May 1, 2010 / 12:34 PM / 10 years ago

Accord imminent sur un plan d'aide à la Grèce

par Lefteris Papadimas

Le gouvernement grec s'attend à ce que les discussions avec l'Union européenne et le FMI sur le plan d'aide financière aboutissent ce samedi, selon un membre du gouvernement. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis

ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec s’attend à ce que les discussions avec l’Union européenne et le FMI sur un plan d’aide financière aboutissent ce samedi, a fait savoir un membre du gouvernement, tandis que des milliers de personnes manifestaient à Athènes contre les mesures d’austérité prévues.

A Paris, la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, a indiqué pour sa part s’attendre à une aide de 100 à 120 milliards d’euros pour la Grèce et avoir bon espoir de parvenir d’ici la fin du week-end à un accord sur l’activation de ce plan;

La crise de la dette grecque a ébranlé les marchés et fait éclater au grand jour des divisions entre membres de la zone euro.

Athènes négocie avec le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne, mais tout accord doit être soumis au gouvernement grec et aux gouvernements de l’UE.

“Nous nous attendons à conclure aujourd’hui (samedi) les négociations avec le FMI, l’UE et la BCE”, a dit à Reuters un membre du gouvernement grec. “Le Premier ministre (George Papandreou) présidera demain matin un conseil des ministres à 10h/10h30.”

Christine Lagarde s’est exprimée à l’issue d’une réunion convoquée à l’Elysée par Nicolas Sarkozy pour discuter de la Grèce.

La présidence française a fait savoir que Nicolas Sarkozy s’était entretenu au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel et que les deux dirigeants étaient déterminés à “agir vite” pour mettre en oeuvre un plan de trois ans.

MESURES D’AUSTÉRITÉ

Mais en échange, la Grèce devra accepter des économies budgétaires draconiennes et des milliers de personnes ont manifesté à l’occasion du 1er-Mai dans les rues d’Athènes en scandant des slogans hostiles aux mesures d’austérité.

Le syndicat grec de la fonction publique a aussi lancé pour mardi un mot d’ordre de grève de quatre heures, en plus d’une grève générale prévue pour mercredi.

Le vice-Premier ministre grec Theodoros Pangalos a cependant dit à Reuters avoir bon espoir que les mesures seraient mises en oeuvre et éviteraient à la Grèce un défaut de paiement.

Athènes a l’intention de réduire son déficit budgétaire de 24 milliards d’euros en échange d’une aide de 120 milliards d’euros sur trois ans. Les investisseurs espèrent que cela empêchera la crise grecque de faire sombrer d’autres économies fragiles de l’UE.

Le gouvernement grec est néanmoins confronté aux syndicats, ulcérés par l’ampleur des mesures d’austérité, et les troubles sociaux pourraient s’étendre.

D’après un sondage ALCO publié vendredi par le journal Proto Thema, 51,3% des Grecs sont prêts à descendre dans la rue si le gouvernement adopte de nouvelles mesures d’austérité. Le cours de l’euro a baissé après la publication de ce sondage, les investisseurs redoutant qu’une opposition de l’opinion publique réussisse à faire dérailler le plan d’austérité.

Les autorités européennes ont reproché à la spéculation d’avoir aggravé la crise en misant sur un possible défaut de remboursement de la Grèce, ce qui a fait fortement progresser les coûts d’emprunt.

L’Allemagne a annoncé vendredi que les banques européennes participeraient au plan en faveur de la Grèce, ce qui pourrait aider les gouvernements à convaincre les contribuables de la nécessité de s’y joindre.

RISQUES DE PROPAGATION

A la demande du ministre allemand des Finances, le président du directoire de Deutsche Bank, Josef Ackerman, participe à la coordination des efforts déployés par le secteur privé allemand pour soutenir le plan d’aide à la Grèce, a appris Reuters de source bancaire.

Le consortium s’est déjà engagé à apporter une contribution de un à deux milliards d’euros qui pourrait consister en un achat d’une partie de la dette du gouvernement grec, mais aucun accord officiel n’a encore été conclu, dit-on de même source.

Dans une interview à paraître dimanche dans Bild am Sonntag, la chancelière Angela Merkel dit qu’elle accueillerait favorablement une “participation volontaire de banques”.

Si les pays de la zone euro ne réussissent pas à mettre en place un plan d’aide à la Grèce capable de calmer les marchés, ils pourraient se retrouver confrontés à une facture de 500 milliards d’euros pour sauver plusieurs pays tels que le Portugal et l’Espagne, dont la note souveraine a été abaissée cette semaine par les agences de notation.

Cependant, le président de la Commission européenne, José Barroso, en visite en Chine pour l’inauguration de l’exposition universelle de Shanghai, a déclaré que le plan d’aide à la Grèce empêcherait la crise de se propager à d’autres pays. “Il s’agit de sauvegarder la stabilité financière globale de la zone euro”, a-t-il dit.

Nicole Dupont pour le service français

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