12 octobre 2010 / 05:10 / dans 7 ans

L'opposition à la réforme des retraites se radicalise

PARIS (Reuters) - L‘opposition à la réforme des retraites en France est entrée mardi dans une phase de radicalisation pour tenter de faire plier le gouvernement par le biais de manifestations de masse et de grèves reconductibles.

<p>La France s'appr&ecirc;te mardi &agrave; vivre au ralenti avec un durcissement attendu de l'opposition au projet de r&eacute;forme des retraites. /Photo prise le 24 juin 2010/REUTERS/Vincent Kessler</p>

Le gouvernement a tenté de couper l‘herbe sous les pieds des centrales syndicales en faisant adopter au Sénat les principales mesures de son projet de loi avant cette nouvelle journée de mobilisation qui sera rééditée samedi dans toute la France.

Après les députés, les sénateurs ont adopté lundi soir le report de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite et de 65 à 67 ans de l’âge pour une retraite à taux plein, avec quelques concessions pour les parents de familles nombreuses.

La stratégie du gouvernement est claire: le coeur de la réforme adopté par la représentation nationale, la contestation n‘a plus de raison d’être et le mouvement devrait s’étioler.

Mais les syndicats estiment que rien n‘est joué alors que six Français sur dix, selon deux sondages CSA et BVA, sont favorables à une montée en puissance des actions.

Ils entendent réunir plus de manifestants que lors des précédentes mobilisations, qui avaient selon eux rassemblé entre deux et trois millions de personnes, et espèrent le succès des grèves reconductibles dans certains secteurs stratégiques, comme l’énergie, les ports ou les transports.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, fait porter la responsabilité de cette radicalisation sur un gouvernement qui serait sourd à la contestation.

“Le sentiment qui est en train de s‘installer, c‘est que le gouvernement ne peut comprendre que s‘il y a blocage”, a-t-il dit sur France 2. “Je lance un dernier appel au gouvernement (...) le gouvernement doit écouter, il doit entendre, il doit proposer une solution”.

LE PRÉCÉDENT DU CPE

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, accuse dans Le Parisien-Aujourd‘hui en France le gouvernement de vouloir “chercher l‘usure”, une critique reprise par l‘opposition.

“Ceux qui radicalisent sont du côté du gouvernement et du président de la République”, déclare-t-il.

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, le vote au Sénat ne clôt pas le débat.

“Tant qu‘un dossier n‘est pas fini, on peut toujours le gagner, c‘est l‘expérience qui me conduit à dire ça”, a-t-il déclaré sur Europe 1 en allusion à ce qui s’était passé en 2006 avec le contrat première embauche (CPE).

<p>Manifestation &agrave; Marseille. L'opposition &agrave; la r&eacute;forme des retraites est entr&eacute;e dans une phase de radicalisation pour tenter de faire plier le gouvernement par le biais de manifestations de masse et de gr&egrave;ves reconductibles. /Photo prise le 12 octobre 2010/REUTERS/Jean-Paul P&eacute;lissier</p>

A l’époque, le gouvernement avait dû renoncer sous la pression de la rue à introduire ce contrat à durée indéterminée pour les moins de 26 ans doté d‘une période d‘essai de deux ans alors qu‘il avait été adopté par le Parlement.

Les syndicats annoncent des niveaux de mobilisation exceptionnels ce mardi et la CGT prévoit 244 manifestations au total, contre 230 le 2 octobre et 232 le 23 septembre. Les représentants des lycéens ont l‘intention de s‘y joindre.

Mais la mobilisation lycéenne semble lente à démarrer.

Le ministère comptait mardi matin 299 lycées touchés par le mouvement - 209 perturbés et 90 bloqués -, soit 6,9% des 4.302 établissements de France métropolitaine, un chiffre qui n‘est pas contesté par les syndicats lycéens.

C‘est sur le front des grèves que la radicalisation sera mesurée avec le plus de précision puisque, contrairement aux journées précédentes, le mouvement est reconductible.

La journée de mercredi sera donc un test de la capacité de mobilisation de la base la plus radicale.

L‘ELYSÉE RELATIVISE

Dans les transports, les sept fédérations de cheminots ont entériné le principe d‘une grève reconductible à partir de lundi soir et des perturbations importantes avaient lieu à la SNCF de même que dans les transports urbains, notamment à Paris.

Le trafic aérien était lui aussi perturbé, dans une mesure similaire à celle des journées précédentes de grève, avec par exemple une réduction de 50% des vols à l‘aéroport d‘Orly et de 30% à Roissy-Charles de Gaulle.

Dans l’énergie, la CGT a déposé un préavis de grève illimitée dans les secteurs du gaz et de l’électricité qui pourrait engendrer des débrayages chez EDF et GDF Suez, des baisses de charges et des coupures ciblées. La production de huit des douze raffineries françaises est réduite au minimum et des pénuries locales pourraient intervenir à court terme.

Selon les premiers chiffres communiqués mardi par le ministère de l‘Education nationale, le taux de grévistes des enseignants du premier degré est estimé à 28,73%, contre 33,53% lors de la grève du 23 septembre, et à 19,56% pour l‘ensemble des enseignants du second degré.

De quoi réjouir l‘Elysée où, si l‘on se dit “attentif”, on note que “la mobilisation est sensiblement inférieure dans l‘Education nationale que la dernière fois”.

Service France, édité par Yves Clarisse

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