August 7, 2010 / 11:57 AM / 9 years ago

Garde à vue prolongée de 24 heures pour Liès Hebbadj

NANTES (Reuters) - Liès Hebbadj, dont une compagne voilée avait fait la une de l’actualité au printemps, est en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Nantes pour de présumés “viol” et “violences” sur une ex-compagne, a-t-on appris de source judiciaire.

Liès Hebbadj, dont une compagne avait fait la une de l'actualité au printemps après avoir reçu une contravention pour avoir conduit en portant un niqab, a été placé vendredi soir en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Nantes pour de présumés "viol" et "violences" sur une ex-compagne. /Photo prise le 26 avril 2010/REUTERS/Stéphane Mahé

La garde à vue, commencée vendredi soir, a été prolongée samedi soir de 24 heures, a fait savoir son avocate.

Début avril, le commerçant de Rezé (Loire-Atlantique) avait médiatisé la verbalisation d’une de ses compagnes qui avait écopé d’une contravention de 22 euros pour avoir conduit une voiture vêtue d’un voile intégral. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, l’avait alors accusé de polygamie et proposé que cette situation soit sanctionnée par une déchéance de sa nationalité française.

Le ministre de l’Intérieur a depuis souhaité que la déchéance de la nationalité soit possible pour des Français d’origine étrangère impliqués dans des cas de polygamie, d’excision et de “certains faits graves”, proposition qu’il a reformulée samedi lors d’un déplacement à Perpignan.

L’avocate, Me Cécile de Oliveira, a rapproché la garde à vue de son client avec le discours sécuritaire du gouvernement.

“Je trouve étonnant que cette garde à vue arrive à point nommé par rapport au discours sur la déchéance de la nationalité française. Il n’y a pas de hasard”, a-t-elle déclaré à Reuters.

“Mon client est traqué par des moyens de police extraordinaires déployés contre lui et inhabituellement utilisés pour des infractions qui demeurent très floues”.

“POLYGAMIE DE FAIT”

La présumée victime, qui a porté plainte jeudi, avait déjà porté ces accusations sur un blog. Liès Hebbadj avait affirmé fin avril avoir porté plainte pour diffamation envers cette femme et les personnes qui relaieraient ses propos.

Le commerçant de 35 ans a été mis en examen le 9 juin pour “escroqueries”, “fraudes aux prestations sociales”, “travail dissimulé” et “aide au séjour irrégulier d’étrangers”.

Le procureur de la République de Nantes avait alors fait valoir qu’il avait organisé une “polygamie de fait” en vivant avec son épouse et trois maîtresses dans trois logements distants de quelques mètres.

Ses quatre compagnes auraient touché en trois ans 175.000 euros de prestations sociales de la part de la Caisse d’allocations familiales (CAF) de Loire-Atlantique, selon le parquet, alors que 88.000 euros auraient dû être versés si les quinze enfants de Liès Hebbadj avaient vécu sous le même toit.

Le délit de bigamie n’était toutefois pas constitué, Liès Hebbadj n’ayant été marié qu’une seule fois sur le plan civil.

Dans une interview publiée samedi par Le Figaro, le ministre de l’Immigration Eric Besson estime que “sur un plan juridique, la déchéance est complexe à envisager, notamment pour la polygamie”. Mais Brice Hortefeux n’en a pas moins annoncé à Perpignan qu’il présenterait au président Nicolas Sarkozy, avant la fin août, des “propositions de mise en oeuvre juridique” de la déchéance de la nationalité.

Guillaume Frouin, Véronique Tison, édité par Nicole Dupont

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