March 15, 2011 / 7:46 AM / 8 years ago

Hausse de la radioactivité dans un large rayon au Japon

par Taiga Uranaka et Ki Joon Kwon

Contrôle du niveau de la radioactivité à Nihonmatsu, dans le nord du Japon. Deux nouvelles explosions sont survenues mardi à la centrale atomique de Fukushima-Daiichi sur la côte nord-est du Japon, provoquant dans la région, et cela jusqu'à Tokyo, une hausse du niveau de radioactivité. /Photo prise le 14 mars 2011/REUTERS/Yuriko Nakao

FUKUSHIMA (Reuters) - Deux nouvelles explosions sont survenues mardi à la centrale atomique de Fukushima-Daiichi sur la côte nord-est du Japon, provoquant dans la région, et cela jusqu’à Tokyo, une hausse du niveau de radioactivité.

La Russie a signalé une légère hausse de la radioactivité dans ses régions extrême-orientales mardi, mais la Chine n’a pas fait état de niveaux anormaux.

Les deux nouvelles explosions signalées mardi, dans les réacteur n°2 et n°4 de Fukushima-Daiichi, s’ajoutent aux deux qui s’étaient déjà produites depuis samedi dans les réacteurs n°1 et n°3. Cette situation provoque une inquiétude d’autant plus vive au Japon, durement touché par le séisme de magnitude 9 et le tsunami dévastateur de vendredi, que, selon l’AIEA, de la radioactivité a été libérée “directement” dans l’atmosphère.

L’explosion au réacteur n°4, qui était en maintenance au moment du tsunami et n’avait pas posé de problème jusqu’à mardi, serait due à de l’hydrogène. Elle a provoqué un incendie dans un bassin de rétention de combustible usagé, qui a été éteint par la suite, indique l’exploitant de la centrale, Tepco.

Une zone d’exclusion aérienne a été instaurée dans un rayon de 30 km au-dessus de la centrale de Fukushima-Daiichi.

Le Premier ministre japonais Naoto Kan a demandé à la population dans un rayon de 30 km autour de la centrale, située à 240 km de Tokyo, de rester chez elle, signe de l’aggravation de la situation au Japon, qui connaît l’accident nucléaire le plus grave au monde depuis celui de Tchernobyl en 1986.

“Un incendie s’est déclaré au réacteur n°4 et le niveau de radioactivité dans les environs a fortement augmenté. La possibilité de nouvelles fuites radioactives se renforce”, a dit Kan, le visage sombre, dans une allocution au pays pendant laquelle il a tenu à appeler au calme.

La Bourse de Tokyo a dévissé pour la deuxième journée de suite, clôturant mardi sur une perte de 10,55%. Lundi, elle avait déjà dévissé de plus de 6%. Depuis le début de la semaine, les grands groupes cotés à Tokyo ont perdu dans les 720 milliards de dollars en valeur.

L’ambassade de France au Japon a averti dans un avis lancé à 01h00 GMT mardi qu’un vent de faible radioactivité risquait d’atteindre la capitale japonaise une dizaine d’heures plus tard.

A Maebashi, ville à 100 km au nord de Tokyo, le niveau de radioactivité relevé a été dix fois supérieur à la normale à un moment donné. A Saitama, plus près de Tokyo, la radioactivité est brièvement monté à un niveau 40 fois supérieur à la normale, ce qui ne suffit cependant pas pour causer des problèmes à l’homme.

LA BOURSE DE TOKYO PLONGE

Dans la capitale, seul un niveau faible a été mesuré, qui, à en croire la municipalité, n’est pour le moment “pas un problème”.

Malgré l’appel au calme lancé par Naoto Kan, les habitants de Tokyo se sont rués dans les magasins pour acheter des vivres et des produits de première nécessité comme des bougies, des sacs de couchage.

Signe de l’inquiétude qui grandit aussi en Asie, la Chine a fait savoir qu’elle augmentait sa surveillance de la situation, et la compagnie aérienne Air China a annulé ses vols vers Tokyo.

Plusieurs ambassades ont recommandé à leur personnel et à leurs ressortissants de quitter les zones touchées. Les touristes écourtent leurs vacances et les multinationales demandent à leur personnel expatrié soit de quitter le pays soit de s’éloigner de Tokyo.

Au-dessus de la centrale touchée, des vents de nord-est faibles étaient signalés mardi, soit dans la direction de Tokyo, mais ils devaient tourner à l’est dans les heures à venir.

Selon Murry Jennex, professeur à l’université de l’Etat de Californie à San Diego, l’accident nucléaire actuel est plus grave que celui de Three Mile Island aux Etats-Unis en 1979.

Les secours continuent de s’affairer dans les régions touchées par le séisme et le tsunami, dont le coût financier pourrait s’élever à 180 milliards de dollars.

Environ 850.000 foyers dans le nord du pays sont toujours privés d’électricité, alors que la région connaît une vague de froid qui fait chuter les températures sous le zéro la nuit. En outre, au moins 1,5 million de foyers sont sans eau courante. Des dizaines de milliers de personnes sont toujours portées disparues.

Des villages et des villes ont été rayées de la carte par le mur d’eau qui s’est abattu sur les régions côtières vendredi dernier. Les autorités s’en tiennent pour l’heure à une estimation d’au moins 10.000 morts. Depuis le début de la catastrophe, 450.000 habitants ont été évacués du fait du séisme et du tsunami, et 80.000 autres du fait du risque nucléaire.

Avec Nathan Layne, Linda Sieg et Chisa Fujioka, Eric Faye pour le service français

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