January 8, 2009 / 1:48 PM / 10 years ago

Le Pen compare Gaza à un camp de concentration, le Crif proteste

PARIS (Reuters) - Jean-Marie Le Pen a comparé Gaza à un ghetto et à un camp de concentration, des propos dénoncés par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Jean-Marie Le Pen a comparé Gaza à un ghetto et à un camp de concentration lors de ses voeux à la presse, des propos dénoncés par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). /Photo prise le 7 janvier 2009/REUTERS/Charles Platiau

“L’offensive militaire de grande envergure lancée contre les populations civiles concentrées dans ce qui est un véritable ghetto, un véritable camp de concentration, me paraît choquante et je souhaite que cela cesse”, a dit le président du Front national lors de ses voeux à la presse.

“Ces gens sont enfermés dans un territoire dont ils ne peuvent pas sortir, il est évident que cela ressemble à un camp de concentration”, a ajouté Jean-Marie Le Pen, interrogé sur la situation au Proche-Orient.

Le Front national avait condamné fin décembre “l’agression militaire d’Israël” contre le territoire palestinien de Gaza.

Jean-Marie le Pen a estimé que les tirs “irritants, urticants mais peu efficaces” des fusées du Hamas sur Israël ne pouvait pas “servir de prétexte légitime à une offensive militaire de grande envergure d’une armée moderne.”

Prié de dire s’il était prêt à participer aux manifestations pro-palestiniennes en France, le dirigeant d’extrême droite a répondu : “J’ai toujours été frappé par le fait que les représentants de la Palestine en France s’adressent exclusivement à la gauche et à l’extrême-gauche.”

“Mais je ne suis pas très manifestant en dehors des manifestations du Front national”, a-t-il ajouté.

LE CRIF S’INSURGE

Jean-Marie Le Pen a refusé de s’exprimer sur l’humoriste franco-camerounais Dieudonné, qui s’est rapproché du Front national et dont SOS Racisme dénonce “l’obsession antisémite.” “Je ne suis pas impresario”, a-t-il dit.

Trois spectacles de Dieudonné ont été déprogrammés depuis que le comédien a fait monter fin décembre sur la scène du Zénith de Paris le négationniste Robert Faurisson.

Dans un communiqué, le Crif constate que Jean-Marie Le Pen a utilisé une fois de plus en parlant de camp de concentration “le vocabulaire d’amalgame outrancier et mensonger qui est sa marque personnelle depuis longtemps” pour “exister médiatiquement.”

“Le terme de camp de concentration veut dire quelque chose de très précis, ce sont des camps où les gens mouraient en masse et ce sont des camps où les gens étaient emprisonnés, devaient effectuer des travaux extrêmement pénibles dans lesquels la mortalité était considérable et ça n’est pas du tout ce qui se passe à Gaza”, a souligné sur RTL Gérard Prasquier.

Le président du Crif s’est demandé si cela valait vraiment la peine de donner à Jean-Marie Le Pen “ce grand plaisir d’apparaître encore une fois de plus comme le martyr” en attaquant ses propos.

Le président du Front national a été condamné à plusieurs reprises pour ses propos polémiques, notamment lorsqu’il avait qualifié en septembre 1987 l’utilisation par les nazis de chambres à gaz de “point de détail de l’histoire de la Deuxième guerre mondiale.”

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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