September 28, 2009 / 1:00 PM / 10 years ago

Un 24e suicide à France Télécom

ANNECY (Haute-Savoie) (Reuters) - Un salarié de France Télécom s’est donné la mort lundi en Haute-Savoie, à Alby-sur-Chéran, portant à 24 le nombre de suicides au sein de l’entreprise depuis février 2008.

Ce nouveau suicide a placé une nouvelle fois le P-DG du groupe, Didier Lombard, dans une position difficile.

Le dirigeant, qui s’est rendu dans l’après-midi à Annecy pour échanger avec les collègues de travail du salarié suicidé, a été accueilli par des cris et sous les huées. “Lombard, démission, ça suffit”, proclamait une pancarte improvisée à l’entrée des locaux.

Après avoir écouté les salariés, Didier Lombard a tenu dans la soirée une réunion avec les syndicats.

L’employé, âgé de 51 ans et père de deux enfants, s’est jeté d’un viaduc à 09h39 et a mis en cause dans une lettre à l’attention de sa femme la société qui l’employait, a-t-on précisé à Reuters de source syndicale.

“Cet homme avait été muté il y a quelques mois d’un service de relation avec les entreprises à un centre d’appel d’Annecy”, a précisé Christian Pigeon, du syndicat Sud-PTT.

Il a souligné que les délégués du personnel avaient déjà alerté la direction “sur la souffrance de ce salarié”.

Pour la fédération SUD-PTT, ce nouveau suicide confirme que les mesures d’urgence annoncées ces derniers jours par la direction “ne suffisent pas à enrayer la vague de suicides”.

ACCÉLÉRER LES NÉGOCIATIONS

Le ministre du Travail, Xavier Darcos, a appelé pour sa part Didier Lombard “à accélérer l’aboutissement des négociations” en cours sur la prévention des risques psychosociaux au sein de l’entreprise, a-t-on précisé dans son entourage.

Pressé par le gouvernement, France Télécom s’était engagé le 15 septembre à adopter des méthodes de gestion “plus humaines” pour enrayer la “spirale infernale des suicides” frappant ses salariés.

Didier Lombard avait cependant indiqué qu’il n’était pas possible, comme le demandent les syndicats, de mettre un terme aux “restructurations” de l’entreprise de 102.000 salariés.

Après une série de suicides et de cas dramatiques sur les lieux de travail, les syndicats demandent l’arrêt des fermetures de sites, suppressions de postes, mutations géographiques ou professionnelles forcées.

Cette politique est, selon eux, l’origine profonde du malaise des salariés de cette ancienne administration d’Etat devenue société anonyme en 1996, et dont l’actionnariat est majoritairement privé depuis 2004.

Le programme d’action de France Télécom inclut un moratoire des mutations forcées jusqu’au 31 octobre, l’ouverture de négociations avec les syndicats pour la mise en oeuvre d’un accord interprofessionnel de 2008 sur le stress au travail, et un audit sur le phénomène des suicides.

Le ministère du Travail a demandé d’autres mesures à France Télécom. Il veut notamment la mise en place d’une gestion prévisionnelle des emplois, pour offrir aux salariés une “visibilité” et couper court aux mutations jugées brutales.

Les médecins du travail ont été mobilisés et Didier Lombard a promis le recrutement d’une centaine d’employés dédiés au problème.

Gérard Bon, édité par Grégory Blachier

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