September 10, 2009 / 10:49 AM / 10 years ago

Vaccination ciblée recommandée en France contre la grippe A

PARIS (Reuters) - Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) préconise face à la grippe A (H1N1) en France une vaccination dans un premier temps ciblée sur trois groupes prioritaires.

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) préconise une vaccination ciblée sur trois groupes prioritaires en France face à la grippe A (H1N1) et non une vaccination de masse. Il recommande que le vaccin soit donné en priorité aux personnels de santé et de secours, aux femmes enceintes, ainsi qu'aux nourrissons âgés de 6 à 23 mois avec facteur de risque et à leur entourage. /Photo d'archives/REUTERS/Valentin Flauraud

Sur la base de son rapport, le gouvernement décidera sous les quinze jours de la stratégie vaccinale qui pourra être mise en oeuvre lorsque les vaccins seront disponibles, a annoncé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

“Le gouvernement a décidé d’acquérir un nombre de vaccins suffisant pour vacciner l’ensemble de la population française. Les vaccins étant livrés au fur et à mesure de leur production, la vaccination sera proposée à la population progressivement, selon la stratégie vaccinale retenue”, dit-elle dans un communiqué.

Sur Radio Classique, la ministre a estimé qu’un “premier pic” de la pandémie pourrait intervenir fin septembre.

“Nous sommes rentrés effectivement dans une phase qui indique que le virus circule sur le territoire et que cette circulation s’intensifie”, a dit Roselyne Bachelot.

Environ 6.000 cas de grippe A (H1N1) ont été détectés en France la semaine dernière, contre 5.000 la semaine précédente, selon l’évaluation de l’Institut de veille sanitaire diffusée mercredi.

Quatorze porteurs de la grippe A sont décédés depuis l’apparition du virus, la plupart souffrant d’autres pathologies.

DES “ALÉAS”

Dans son avis, diffusé jeudi, le HCSP recommande que le vaccin soit donné en priorité aux personnels de santé et de secours, aux femmes enceintes, ainsi qu’aux nourrissons âgés de 6 à 23 mois avec facteur de risque.

Viennent ensuite dans l’ordre les personnes à risque âgées de 2 à 64 ans, les nourrissons de moins de deux ans sans facteur de risque, les plus de 65 ans avec facteur de risque, les enfants de 2 à 18 ans sans facteur de risque et, enfin, les plus de 19 ans sans facteur de risque.

Le HCSP souligne les “incertitudes” et les “aléas” concernant tant l’évolution de la pandémie que des vaccins, notamment la date à laquelle ils seront disponibles.

Le vaccin, estime-t-il, doit être administré en deux doses et il déconseille le vaccin avec adjuvant, c’est-à-dire à effet renforçant, aux personnes immunodéprimées et aux enfants de moins de deux ans sans facteur de risque.

La décision reviendra au gouvernement, qui a commandé 94 millions de doses de vaccin et estime que toute personne le souhaitant doit pouvoir se faire vacciner, une option que le HCSP juge souhaitable dans un second temps.

La gestion d’une éventuelle pandémie fait l’objet d’un vif débat, tant sur le nombre réel de cas en France que sur les mesures sanitaires ou réglementaires envisagées pour assurer la continuité de l’Etat.

Or, les vaccins posent un problème de calendrier.

Le HCSP justifie une vaccination ciblée par le fait que les livraisons de vaccins seront échelonnées, seules de petites quantités étant attendues en octobre, moment où est redouté le pic de propagation du virus.

Non seulement les autorités devront attendre les autorisations de mise sur le marché mais l’administration de deux doses étant nécessaire, il faudra plusieurs semaines à une personne vaccinée pour être immunisée.

“La protection du vaccin est à son maximum environ deux semaines après la deuxième injection”, soulignait récemment dans Libération Alain Fish, chef de service au CHU de Villeneuve-Saint-Georges, près de Paris.

RÉTICENCES PARMI LES MÉDECINS

Parallèlement, des réticences s’expriment au sein des personnels de santé sur le bien-fondé de la vaccination.

Sur 4.752 médecins, infirmières ou aides-soignants interrogés par l’Espace éthique de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris, plus d’un tiers hésite ou refuse de se faire vacciner contre la grippe, rapporte L’Express.

Ils doutent en effet de l’innocuité de ce vaccin conçu dans l’urgence et craignent des effets secondaires. Certains évoquent un risque de maladie immunitaire ou neurologique.

Dans un avis rendu en juin, le HCSP estimait que le “degré d’efficacité clinique de la vaccination pandémique est incertain, la protection contre le virus pouvant être incomplète”.

Il soulignait que la mise en place d’une vaccination au-delà de 30 jours suivant le début de la circulation active du virus “aurait un impact très limité sur l’évolution de la vague pandémique”.

Créé en 2004, le HCSP est une instance d’expertise qui contribue à la définition des objectifs pluriannuels de santé publique à la gestion des risques sanitaires.

Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

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