November 8, 2010 / 10:58 AM / 10 years ago

L'héritage de de Gaulle divise la droite 40 ans après sa mort

par Emile Picy

Vue du mémorial Charles de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises, en Haute-Marne. Nicolas Sarkozy se rend mardi sur la tombe du général de Gaulle pour le 40e anniversaire de la mort du fondateur de la Ve République, dont il revendique l'héritage sans être un gaulliste pur et dur. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy se rend mardi sur la tombe du général de Gaulle pour le 40e anniversaire de la mort du fondateur de la Ve République, dont il revendique l’héritage sans être un gaulliste pur et dur.

Il y a quarante ans, le 9 novembre 1970, disparaissait le général Charles de Gaulle, l’homme de l’appel du 18 juin 1940 à la résistance contre l’occupant nazi, qui laissait ainsi “la France veuve” selon les mots de son successeur Georges Pompidou.

Le groupe UMP de l’Assemblée nationale et celui du Sénat renouent cette année avec le pèlerinage sur la tombe de Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), tradition abandonnée depuis 1999 à la demande de la famille.

La question de l’héritage divise cependant la droite.

Pour Bernard Accoyer (UMP), le président de l’Assemblée, les idées du général de Gaulle “sont toujours d’actualité”.

“Car le gaullisme se résume en deux expressions : la place de l’homme, qui doit prévaloir constamment, et le rang de la France, pas seulement sa puissance mais aussi sa générosité, l’équilibre de ses positions internationales, sociales, économiques”, a-t-il déclaré à Reuters.

Pour le président de l’Assemblée, l’UMP, issue des rangs du RPR, formation gaulliste qui a fusionné en 2002 avec d’autres partis de droite et du centre, personne aujourd’hui n’incarne les idées de l’homme de l’appel de Londres.

“Je crois qu’il ne faut pas aujourd’hui chercher un ambassadeur, un porteur. Beaucoup aujourd’hui voudraient se prévaloir de son héritage”, déclare-t-il à Reuters.

VILLEPIN, LE VÉRITABLE HÉRITIER ?

Une partie de la majorité présidentielle estime que Nicolas Sarkozy, qui a par exemple procédé à la réintégration de la France dans la structure militaire de l’Otan que le général avait quittée en 1966 pour protester contre l’hégémonie américaine, ne peut se dire gaulliste.

Pour le député UMP Jean-Pierre Grand, c’est l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin, entré en guerre ouverte avec le président français, qui incarne le mieux la fidélité aux idéaux du général de Gaulle 40 ans après sa mort.

“Le général, c’était tout sauf la politique politicienne et aujourd’hui beaucoup de ceux qui vont commémorer avec trompettes et décorum l’anniversaire de sa mort seront ceux qui se sont le plus éloignés de ses principes”, a-t-il déclaré à Reuters.

“Nicolas Sarkozy est aux antipodes du gaullisme. La nouvelle Constitution, le dysfonctionnement institutionnel, la politique sociale actuelle, la politique étrangère, tout est aux antipodes du gaullisme”, affirme le député de l’Hérault.

Né le 22 novembre 1890 à Lille, dans le Nord, le général de Gaulle, chef de la France libre face à l’occupation allemande et au régime de Vichy, président du gouvernement provisoire de la France à la Libération, dernier président du Conseil de la IVe République, fondateur de la Ve dont il fut le premier président de 1959 à 1969, est mort à Colombey-les-deux-Eglises.

140.000 VISITEURS PAR AN

C’est dans sa propriété de La Boisserie, où il s’était retiré après sa démission de la présidence de la République le 28 avril 1969, qu’il est décédé le 9 novembre 1970 en fin d’après-midi alors qu’il engageait une réussite dans sa bibliothèque, foudroyé par une rupture d’anévrisme.

Ce n’est que le lendemain, le 10 novembre, que sa mort sera annoncée par Georges Pompidou à la télévision.

“Le général de Gaulle est mort. La France est veuve”, déclare-t-il. “En 1940, de Gaulle a sauvé l’honneur, en 1944 il nous a conduit à la libération et à la victoire. En 1958, il nous a épargné la guerre civile. Il a donné à la France actuelle ses institutions, son indépendance, sa place dans le monde.”

Les obsèques privées du chef de la France Libre, qui avait souhaité la présence à Colombey “des hommes et des femmes de France et d’autres pays du monde”, ont lieu, conformément à ses voeux, dans son village d’adoption, le 12 novembre.

Seuls sont présents sa famille, quelques proches, les Compagnons de la Libération et un détachement militaire. Plusieurs dizaines de milliers d’anonymes sont venus dire un dernier adieu à l’ancien président de la République.

Charles de Gaulle est inhumé dans le petit cimetière qui jouxte l’église alors qu’ont lieu dans la cathédrale Notre-Dame de Paris les obsèques officielles.

Seule fausse note dans ce moment de recueillement national, le titre de l’hebdomadaire satirique Hara-Kiri, “Bal tragique à Colombey, un mort”, qui faisait allusion à un dramatique incendie qui avait fait 146 victimes dans un dancing.

L’hebdomadaire sera interdit quelques jours plus tard.

Avec le temps, les visiteurs se sont faits moins nombreux à Colombey-les-deux-Eglises mais ils sont encore près de 140.000 à se rendre chaque année dans ce village de 400 habitants qui vit maintenant davantage du tourisme que de l’agriculture.

Edité par Yves Clarisse

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