June 14, 2009 / 11:35 AM / 11 years ago

La réélection d'Ahmadinejad en Iran inquiète la France

PARIS (Reuters) - La France s’est dite préoccupée dimanche par la victoire du président Mahmoud Ahmadinejad en Iran, où la “brutalité” des autorités risque, selon elle, de fermer la porte au dialogue avec l’opposition.

Pour le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, les autorités iraniennes n'ont rien à gagner à employer la violence contre les opposants de Mahmoud Ahmadinejad. La France s'est dite préoccupée par la réélection du président ultraconservateur et dénonce la "réaction un peu brutale" des autorités face aux militants réformateurs. /Photo prise le 4 juin 2009/REUTERS/Sergio Moraes

Pour le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, les autorités iraniennes n’ont rien à gagner à employer la violence contre des opposants qui vont s’organiser.

“C’était l’occasion pour le président Ahmadinejad d’ouvrir ce dialogue et la France regrette qu’au contraire de l’ouverture, il y ait eu une réaction un peu brutale”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au Quai d’Orsay. “Ça laissera des traces et l’opposition va s’organiser.”

Des affrontements ont opposé des milliers de manifestants et des unités de la police anti-émeutes samedi à Téhéran. Selon l’un des leaders du mouvement réformateur, une centaine d’opposants ont été interpellés puis remis en liberté.

“Depuis la révolte étudiante, c’est la première fois que se manifeste très clairement la société civile, avec laquelle il faut compter”, a souligné Bernard Kouchner, pour qui “il n’y aura pas de solution dans la brutalité et dans le développement de l’activité militaire sans fin”.

Le maintien au pouvoir du leader ultraconservateur, officiellement réélu avec près de 63% des voix, n’est pas une bonne nouvelle, a commenté pour sa part le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino.

“UNE BONNE NOUVELLE POUR PERSONNE”

“Ce qui se passe en Iran n’est évidemment une bonne nouvelle pour personne, ni pour les Iraniens ni pour la stabilité et la paix du monde”, a-t-il déclaré au Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien/Aujourd’hui en France.

“Les moyens d’action directe sont évidemment très limités”, a-t-il ajouté. “Nul ne peut juger d’ici de ce qu’a été la régularité ou non de ces élections mais nous sommes en face d’un fait politique majeur : M. Ahmadinejad, avec ses excès, avec ses outrances, et ça ne simplifie pas la tâche de tous ceux qui dans le monde veulent prendre en considération l’Iran, le respecter et dialoguer avec lui”.

La France veut privilégier avec Téhéran la voie du dialogue, mais à deux conditions, a rappelé Henri Guaino : “Que l’Iran reconnaisse clairement le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël”, et “accepte les contrôles de l’Agence internationale de l’énergie” sur ses activités nucléaires.

“Si on ne peut pas entamer un dialogue sur des bases de ce genre, nous allons vers une situation extrêmement périlleuse”, a prévenu Henri Guaino. “Si l’Iran se dote d’une arme nucléaire avec un discours et une politique agressifs, il y aura forcément un risque de confrontation avec ceux qui pourront se sentir menacés”.

Les pays occidentaux accusent Téhéran de chercher à se doter de l’arme nucléaire mais espèrent parvenir à convaincre les Iraniens de renoncer à ce projet.

L’Iran affirme de son côté que son programme nucléaire ne poursuit que des fins civiles et doit permettre d’augmenter sa capacité de production d’électricité.

Elizabeth Pineau et Crispian Balmer, édité par Pierre Sérisier

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