June 10, 2010 / 6:23 PM / 9 years ago

Christine Boutin renonce à sa double rémunération

PARIS (Reuters) - Sous le feu des critiques, Christine Boutin a annoncé qu’elle renonçait à sa double rémunération, l’une venant d’une mission confiée par l’Elysée et l’autre de sa retraite de parlementaire.

Christine Boutin a annoncé qu'elle renonçait à la rémunération de 9.500 euros par mois dont elle bénéficie pour une mission confiée par l'Elysée sur les conséquences sociales de la mondialisation. L'ancienne ministre du Logement a précisé sur France 2 qu'elle poursuivrait cette mission de "façon gracieuse" et qu'elle conserverait sa retraite de parlementaire. /Photo prise le 17 février 2009/REUTERS/Jacky Naegelen

L’ex-ministre du Logement a fait le choix de conserver sa retraite et de poursuivre “gracieusement” sa mission sur les conséquences sociales de la mondialisation.

“J’ai entendu les Français qui ont de petits salaires qui, aujourd’hui, ne peuvent pas comprendre qu’il y ait ainsi un responsable politique qui ait une rentrée d’argent de près de 18.000 euros”, a-t-elle expliqué jeudi soir sur France 2.

Christine Boutin a cependant répété que “beaucoup de gens” parmi les chargés de mission cumulaient plusieurs rémunérations. Elle a dit espérer que sa décision ferait “jurisprudence”.

Le Premier ministre, François Fillon, s’est félicité de la décision de la présidente du Parti chrétien-démocrate.

Il a annoncé dans un communiqué avoir demandé au secrétaire général du gouvernement de “veiller, sans délai, à ce que les rémunérations éventuellement octroyées à des personnalités chargées d’une mission par toute administration de l’Etat soient cadrées selon une doctrine uniforme afin d’éviter toute ambiguïté.”

Deux poids lourds de la majorité, Eric Woerth et Bernard Accoyer, avaient auparavant pressé Christine Boutin, 66 ans, de renoncer à ce cumul, une affaire qui embarrasse la droite au moment où le gouvernement prépare les Français à d’importantes mesures d’économie.

De son côté, Henri de Raincourt, ministre chargé des relations avec le Parlement, a reconnu sur Public Sénat qu’il touchait “une petite partie, sans doute” de sa retraite de sénateur.

“PROFONDÉMENT BLESSÉE”

Sur France 2, Christine Boutin s’est défendue d’avoir cédé aux pressions du gouvernement, affirmant avoir pris sa décision dès mercredi, tout en dénonçant le rôle des médias.

“Tout est légal, ce qui pose une question fondamentale qui est celle de savoir si dans un Etat de droit il faut plier sous le poids de la tourmente médiatique”, a-t-elle dit.

Des parlementaires s’étaient demandé si Christine Boutin, critique envers l’exécutif depuis son éviction du gouvernement en juin 2009 et tentée par une candidature présidentielle en 2012, n’avait pas ainsi été “achetée” par Nicolas Sarkozy.

Une hypothèse réfutée par l’ancienne ministre, qui s’est dite “profondément blessée” par ces propos.

“Moi, qui suis une femme de conviction, qui suis une femme libre, qu’on puisse laisser entendre qu’on pouvait acheter mon silence, c’est inacceptable pour moi”, a-t-elle lancé.

Et Christine Boutin d’ajouter: “il est tout à fait possible que je me présente à l’élection en 2012, à la présidentielle.”

La présidente du Parti chrétien-démocrate avait reconnu mercredi qu’elle cumulait sa retraite de parlementaire avec la rémunération de 9.500 euros par mois qu’elle touchait depuis le 1er janvier, date à laquelle elle a entamé sa mission à la demande de l’Elysée dans la perspective de la présidence française du G20 (novembre 2010-novembre 2011).

L’affaire avait toutefois continué à prendre de l’ampleur.

“Je vais demander à Christine Boutin de prendre en compte cette polémique qui ne doit pas durer pour renoncer à la partie qui dépasse les 9.500 euros, c’est-à-dire le cumul entre sa pension de retraite et la rémunération qu’elle a au titre de sa mission”, avait déclaré le ministre du Travail sur Europe 1.

Eric Woerth avait ensuite dit à des journalistes qu’”il faut changer les règles, notamment, probablement, regarder de plus près tout ce qui est cumul entre une retraite et une fonction publique rémunérée.”

La ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a souhaité sur Canal+ qu’une liste des missions publiques et des rémunérations afférentes soit publiée.

“Je connais très bien Christine Boutin et je peux vous dire qu’elle ne perdra pas sa liberté de parole parce qu’elle fait une mission pour le président de la République”, avait-elle dit.

La secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, avait pris la défense de Christine Boutin sur RTL. “Moi, ça ne me choque pas”, a-t-elle dit.

“Je ne participerai pas à cette course au populisme dans laquelle on souhaite nous entraîner”, a-t-elle ajouté.

Gérard Bon, édité par Pierre Sérisier

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