November 17, 2011 / 2:39 PM / 8 years ago

PS et écologistes aplanissent leur désaccord sur le nucléaire

PARIS (Reuters) - Deux jours après un accord électoral contesté, le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont tenté jeudi de mettre fin à la confusion en assurant que leurs engagements sur le sort de la filière nucléaire française convergeaient.

Des responsables écologistes, dont Jean-Vincent Placé, numéro deux d’EELV, laissaient planer la menace d’une rupture avec leurs partenaires après le retrait par la direction du PS d’un paragraphe de l’accord sur la filière Mox, un combustible issus de déchets nucléaires retraités, dont du plutonium, utilisé notamment dans le réacteur de troisième génération EPR.

Le passage litigieux avait été effacé mardi soir à la suite du bureau national du Parti socialiste, qui avait validé le texte négocié notamment par le député socialiste Michel Sapin et le sénateur Jean-Vincent Placé.

Pour le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, il était hors de question d’arrêter la filière Mox alors que le PS a rejeté la revendication des écologistes d’arrêter la construction du futur EPR de Flamanville (Manche).

EELV, par la voix de sa secrétaire nationale Cécile Duflot, avait prévenu qu’il soumettrait samedi à son conseil fédéral le texte initial, non la version expurgée - selon les écologistes - sous la pression d’Areva.

Le groupe nucléaire français a reconnu avoir alerté sur les “conséquences graves” qu’entraînerait la remise en cause de cette filière mais nie être intervenu directement auprès du PS.

Selon le communiqué commun diffusé jeudi par Michel Sapin et Jean-Vincent Placé, la phrase en question est réintroduite avec des précisions pour mettre fin aux interprétations divergentes.

“EFFROYABLE AMATEURISME”

“L’accord que nous avons négocié au nom du Parti socialiste et de Europe Ecologie-Les Verts stipule que ‘nous renforcerons les garanties de sûreté du parc nucléaire français et engagerons une reconversion à emploi constant de la filière de retraitement de la fabrication du Mox et des moyens de stockage des différents types de déchets”, précisent-ils.

Le projet PS-EELV prévoyant de porter la part du nucléaire dans la production d’électricité en France de 75% à 50% à l’horizon 2025, “il est prévu d’accompagner cette évolution progressive d’un plan de reconversion permettant de maintenir le nombre d’emplois, par la mise en oeuvre de centres d’excellence du traitement des déchets et du démantèlement”.

Les deux signataires formulent un engagement : “Au cours de la prochaine législature, les activités dans les filières concernées de retraitement et de production de combustible avec les emplois afférents seront maintenues dans les deux sites de production, La Hague et Marcoule”.

Jean-Vincent Placé estime que tout était désormais clarifié.

“Nous sommes satisfaits des termes de l’accord. Nous allons réduire progressivement la filière du combustible Mox et la filière du retraitement des déchets”, a-t-il dit en précisant n’avoir “jamais voulu arrêter immédiatement la filière” Mox.

Le négociateur socialiste pour le nucléaire, Bruno Le Roux, s’est félicité que toute “ambiguïté” ait été levée.

Mais il a insisté sur la “fermeté dont (François Hollande) a fait preuve tous ces derniers jours”, une manière de répondre à la majorité qui estime que le candidat socialiste a été léger.

Socialistes et écologistes n’ont pas pour autant mis fin au tir de barrage du gouvernement et de l’UMP, qui a critiqué tour à tour “l’effroyable amateurisme” de François Hollande et une décision “irresponsable” vouant à la disparition “400.000 emplois directs” dans le secteur nucléaire.

Le débat, qui avait pris un tour aigre jeudi matin entre les deux camps, risque cependant de laisser des traces.

La candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly, qui n’a pas participé aux négociations sur l’accord, a décidé d’un retrait médiatique provisoire en attendant des clarifications.

Jean-Vincent Placé avait pour sa part fustigé sur la même radio l’”entourage très, très productiviste, très, très pro-nucléaire” de François Hollande, “qui commence à devenir extrêmement arrogant” et qui pourrait signifier “le début de la fin” de l’alliance entre écologistes et socialistes.

Sophie Louet avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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