November 11, 2008 / 8:26 AM / 11 years ago

Coup de filet dans l'ultra-gauche après les sabotages à la SNCF

PARIS (Reuters) - Dix personnes appartenant à l’ultra-gauche ont été arrêtées mardi pour des actes de sabotage commis ces derniers jours contre des caténaires de la SNCF lors d’un vaste coup de filet dans plusieurs régions de France.

Huit personnes appartenant à l'ultra-gauche ont été interpellées en liaison avec les actes de sabotage commis ces derniers jours contre des caténaires de la SNCF. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

La ministre française de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie a confirmé la thèse d’une action concertée après une série d’actes de malveillance sur le réseau ferré, qu’elle a attribués à une mouvance “anarcho-autonome” placée sous étroite surveillance.

“Ces individus se caractérisent pas le rejet de toute expression politique démocratique et un discours extrêmement violent”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Les 10 personnes interpellées et placées en garde à vue, essentiellement des jeunes qui auraient selon des sources policières participé à des actions violentes lors d’événements internationaux comme le G8, ont été arrêtées en Corrèze, à Rouen, dans la région parisienne et dans la Meuse.

La base du groupe se situait dans le petit village corrézien de Tarnac, dans le sud-ouest de la France, où ses membres, qui vivaient dans une communauté qualifiée de libertaire, tenaient une épicerie et vivaient en bonne entente avec les villageois.

Cinq actes de malveillance sont en cause: à Vigny (Moselle) le 26 octobre, et quatre autres dans l’Oise, la Seine-et-Marne et l’Yonne commis samedi dernier.

Des fers à béton, tiges utilisées pour le béton armé, ont été fixés sur des caténaires avec un système de verrouillage.

Ce mécanisme entraînait la rupture des câbles d’alimentation au passage des trains, et a provoqué des coupures de courant et d’importants retards pour plus de 150 TGV sur le réseau Nord, Thalys (Paris-Bruxelles) et Eurostar (Paris-Londres).

“RADICALISATION DE L’ULTRA-GAUCHE”

La section antiterroriste du parquet de Paris avait été saisie lundi de l’enquête, ce qui signifie que la garde à vue peut se prolonger pendant quatre jours.

“L’opération de ce jour a été rendue possible par le travail de renseignement effectué à ma demande depuis des mois sur cette mouvance par la DCRI” (Direction centrale du renseignement extérieur)”, a ajouté Michèle Alliot-Marie.

“Dès mon arrivée au ministère de l’Intérieur, j’ai souligné les risques d’une résurgence violente de l’extrémisme radical”, a-t-elle poursuivi. “J’observe depuis quelques années une radicalisation de la mouvance de l’ultra-gauche.”

Selon la ministre de l’Intérieur, les enquêteurs ont effectué des liens entre les lieux où se sont produits les actes de sabotage et certains individus, des “indices”, qui pourraient être des traces d’ADN, ayant été collectés.

Certaines des personnes interpellées ont été vues sur les lieux où les sabotages ont été perpétrés ces dernières semaines “à des heures pouvant correspondre, et donc on a décidé effectivement qu’il y avait suffisamment d’éléments réunis pour que nous puissions procéder à cette opération”.

L’opération de mardi a mobilisé 150 policiers, 50 membres de la DCRI, 60 fonctionnaires de la sous-direction antiterroriste (SDAT), un escadron de la gendarmerie et une brigade cynophile.

Nicolas Sarkozy s’est félicité des “progrès rapides et prometteurs obtenus dans le cadre de l’enquête”.

LA SNCF NE BAISSE PAS LA GARDE

Guillaume Pepy, président de la SNCF, s’est réjoui devant la presse de constater qu’aucun cheminot ne faisait partie des personnes interpellées, alors que la technique utilisée, visant des installations à haute tension très dangereuses, avait fait dire à un responsable du syndicat CFTC-Transports qu’elles n’avaient pu être commises que par des spécialistes.

“Il n’y a pas de personnel de la SNCF parmi les personnes qui ont été interpellées”, a-t-il déclaré. “La connaissance du ferroviaire en France n’est pas l’apanage des seuls cheminots.”

Pour autant, il a estimé que ses 2.000 agents chargés de la sécurité des 34.000 km de voies ne baisseraient pas la garde.

“Ces personnes vont continuer leur travail car il est évident que l’on vit une période dangereuse et par conséquent il est nécessaire qu’une entreprise de service public comme la SNCF prenne toutes les précautions sur son réseau”, a-t-il dit.

Jean-Stéphane Brosse et Yves Clarisse, édité par Yves Clarisse

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