November 21, 2011 / 11:40 AM / in 7 years

Amendes pour les femmes voilées d'un polygame près de Nantes

NANTES (Reuters) - L’épouse et une compagne de Liès Hebbadj ont été condamnées lundi en leur absence à 140 euros d’amende pour avoir porté un voile intégral dans la rue en octobre dernier à Rezé (Loire-Atlantique), près de Nantes.

Les deux femmes se sont présentées au Palais de justice mais, refusant d’enlever leur voile intégral pour entrer dans ce bâtiment public, les policiers leur en ont refusé l’accès.

Elles ont été condamnées en vertu de la loi du 11 octobre 2010, qui interdit la dissimulation du visage sur l’espace public, et qui avait été adoptée après que leur compagnon eut décidé de médiatiser la contravention d’une troisième compagne verbalisée en avril pour avoir conduit voilée de son niqab.

“La France est le seul pays au monde à avoir mis une amende pour burqa au volant, le seul pays démocratique qui interdit la burqa dehors”, a dit Liès Hebbadj aux journalistes, avant de se présenter seul à l’audience en vertu d’un mandat de son épouse.

“L’islam a toujours existé, il existera toujours”, a ajouté ce commerçant de 36 ans. “La laïcité, elle, existe depuis 1905. Cela fait un peu plus d’un siècle, cela ne fait pas longtemps.”

L’homme, par ailleurs mis en examen dans deux autres affaires pour “fraude aux prestations sociales” et “viol aggravé” sur une ex-compagne, s’était fait accompagner de quatre sympathisants, qui ont déployé des banderoles autour de lui et ont scandé des cris de soutien.

“Jusque-là, on n’a rien dit et on a baissé la tête”, a dit Abou Hamza, l’un d’entre eux. “Maintenant, il faut se réveiller et se défendre. On n’appelle pas au terrorisme parce que les bombes dans un pays comme celui-là, ce serait rajouter un peu plus de calamité et d’infamie à notre encontre. Nous, on appelle à l’auto-défense, à la légitime défense”.

Le procureur de la République de Nantes a par ailleurs fait savoir le même jour qu’il avait requis le renvoi en correctionnelle de Liès Hebbadj, de son épouse, de deux de ses compagnes et d’une ex-compagne dans le cadre de l’enquête sur une présumée fraude aux prestations sociales.

Le parquet souhaite que le commerçant soit jugé pour huit délits, dont “complicité de fraude pour obtention de prestation ou allocation familiale indue par dissimulation d’une vie maritale de fait”, avec deux de ses compagnes, pour un préjudice d’un montant estimé de 90.000 euros.

Parmi ces délits, quatre infractions au droit du travail, dont “travail clandestin” auprès de treize de ses salariés, lui sont également imputées.

Si le juge d’instruction suit ces réquisitions, deux des compagnes de Liès Hebbadj pourraient être poursuivies pour la présumée “fraude” aux prestations sociales. Son épouse officielle est soupçonnée pour sa part de “fraude par fausse déclaration de présence sur le territoire national”.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

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