December 14, 2010 / 6:39 AM / 9 years ago

L'avenir politique de Berlusconi se joue au parlement

par James Mackenzie

Silvio Berlusconi joue une partie de son avenir politique ce mardi au Parlement, où sénateurs et députés sont appelés à lui renouveler ou non leur confiance. /Photo prise le 13 décembre 2010/REUTERS/Alessandro Bianchi

ROME (Reuters) - Silvio Berlusconi joue son avenir politique ce mardi au Parlement, où sénateurs et députés sont appelés à lui renouveler ou non leur confiance.

Si le président du Conseil italien perd l’un des deux votes, il devra démissionner et le président Giorgio Napolitano devra alors soit confier la formation d’un nouveau gouvernement à une nouvelle personnalité - ou à Berlusconi lui-même -, soit convoquer des élections législatives anticipées.

En revanche, dans le cas contraire, “Il Cavaliere” confirmera qu’il reste, à 74 ans, d’une résistance à toute épreuve.

Les résultats du vote des sénateurs devraient être connus vers 11h30. A la Chambre des députés, le suspense devrait être levé vers 13h30.

La police a bloqué les accès au centre de Rome dans la matinée pour détourner d’éventuelles manifestations, notamment d’étudiants.

Par le passé, Berlusconi a su déjouer les pronostics et renverser des situations compromises pour remporter trois législatives depuis sa première victoire, en 1994. Mais au terme d’une année marquée par des soupçons persistants de corruption et de conflits d’intérêts, des scandales de moeurs et un divorce politique spectaculaire avec son ex-allié Gianfranco Fini, il n’est plus assuré d’une majorité automatique au Parlement.

À UNE OU DEUX VOIX PRÈS

Pour sortir de la crise politique, son gouvernement a réclamé un vote de confiance au Sénat, où il devrait l’emporter; à la Chambre des députés en revanche, où les élus se prononceront sur une motion de censure déposée par la gauche et les députés qui ont suivi Fini dans sa défection, l’issue est beaucoup plus incertaine.

Président de la Chambre des députés, Fini a créé sa propre formation politique, Futur et liberté pour l’Italie (FLI), en entraînant dans son sillage une quarantaine de parlementaires.

Avec 630 députés, Berlusconi doit en théorie obtenir la confiance de 316 élus. Dans les faits, le seuil pourrait être réduit du fait d’abstentions ou d’absences de députés au moment du vote. Certains observateurs estiment que la balance pourrait pencher d’un côté ou de l’autre à une ou deux voix près.

“L’impression est que, malgré tout, Berlusconi semble en position de sortir vainqueur du vote, certes avec une courte majorité. La question demeure de savoir ce qu’il souhaite faire de ce vote”, écrit Stefano Folli, l’un des éditorialistes les plus respectés d’Italie, dans le quotidien des milieux d’affaires, Il Sole 24 Ore.

LE SPECTRE DE LA CRISE POUR ÉVITER LA CHUTE

Dans un discours au Sénat, le chef du gouvernement en a appelé lundi à la responsabilité des parlementaires italiens, les prévenant qu’ils mettraient la stabilité du pays en péril s’ils faisaient chuter son gouvernement en pleine crise des dettes souveraines dans la zone euro.

La dette italienne représente 120% de son PIB, l’un des taux les plus élevés au monde. En raison de la récente maîtrise de ses dépenses publiques et de la prudence de son système bancaire, l’Italie a toutefois échappé au scénario subi dans l’Union européenne par la Grèce et par l’Irlande, contraintes de solliciter une aide financière internationale pour éviter la banqueroute.

“C’est une folie d’ouvrir une crise sans solution en vue”, a déclaré Berlusconi devant les sénateurs.

Il a aussi tendu la main aux transfuges de Fini et aux élus du centre en promettant d’ouvrir son gouvernement à une large coalition modérée.

Cette offre fait suite à des semaines d’une intense campagne de lobbying menée par le camp Berlusconi auprès de députés jugés indécis, centristes ou alliés à Gianfranco Fini, pour les convaincre de ne pas faire chuter le gouvernement.

Même s’il en sort vainqueur, certains se demandent quelle sera la marge de manoeuvre du président du Conseil après ce double vote parlementaire.

“Soit les conditions sont réunies pour poursuivre l’action gouvernementale avec une majorité solide, soit il est préférable d’aller à des élections”, a remarqué Roberto Maroni, ministre de l’Intérieur et l’un des principaux dirigeants de la Ligue du Nord, alliée gouvernementale de Berlusconi.

Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour le service français

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