March 31, 2010 / 5:26 PM / 9 years ago

Pour Villepin, suspendre le bouclier fiscal relève du "bon sens"

PARIS (Reuters) - La suspension du bouclier fiscal relève du “bon sens” afin de permettre une meilleure répartition des efforts, estime Dominique de Villepin.

La suspension du bouclier fiscal relève du "bon sens" afin de permettre une meilleure répartition des efforts, a déclaré mercredi Dominique de Villepin. Le bouclier fiscal a été institué en 2006 sous son gouvernement, avec un plafond à 60%. /Photo prise le 25 mars 2010/REUTERS/Vincent Kessler

L’ancien Premier ministre a ainsi abondé dans le sens de la gauche et d’une partie de la majorité, s’attribuant au passage l’initiative de certaines critiques à l’égard du gouvernement.

“C’est bien parce que l’effort sera juste que l’on mobilisera tous les citoyens français. C’est pour cela que je dis aujourd’hui: suspendons ce bouclier”, a-t-il déclaré devant la presse et une centaine de personnes venues débattre avec lui dans un café du XVIIIe arrondissement de Paris.

“C’est le bon sens. Les Français, à un moment où on demande plus d’efforts à chacun, sont en droit d’avoir une juste répartition des efforts”, a-t-il souligné.

Le bouclier fiscal a été institué en 2006 sous son gouvernement, avec un plafond à 60%.

Repris par Nicolas Sarkozy, qui en avait fait une promesse électorale, le dispositif en vigueur actuellement limite à 50% des revenus les impôts dus par un particulier.

“Ils ont intégré la CSG et la CRDS ce qui fait un bouclier fiscal à 39% : entre 60% qui était l’idée initiale et 39%, il y a un décalage immense”, a souligné l’ancien Premier ministre.

Au lendemain de la défaite de la droite aux élections régionales, de nombreuses voix se sont élevées dans la majorité pour demander la suspension de cette mesure ou son aménagement.

“C’est ce que souhaitent tous les Français, c’est ce que souhaite aujourd’hui la majorité et je m’en félicite”, a dit Dominique de Villepin.

CONTRE DES PRIMAIRES À L’UMP

Le débat organisé par le Club Villepin à l’invitation d’associations, essentiellement consacré aux problèmes des quartiers défavorisés, coïncidait avec une rencontre entre Nicolas Sarkozy et les parlementaires à l’Elysée.

Un “hasard”, a assuré l’ancien Premier ministre, qui a dit apprécier qu’une partie de la majorité partage ses réserves à l’égard de la politique du gouvernement.

“Ces trois dernières années, je me suis souvent entendu dire ‘mais que de critiques systématiques’ pour constater aujourd’hui que de plus en plus de voix au sein de la majorité reprenaient les propositions qui sont les miennes”, s’est-il félicité. “Regardez la majorité : elle parle de justice sociale, de justice fiscale, de supprimer le bouclier fiscal”.

Pendant deux heures, Dominique de Villepin a parlé de son désir de créer “le plus large consensus possible”, fustigeant au passage, sans le nommer, les choix du chef de l’Etat.

“Je dis depuis trois ans: arrêtons de nous diviser, pourquoi privilégier des propositions qui divisent les Français ?”, a-t-il lancé. “Un débat sur l’identité nationale est-ce qu’il nous a fait progresser, est-ce qu’il a créé une confiance supplémentaire qui dans la crise nous rende plus fort ?”

“Aujourd’hui on constate qu’on a perdu du temps, qu’on a donné des illusions aux gens”, a-t-il encore déploré.

Candidat potentiel à la présidence de la République en 2012, Dominique de Villepin s’est prononcé contre l’organisation de primaires à l’UMP, comme l’a suggéré le secrétaire général du parti présidentiel, Xavier Bertrand.

“Ce n’est pas le sujet”, a-t-il dit. “Moi, je suis d’une tradition politique qui est celle du gaullisme, qui affirme la responsabilité de ceux qui s’engagent et le choix des Français. C’est pour moi la seule véritable démocratie et la seule véritable exigence en matière politique”.

Dominique de Villepin, qui doit créer en juin son propre mouvement politique, s’est dit à la recherche de “propositions qui pourraient rallier très largement l’échiquier politique français”.

“Je me situe aujourd’hui en avant de la politique qui est menée parce que je veux corriger cette politique et que je crois que cette politique doit être changée”, a-t-il affirmé.

Elizabeth Pineau, édité par Gérard Bon

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