April 11, 2011 / 8:18 AM / in 8 years

Tokyo va élargir la zone d'exclusion autour de Fukushima

par Chisa Fujioka et Shinichi Saoshiro

Policiers à la recherche de corps à Minamisoma, dans la préfecture de Fukushima, observant une minute de silence en hommage aux victimes du séisme et du tsunami qui a frappé le nord-est du Japon il y a un mois jour pour jour. Le gouvernement japonais a annoncé lundi qu'il allait élargir au-delà de 20km la zone d'exclusion autour de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi afin d'y intégrer des villages et des villes qui présentent des niveaux de radiation élevés. /Photo prise le 11 avril 2011/REUTERS/Kim Kyung-Hoon

TOKYO (Reuters) - Le gouvernement japonais a annoncé lundi qu’il allait élargir au-delà de 20km la zone d’exclusion autour de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi afin d’y intégrer des villages et des villes qui présentent des niveaux de radiation élevés un mois jour pour jour après le séisme et le tsunami du 11 mars.

Les ingénieurs qui s’emploient à éviter une catastrophe de grande ampleur ont déclaré dimanche qu’ils n’avaient pas progressé dans leurs tentatives de remise en état de marche des systèmes de refroidissement de la centrale, une étape indispensable pour la maîtrise des six réacteurs.

Ils espèrent cesser lundi, avec plusieurs jours de retard, de reverser dans l’océan Pacifique l’eau de mer utilisée pour refroidir les réacteurs et désormais contaminée.

Le secrétaire général du gouvernement, Yukio Edano, a annoncé que les villages et les villes situées hors de la zone d’exclusion de 20km et qui présentaient une accumulation de radiations allaient être évacués.

Le gouvernement recommande aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes hospitalisées de rester éloignés de la centrale dans un rayon de 20 à 30km, a-t-il ajouté.

“Nous avons pris une nouvelle décision concernant les évacuations en nous basant sur des données d’accumulation de radiation”, a déclaré Edano lors d’une conférence de presse.

“Il n’est pas nécessaire de procéder à une évacuation dans l’immédiat”, a-t-il ajouté, tout en jugeant souhaitable que la nouveau plan d’évacuation intervienne dans un délai d’un mois.

Le gouvernement avait jusqu’à présent résisté aux appels en ce sens de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), alors que des pays comme les Etats-Unis et l’Australie ont invité leurs ressortissants à ne pas s’approcher à moins de 80 km du site.

L’ONG Greenpeace International plaide pour une zone d’évacuation de 30km, arguant que “la radiation ne se propage pas de façon circulaire”, a indiqué Jan Van de Putte, conseiller en sécurité du groupe.

PAS D’EVACUATION IMMÉDIATE

Les quelque 5.000 habitants du village de Iitate, situé à 40km de la centrale, ont d’ores et déjà reçu l’ordre de se préparer à une évacuation qui, selon la presse locale, n’interviendrait pas avant un mois.

“Il semble que le gouvernement ait informé le village hier (dimanche) de son intégration dans la zone d’évacuation”, a indiqué à Reuters un responsable du village.

“Apparemment l’évacuation ne sera pas immédiate étant donné le niveau de radiation auquel pourraient être exposés les habitants sur du long terme.”

Le Japan Times affirme que les autorités vont bientôt complètement boucler la zone d’exclusion pour empêcher les habitants de venir rechercher des éléments personnels à leur domicile.

Le gouverneur de Fukushima, Yuhei Sato, a critiqué cette politique d’évacuation. Il a rappelé que les riverains habitant à une distance comprise entre 20 et 30 km avaient initialement reçu pour consigne de rester cloîtrés chez eux avant d’être incités à partir sur une base volontaire.

“Les habitants de la zone située entre 20 et 30 km ont été complètement perdus sur ce qu’il fallait faire”, a-t-il dit dimanche à la télévision NHK.

Le président de Tokyo Electric Power (Tepco) l’exploitant de la centrale, s’est rendu sur le site lundi pour la première fois depuis le 11 mars.

“Je voudrais présente une nouvelle fois mes profondes excuses pour avoir fait subir des épreuves physiques et psychologiques aux habitants de la préfecture de Fukushima et près de la centrale nucléaire”, a déclaré Masataka Shimuzu.

Il s’est recueilli aux côtés d’autres responsables de Tepco lors de la minute de silence observée à 14h46 heure locale (05h46 GMT) un mois après le séisme.

Tepco peine à reprendre le contrôle du site de Fukushima. Elle injecte de l’azote dans les réacteurs, dont certains ont subi une fusion partielle, pour éviter une trop forte concentration d’hydrogène susceptible de provoquer des explosions qui libéreraient des particules radioactives.

Le déversement d’eau dans les réacteurs a en outre entravé les efforts visant à remettre en état de fonctionnement le système de refroidissement de la centrale, pourtant indispensable.

“Nous ne pouvons pas dire quelle sera la prochaine étape”, a admis dimanche Hidehiko Nishiyama, directeur général adjoint de l’agence japonaise de sûreté nucléaire (Nisa).

Bertrand Boucey et Marine Pennetier pour le service français

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