January 4, 2011 / 8:17 AM / 9 years ago

L'Iran ouvre ses sites nucléaires à des diplomates

par Mitra Amiri

TEHERAN (Reuters) - Plusieurs ambassadeurs auprès de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), dont ceux de la Chine et de l’Union européenne, ont été invités à visiter les principales installations nucléaires iraniennes, quelques jours avant une nouvelle rencontre entre émissaires de Téhéran et des grandes puissances.

Evoquant une opération de “relations publiques”, de nombreux commentateurs doutent que cette initiative des autorités iraniennes puisse dissiper les craintes suscitées par leur programme nucléaire.

“Il s’agit toutefois d’une rupture avec la rhétorique de la confrontation”, note Ali Ansari, expert de l’Iran à l’université écossaise de St Andrews.

Parmi les invités figurent plusieurs représentants des six grandes puissances impliquées dans les discussions sur le programme nucléaire de Téhéran (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie et Allemagne), dont la prochaine étape aura lieu à la fin du mois à Istanbul, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

“Ils se rendront probablement en Iran et sur nos sites nucléaires les 15 et 16 janvier”, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.

Selon leur homologue iranien, les ambassadeurs auprès de l’AIEA pourront notamment visiter le centre d’enrichissement d’uranium de Natanz et la centrale nucléaire à eau lourde d’Arak, deux sites au coeur du contentieux avec les puissances occidentales.

STRATAGÈME

“Cela est conforme à notre politique nucléaire transparente”, a-t-il souligné, ajoutant que des entretiens de haut niveau seraient également au programme.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a dit avoir reçu une invitation, sans préciser s’il avait l’intention de l’honorer.

Une autre a été remise à la Hongrie, qui assure depuis le 1er janvier la présidence tournante de l’Union européenne, a fait savoir Budapest, qui en a informé Catherine Ashton, chef de la diplomatie des Vingt-sept et les Etats membres.

Pour Mark Fitzpatrick, spécialiste des questions de prolifération nucléaire à l’Institut international d’études stratégiques, il s’agit d’un “stratagème diplomatique” destiné à attiser les divergences entre grandes puissances sur ce dossier.

“Les ambassadeurs ne sont pas formés pour être des inspecteurs. Si l’Iran voulait vraiment faire preuve d’ouverture, il y aurait beaucoup d’autres moyens de démontrer sa sincérité”, dit-il.

L’Iran et les “Six”, qui ont renoué le mois dernier à Genève un dialogue au point mort depuis plus d’un an, se sont entendus pour se revoir fin janvier en Turquie, mais la date exacte reste à définir.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a infligé de nouvelles sanctions à l’Iran en juin. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont en outre décidé d’imposer leurs propres sanctions à la République islamique.

Avec Parisa Hafezi et Ramin Mostafavi à Téhéran, Fredrik Dahl à Vienne, Krisztina Than à Budapest, Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below