS, où des voix dénoncent une stratégie qui ferait le jeu du président sortant Nicolas Sarkozy.

“Je ne me trompe pas d’ennemi. Mon objectif est de battre Nicolas Sarkozy parce que je pense que le pays ne supporterait pas un deuxième mandat de Nicolas Sarkozy qui creuse les inégalités et oppose les Français les uns aux autres”, a affirmé l’ex-magistrate sur RTL.

“Je suis très consciente que nous sommes dans le même bateau avec les socialistes”, a-t-elle souligné.

Mais pressée de questions sur sa consigne de vote au second tour de l’élection présidentielle, elle a refusé de répondre.

L’ambiguïté n’est pas du goût de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

“Passer son temps à taper sur François Hollande, alors que l’adversaire principal c’est bien sûr Nicolas Sarkozy, ce n’est pas la gauche de solidarité qui est nécessaire pour que la France se redresse”, a-t-il lancé sur France Info.

“MERCI EVA”

“Quand on se prétend de gauche et quand on prétend créer les conditions de la victoire, il ne faut pas se tromper d’adversaire, il faut aller à l’essentiel”, a-t-il souligné.

“Que Mme Joly s’occupe un peu de Nicolas Sarkozy, pas seulement sur le côté de la morale. La morale, c’est bien, mais il faut qu’elle se l’applique à elle-même”, a insisté le député-maire de Nantes.

Et d’ajouter : “Est-ce que Mme Joly est devenue une candidate indépendante qui vit sa vie toute seule, ou est-ce qu’elle est la candidate des Verts? Je pose la question à Cécile Duflot (secrétaire nationale d’EELV-NDLR), qu’elle clarifie cette situation”.

La candidate socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, s’est dite choquée par l’attitude d’Eva Joly.

“Ça me choque, parce qu’il faut éviter les anathèmes”, a dit la présidente de Poitou-Charentes sur Europe 1.

L’ancien ministre socialiste Jack Lang, plus indulgent, estime que la colère d’Eva Joly sert finalement les intérêts de François Hollande.

“Je ne comprends pas qu’on attaque ad hominem tel ou tel responsable politique, mais comme je suis positif et constructif, je vois le bon côté de cette interpellation”, a expliqué le député du Pas-de-Calais sur France 2.

“Au fond, Eva Joly démontre que François Hollande (...) a tenu bon (sur le nucléaire-NDLR). Donc j’ai envie de dire, ‘Merci Eva d’avoir ainsi fait apparaître que le candidat socialiste est un candidat qui tiendra bon le cap qu’il a choisi’”, a-t-il dit.

Sophie Louet

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