March 5, 2011 / 9:37 AM / 8 years ago

Combats à Zaouïah, les rebelles de l'Est avancent vers Tripoli

par Maria Golovnina

Un insurgé libyen lors de combats contre les forces fidèles à Mouammar Kadhafi près de Ras Lanouf, vendredi. Au lendemain de la prise de contrôle de ce port pétrolier, les rebelles de l'est de la Libye affirment qu'ils poursuivent leur progression vers l'Ouest. /Photo prise le 4 mars 2011/REUTERS/Goran Tomasevic

TRIPOLI (Reuters) - Des combats font rage samedi à Zaouïah, dans l’ouest de la Libye, entre les forces fidèles à Mouammar Kadhafi et les insurgés, qui affirment avoir repoussé un assaut du régime libyen sur cette ville proche de Tripoli.

Plus à l’est, les rebelles affirment poursuivre leur progression en direction de la capitale au lendemain de la prise de contrôle de Ras Lanouf et de son important terminal pétrolier.

A Zaouïah, les insurgés ont déclaré que les forces du dirigeant libyen avaient été chassées du centre de la ville après une incursion dans la matinée avec l’appui de blindés.

Mais un journaliste de Reuters a constaté que les forces du régime se rapprochaient à nouveau du centre de la ville en fin de matinée. Des forces pro-Kadhafi ont établi des barrages à trois kilomètres du centre, bloquant les accès.

Selon Al Djazira, Mouammar Kadhafi a entrepris d’envoyer des renforts vers cette localité située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Tripoli.

“Ils sont entrés dans Zaouïah à six heures ce matin avec des moyens importants, des centaines de soldats appuyés par des chars. Nos combattants ont riposté (...) Nous sommes sortis vainqueurs pour le moment et des civils sont en train de se réunir sur la place”, a dit Youssef Chagan, un porte-parole des rebelles.

Il avait auparavant fait état de violents combats et de nombreux morts, sans être en mesure d’avancer un bilan.

RAS LANOUF CALME

Zaouïah est le théâtre de combats depuis plus d’une semaine entre les forces fidèles à Mouammar Kadhafi et les insurgés qui tentent de chasser le dirigeant libyen, au pouvoir depuis 1969.

Selon les chaînes de télévision arabes, des chars du régime libyen ont ouvert le feu samedi dans des quartiers résidentiels de cette ville.

“Maintenant avec toute cette artillerie, ces chars et ces véhicules blindés, nous assistons à des batailles et à des meurtres que nous n’avions pas vus en Irak. Je considère qu’il s’agit d’un véritable génocide”, a déclaré un témoin à Al Arabia pendant les combats.

“Les combats font maintenant rage à l’intérieur de la ville. Plus de 15 véhicules blindés et un char sont entrés il y a environ deux heures. Il y a des tirs nourris dans tous les quartiers et les mosquées ont lancé un appel au djihad contre ces brigades”, a ajouté cet homme.

Dans l’est de la Libye, d’où le soulèvement contre Mouammar Kadhafi est parti mi-février, des insurgés ont déclaré à Reuters que leurs combattants contrôlaient désormais Ben Djaouad, petite localité située à environ 525 km à l’est de Tripoli et à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Ras Lanouf.

D’autres ont affirmé que les rebelles avaient même dépassé Ben Djaouad.

Ras Lanouf était calme et totalement contrôlée par les rebelles samedi.

TIRS SUR UN HÉLICOPTÈRE

Le seul incident signalé a été le survol d’un hélicoptère, sur lequel les insurgés ont ouvert le feu.

Sur l’un des carrefours de la ville, le drapeau de la rébellion flottait tandis qu’une vingtaine de personnes faisaient la queue pour acheter du pain.

“Ce n’est pas une situation normale mais il faut y être préparé. Je suis très content, nous le sommes tous. Nous en avons terminé avec Kadhafi”, a déclaré Saleh Mohamed, employé administratif dans une compagnie pétrolière.

Une grande partie de la communauté internationale réclame le départ de Mouammar Kadhafi et les Etats-Unis et leurs alliés réfléchissent à l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Hugo Chavez a pour sa part proposé une médiation internationale mais cette initiative du président vénézuélien, proche du dirigeant libyen, a peu de chances d’obtenir en raison de l’opposition notamment des Etats-Unis.

Les rebelles exigent en outre le départ ou l’exil de Mouammar Kadhafi, ce qu’il rejette catégoriquement.

La situation en Libye a fait grimper les cours du pétrole à leur plus haut niveau depuis septembre 2008, le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeant à 116 dollars.

Avec Michael Georgy à Tripoli et Mohamed Abbas à Ras Lanouf; Bertrand Boucey pour le service français

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