October 14, 2010 / 7:27 AM / 9 years ago

Le mouvement se radicalise dans les raffineries françaises

PARIS (Reuters) - Les salariés bloquaient jeudi les expéditions dans neuf des 12 raffineries françaises, augmentant ainsi le risque de pénurie de carburant, a-t-on appris auprès de dirigeants syndicaux.

Camions-citernes devant un dépôt de carburant bloqué par des salariés mercredi à Berre, près de Marseille. Les salariés bloquaient jeudi les expéditions dans neuf des 12 raffineries françaises, augmentant ainsi le risque de pénurie de carburant. /Photo prise le 13 octobre 2010/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a toutefois déclaré qu’il n’y aurait pas de problème d’approvisionnement à moyen terme si les automobilistes ne se ruaient pas sur les pompes.

La situation est critique dans les raffineries, en raison du mouvement social contre la réforme des retraites et de la grève dans les terminaux pétroliers de Fos-Lavera, entrée jeudi dans son 18e jour.

“Cela se radicalise de plus en plus. La remise en cause du mouvement ne se pose même plus”, a déclaré à Reuters un délégué CGT à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne).

Sept raffineries sur 12 ont commencé à arrêter leur production. Une seule raffinerie en France, celle de Port-Jérôme, en Seine-Maritime, fonctionnait encore normalement jeudi matin.

Les salariés de la raffinerie LyondellBasell de Berre-L’Etang (Bouches-du-Rhône), rejoints par les salariés du port pétrolier de Marseille, bloquaient jeudi le plus grand dépôt pétrolier de la région, à Fos-sur-Mer, a-t-on appris de source syndicale.

“BLOQUER LE PAYS”

Les stocks des dépôts et des raffineries s’épuisent et les premières conséquences pour les automobilistes pourraient se faire sentir rapidement, même si à peine 50 des 1.250 pompes à essence du pays ont connu des ruptures d’approvisionnement limitées à quelques heures.

Le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, a évoqué mercredi la possibilité de problèmes localisés de ravitaillement dès le milieu de la semaine prochaine et a demandé au gouvernement de se poser la question de l’utilisation des stocks stratégiques.

Dominique Busserau, interrogé sur LCI, ne s’est pas prononcé sur l’utilisation de ces stocks mais a dit ne pas craindre de pénurie si les automobilistes restaient raisonnables.

“Il n’y aura pas de pénurie d’essence à la pompe”, a-t-il dit. “On a ce qu’il faut pour tenir au moins un mois sans problème. Ce qu’il faut, c’est que ceux qui nous écoutent n’aillent pas tout de suite à la pompe remplir.

“Je le dis aux automobilistes, n’allez pas faire des stocks d’essence, vous n’en aurez pas besoin.”

A la raffinerie Total de Feyzin (Rhône), bloquée depuis mardi, les salariés ont dit espérer entraîner d’autres secteurs d’activité dans une grève dont les raffineries forment le noyau dur.

“On a un pouvoir énorme ici, on peut bloquer le pays”, a dit à Reuters Pascal Jacob, délégué CGT de la raffinerie. “Les routiers ne sont pas en grève mais s’ils s’y mettent, ça va faire mal”.

Mathilde Cru, avec Catherine Lagrange à Feyzin, édité par Patrick Vignal

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