February 20, 2011 / 9:11 PM / 9 years ago

Dominique Strauss-Kahn reste en apesanteur

par Laure Bretton

Au terme de trois jours d'intense pression médiatique, Dominique Strauss-Kahn n'a pas levé le voile dimanche sur ses intentions présidentielles, réaffirmant qu'il était pour l'instant accaparé par son travail au FMI tout en prenant soin de ne se fermer aucune porte. /Image diffusée le 20 février 2011/REUTERS/France2/HO

PARIS (Reuters) - Au terme de trois jours d’intense pression médiatique, Dominique Strauss-Kahn n’a pas levé le voile dimanche sur ses intentions présidentielles, réaffirmant qu’il était pour l’instant accaparé par son travail au FMI tout en prenant soin de ne se fermer aucune porte.

Invité sur France 2, l’ancien ministre de l’Economie, qui s’est présenté en “homme plus libre” qu’il ne l’a “jamais été”, a truffé son propos d’expressions aux antipodes du libéralisme reproché à son institution, parlant de crise sociale, de “M. tout le monde (...) qui n’arrive pas à payer ses factures” et de lutte contre les inégalités.

Comme il le fait à chacune de ses interventions publiques depuis 2007, il a répété que sa tâche au Fonds monétaire international occupait tout son temps.

“Aujourd’hui, c’est au FMI que je travaille”, a-t-il répondu à une des nombreuses questions sur son éventuel retour en France pour se lancer dans la course à l’Elysée.

“La crise sociale, c’est mon leitmotiv”, a-t-il déclaré, la crise financière et la crise économique étant à ses yeux en train de se résorber.

Son mandat au FMI court jusqu’en novembre 2012. Dominique Strauss-Kahn devra donc démissionner avant terme s’il entend être candidat à la prochaine élection présidentielle en France.

Il a jusqu’au 13 juillet pour se présenter à la primaire du PS, où la compétition a déjà commencé entre Ségolène Royal, François Hollande et Manuel Valls mais pour l’instant sans le premier secrétaire Martine Aubry.

Les statuts du FMI interdisent à Dominique Strauss-Kahn de parler de politique française sous peine d’éviction immédiate, ce qui n’empêche pas les pirouettes sémantiques dont lui et ses proches sont devenus des experts depuis trois ans.

Exilé à Washington depuis trois ans, qu’est-ce qui lui manque le plus en France ? “La rencontre avec les Français”, a répondu dimanche soir l’ancien député-maire de Sarcelles (Val-d’Oise).

“LE SOCIALISME C’EST L’ESPOIR”

Quid des sondages, qui le placent très loin devant les autres “présidentiables” socialistes ? “Je ne m’y consacre pas trop”, a-t-il assuré.

Son statut de favori des Français rappelle la situation de l’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, qui avait finalement renoncé à être candidat en 1994. “J’avais regretté qu’il n’y aille pas”, a sobrement commenté Dominique Strauss-Kahn.

Son épouse, la journaliste Anne Sinclair, a pourtant relancé la semaine dernière l’idée d’un retour prématuré sur la scène nationale en confiant qu’elle ne souhaitait pas qu’il fasse un deuxième mandat au FMI.

Dominique Strauss-Kahn a estimé que cette question ne se posait pas aujourd’hui tout en assurant qu’il écoutait “toujours” sa femme avant de prendre une décision.

“Quoi que je fasse à l’avenir, évidemment on en parlera ensemble et son avis comptera”, a-t-il dit.

Comme il l’avait fait la veille à la clôture du G20, le directeur général du FMI a insisté sur les méthodes moins brutales de son institution depuis qu’il la dirige.

Une manière de répliquer à ceux qui, à gauche, l’ont rebaptisé “l’affameur de la moitié de la planète” comme Jean-Luc Mélenchon et, à droite, assurent qu’il ne pourra pas rassembler son camp pour cause d’ultralibéralisme.

“Le fait est que le FMI a changé”, a-t-il souligné, prônant des “politiques raisonnables (...) mais en le faisant dans la justice”.

A ses yeux d’ailleurs, le socialisme, “c’est l’espoir, l’avenir, l’innovation”.

Le “compromis de Washington” veut qu’un Européen dirige le FMI et un Américain la Banque mondiale mais, à plusieurs reprises ces derniers mois, Dominique Strauss-Kahn a souhaité qu’un candidat des pays émergents puisse obtenir ce poste, donnant le sentiment qu’il préparait sa succession.

La majorité, en France, ne l’entend pas de cette oreille.

Vendredi, Nicolas Sarkozy, son rival potentiel en 2012, a insisté sur le rôle crucial du FMI dans la réforme en cours du système monétaire international, semblant prier son directeur général de rester là où il était.

Sur RTL dimanche, la ministre de l’Economie Christine Lagarde, a enfoncé le clou. “Quand on a accepté de faire un job, il faut le faire jusqu’au bout : c’est ma compréhension d’une mission”, a-t-elle dit.

Avec Elizabeth Pineau

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