March 11, 2011 / 6:08 PM / 8 years ago

Zaouïah prise par les forces de Kadhafi, combats à Ras Lanouf

par Michael Georgy et Maria Golovnina

Insurgés près de Ras Lanouf. Les insurgés ont abandonné ce port pétrolier stratégique du golfe de Syrte après plusieurs heures de combat mais ont annoncé l'avoir repris au terme d'une contre-attaque. Les forces fidèles à Mouammar Kadhafi ont repris vendredi le contrôle du centre de Zaouïah, grande ville proche de Tripoli, et poursuivi leur offensive sur la côte du golfe de Syrte. /Photo prise le 11 mars 2011/REUTERS/Goran Tomasevic

TRIPOLI/BRUXELLES (Reuters) - Les forces fidèles à Mouammar Kadhafi ont repris vendredi le contrôle du centre de Zaouïah, grande ville proche de Tripoli, et poursuivi leur offensive sur la côte du golfe de Syrte, dans une région où se trouvent plusieurs ports pétroliers.

A Bruxelles, Nicolas Sarkozy a déclaré que l’Union européenne, dont les dirigeants étaient réunis en conseil extraordinaire, était unanime à demander le départ de Mouammar Kadhafi et à considérer comme un interlocuteur politique le Conseil national de transition libyen, constitué par l’opposition en Libye.

Les hésitations des Vingt-sept sont toutefois apparues dès leurs premières déclarations, renvoyant toute décision d’ordre militaire à l’Onu et à la Ligue arabe.

Les forces du colonel Kadhafi, qui ont la maîtrise des airs et un gros avantage en matière de blindés, semblent avoir repris le dessus sur les différents fronts, ce qui confirmerait l’offensive de grande ampleur annoncée jeudi soir par Saïf al Islam, l’un des fils du colonel Kadhafi.

A Ras Lanouf, port pétrolier stratégique du golfe de Syrte, les insurgés ont abandonné la ville après plusieurs heures de combat. Mais ils se sont regroupés dans les environs et annoncé avoir repris la petite ville au terme d’une contre-attaque.

Selon eux, des dépôts pétroliers ont été bombardés par l’armée de l’air dans cette ville et une énorme colonne de fumée noire s’en échappait.

A Tripoli, les forces de sécurité du régime ont eu recours aux gaz lacrymogènes et ont tiré en l’air pour disperser des fidèles près d’une mosquée, avant même qu’ils puissent tenter de manifester.

La seule ville encore aux mains de l’insurrection dans l’Ouest libyen est Misrata, qui compte 300.000 habitants, à 200 km à l’est de Tripoli. La situation était calme vendredi dans la troisième ville du pays, mais les rebelles disaient s’attendre à une attaque prochaine.

RÉUNION DE LA LIGUE ARABE

Quant au centre de Zaouïah, qui était encerclé depuis plusieurs jours, il est tombé aux mains de l’armée de Kadhafi, comme l’a vu une correspondante de Reuters. Le régime libyen a organisé une visite d’une centaine de journalistes étrangers qui ont pu constater que les insurgés avaient essuyé une défaite dans cette ville, en grande partie détruite par les bombardements. Un rassemblement de civils pro-Kadhafi s’est tenu sur la place centrale.

Alors que les dirigeants de l’UE discutaient à Bruxelles, le chef du Conseil national libyen (CNL), Moustafa Abdeldjeïl, a averti que tout retard dans l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye pourrait permettre à Kadhafi de remporter une victoire décisive.

“Nous demandons à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités”, a-t-il dit à la BBC.

Nombre d’insurgés sont furieux face à l’inaction de la communauté internationale.

“Où est l’Occident? Comment nous aide-t-il? Que fait-il?”, criait un combattant de la rébellion.

La France et la Grande-Bretagne, qui prônent des frappes aériennes ciblées au cas où l’armée libyenne utiliserait des armes chimiques ou mènerait des raids aériens contre la population civile, se heurtent au scepticisme et à la prudence d’autres pays membres de l’UE.

L’Allemagne, notamment, a préconisé la prudence, vendredi, par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Selon Guido Westerwelle, l’UE doit prendre connaissance avant toute chose de la position des pays voisins de la Libye et de la Ligue arabe avant de décider quoi que ce soit.

Les Etats membres de la Ligue arabe doivent justement débattre samedi de l’éventuelle instauration d’une zone d’exclusion aérienne en Libye et de la possible reconnaissance du CNL. Des désaccords sont d’ores et déjà apparus sur ces questions.

Avec Emmanuel Jarry et Julien Toyer à Bruxelles, Eric Faye pour le service français

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