May 7, 2010 / 5:54 AM / 10 years ago

Une étude génétique révèle des croisements Néandertal-humain

par Maggie Fox

Musée du Néandertal à Kaprina, en Croatie. Une étude génétique révèle des croisements entre l'homme de Néandertal et l'humain moderne, probablement au moment où les premiers homo-sapiens ont commencé à migrer hors d'Afrique. /Photo d'archives/REUTERS/Nikola Solic

WASHINGTON (Reuters) - Une étude génétique révèle des croisements entre l’homme de Néandertal et l’humain moderne, probablement au moment où les premiers homo-sapiens ont commencé à migrer hors d’Afrique.

Les peuples d’origine européenne, asiatique et australasienne ont tous des traces d’ADN de Néandertal, mais pas les Africains, expliquent les chercheurs dans un article paru dans l’édition de vendredi du journal Science.

L’étude pourrait aider à résoudre un vieux débat sur le fait de savoir si l’homme de Néandertal et l’humain moderne ont fait plus que simplement cohabiter en Europe et au Proche-Orient.

“Ceux d’entre nous qui vivent hors d’Afrique portent un peu d’ADN de Néandertal en eux”, résume Svante Paabo, de l’institut Max Planck à Munich, qui a dirigé cette recherche.

“La proportion de matériel génétique hérité de Néandertal est d’environ 1 à 4%. C’est peu mais c’est une proportion bien réelle d’ascendance chez les non-Africains aujourd’hui”, ajoute le Dr David Reich, de la Harvard Medical School de Boston, qui a participé à cette étude.

Rien ne permet d’identifier quels “traits” peuvent avoir été hérités de Néandertal. “Tout ce qu’on peut dire, c’est que ce ne sont que des parcelles aléatoires d’ADN”, dit Svante Paabo.

Les chercheurs s’appuient sur le séquençage du génome d’os de Néandertal découverts en Croatie, en Russie, en Allemagne et en Espagne. Ils ont développé de nouvelles méthodes pour rassembler, séparer et séquencer l’ADN.

“Dans ces ossements vieux de 30.000 ou 40.000 ans, très peu d’ADN a été préservé”, souligne Svante Paabo, qui précise que 97% voire plus de l’ADN extrait de ces ossements provenait de bactéries ou de moisissures.

Ils ont comparé ce séquençage à celui de cinq personnes originaires d’Europe, d’Asie, de Papouasie-Nouvelle Guinée et d’Afrique.

ESPÈCES DISTINCTES?

Le résultat dessine le portrait d’homo-sapiens vivant aux côtés d’hommes de Néandertal, éteints il y a quelque 30.000 ans, avec des relations parfois très intimes. “Il y a eu des métissages à un petit niveau. Je préfère laisser à d’autres le soin de se quereller pour savoir si l’on peut nous qualifier d’espèces distinctes ou non”, poursuit Paabo. “D’un point de vue génétique, ils n’étaient pas très différents de nous.”

Les croisements génétiques pourraient remonter à il y a environ 80.000 ans, quand les hommes modernes venant d’Afrique ont rencontré les populations de Néandertal établies les plus au sud, au Proche-Orient.

Les chercheurs ont identifié cinq gènes propres aux Néandertaliens, dont trois gènes liés à la peau. “Cela suggère que quelque chose dans la physiologie ou la morphologie de la peau a changé chez les humains”, explique Svante Paabo.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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