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L'armée sri-lankaise encercle totalement les Tigres tamouls

COLOMBO (Reuters) - L’armée sri-lankaise a annoncé samedi avoir pris le contrôle de la totalité du littoral de l’île pour la première fois en 25 ans de guerre civile contre les séparatistes tamouls, désormais totalement encerclés sur un réduit d’un kilomètre carré.

L'armée sri lankaise annonce avoir pris le contrôle de la totalité du littoral de l'ancienne Ceylan pour la première fois depuis 25 années de guerre contre les Tigres tamouls, désormais piégés dans une zone d'à peine un kilomètre carré sans accès à la mer. /Photo diffusée le 15 mai 2009/REUTERS/Sri Lankan Government/HO

Deux divisions en provenance l’une du nord et l’autre du sud ont opéré la jonction, tandis qu’une troisième complétait l’encerclement des Tigres tamouls et de leurs dirigeants, privés de tout accès à la mer.

Le président Mahinda Rajapaksa, en visite en Jordanie, a annoncé qu’il rentrerait dimanche au Sri Lanka “en chef d’un Etat ayant vaincu le terrorisme”.

Selon le général de brigade Udaya Nanayakkara, le fondateur des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), Vellupillai Prabhakaran, et les autres principaux chefs du mouvement séparatiste seraient parmi les rebelles encerclés.

Le ministère de la Défense a indiqué que les derniers rebelles pourraient préparer une attaque suicide massive.

Au total, un millier de Tigres seraient retranchés dans ce réduit, au milieu d’une population civile prise au piège dans la zone de combats et dont le nombre est difficile à estimer. L’Onu avance une fourchette très large comprise entre 30.000 et 80.000 personnes.

Dans un communiqué du gouvernement, le président sri-lankais se félicite que les forces armées aient “finalement défait militairement les LTTE”.

Toutefois, un responsable de la présidence a souligné qu’il ne s’agissait pas là d’une déclaration officielle de victoire. Le président doit prononcer une allocution télévisée à son retour, dimanche.

Vendredi, l’armée sri-lankaise avait indiqué qu’il ne lui faudrait sans doute pas plus de 48 heures pour libérer plusieurs dizaines de milliers de civils qui servent de boucliers humains aux Tigres selon les Nations unies.

“CATASTROPHE HUMANITAIRE INIMAGINABLE”

Ces civils, souligne la Croix-Rouge, sont plongés dans une “catastrophe humanitaire inimaginable” en raison du manque de vivres, d’eau et de médicaments.

Interrogée par la chaîne de télévision Derana, une Tamoule ayant réussi à fuir la zone de combats a témoigné des conditions de survie de ces civils. “Nous n’avons pas mangé depuis des semaines, je ne peux même pas vous dire depuis quand. Dites à notre dirigeant de libérer tous les enfants, tous les Tamouls. Il y a des enfants amputés, certains gisent morts sur les routes.”

Depuis jeudi, 20.000 civils ont pu fuir l’ultime enclave des LTTE.

L’assaut final contre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul, auquel participent 50.000 soldats sri-lankais, survient alors que le directeur de cabinet du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, Vijay Nambiar, est attendu pour la deuxième fois à Colombo pour tenter de convaincre les autorités de la nécessité d’une fin négociée au conflit.

La visite de Nambiar et les appels des Nations unies semblent arriver trop tard pour faire cesser le combat que vont se livrer jusqu’au bout le gouvernement soutenu par la majorité cingalaise et les Tigres de la minorité tamoule.

Les Tigres ont de nouveau refusé cette semaine de se rendre et de libérer les civils, tandis que le gouvernement rejetait les appels à la trêve lancés pour protéger la population.

Samedi, ils ont fait savoir qu’en cas de victoire conventionnelle, une nouvelle phase du conflit s’ouvrirait. “La volonté de Colombo de finir la guerre en 48 heures par un carnage et un bain de sang pour les civils ne résoudra jamais un conflit qui dure depuis des décennies. Au contraire, cela ne fera qu’aggraver la crise pour la porter à des niveaux imprévisibles”, a déclaré le responsable de la diplomatie du LTTE S. Pathmanathan sur le site tamil.net.

Pathmanathan, qui est depuis des années le principal fournisseur d’armes des Tigres, est recherché par Interpol. Selon des diplomates, il se cacherait quelque part en Asie du Sud-Est, sans doute en Malaisie, en Thaïlande ou au Cambodge.

Le fondateur du LTTE Vellupillai Prabhakaran a commencé son combat pour un Etat séparé pour la minorité tamoule au début des années 1970. Ce combat a débouché sur une guerre civile à partir de 1983.

La guerre dans l’ex-Ceylan a fait au moins 70.000 morts depuis 1983.

Version française Danielle Rouquié, Henri-Pierre André et Gregory Schwartz

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