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Coronavirus: Marseille demande un délai de dix jours

PARIS (Reuters) - La ville de Marseille, classée en zone d’alerte maximale au coronavirus, a réclamé jeudi un “délai de dix jours” avant la mise en oeuvre des mesures de restriction, dont la fermeture totale des bars et des restaurants ordonnée par le gouvernement.

La ville de Marseille, classée en zone d'alerte maximale au coronavirus, a réclamé jeudi un "délai de dix jours" avant la mise en oeuvre des mesures de restriction, dont la fermeture totale des bars et des restaurants ordonnée par le gouvernement. /Photo prise le 17 septembre 2020/REUTERS/Eric Gaillard

“Nous voulons que l’Etat révise ses annonces au regard des chiffres du ministère de la Santé et qu’il le fasse dans la transparence. L’épidémie décroît depuis quelques jours, M. (Olivier) Véran l’a reconnu lui-même”, a déclaré Benoît Payan, premier adjoint de la mairie de Marseille, dans une déclaration à la presse.

“Laissons à cette inflexion le temps de se confirmer”, a-t-il poursuivi.

“Avec Mme la maire (Michèle Rubirola), je demande au gouvernement dix jours avant la mise en place de nouvelles mesures. Si à la fin de la semaine prochaine, les indicateurs repartent à la hausse, nous serons prêts à prendre les décisions qui s’imposent et qui seront alors comprises par tout le monde

(...) D’ici là, il faut impérativement que les mesures soient gelées.”

Classées en zone d’alerte maximale, la métropole d’Aix-Marseille de même que la Guadeloupe doivent mettre en oeuvre à partir de samedi une fermeture totale des bars et des restaurants, de même que tous les établissements recevant du public, “sauf s’il existe un protocole sanitaire strict”, a annoncé mercredi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

“J’ASSUME”, DIT VÉRAN

Sans répondre à la demande de la municipalité, le ministre a assuré jeudi avoir invité en août les autorités locales à prendre rapidement des mesures, faute de quoi le gouvernement devrait en imposer de plus coercitives par la suite, et a dit assumer pleinement la décision annoncée mercredi.

“J’ai eu la maire de Marseille au téléphone plusieurs fois cet été. Je l’ai sensibilisé au mois d’août en lui expliquant que les indicateurs devenaient mauvais, qu’il y avait des contaminations dans un milieu jeune (...) et que c’était dangereux pour l’évolution de la situation”, a-t-il expliqué devant la commission d’enquête sénatoriale sur la gestion de la crise sanitaire.

“Je me suis rendu à Marseille le 27 août et j’ai passé plus de deux heures en préfecture à discuter avec les parlementaires, les élus de la ville, de la métropole, du département, de la région et des communes adjacentes. J’ai également rencontré la maire de Marseille en préfecture pendant plus d’une demi-heure.”

“Je leur ai dit que, si nous ne prenions pas rapidement des mesures de gestion pour enrayer la circulation du virus, il serait à craindre que nous ayons à prendre des mesures plus fortes, plus tard. J’ai discuté également à la suite de cela avec les élus marseillais qui considéraient que consulter n’était pas concerter. Sans doute, mais concerter ne veut pas forcément dire tomber d’accord et, à un moment donné, le principe de responsabilité doit primer.”

“Lorsqu’il faut protéger la vie des gens, lorsqu’il faut prendre des mesures difficiles pour éviter que les gens meurent (...), ça me paraît être agir en responsabilité. Je l’assume, et je l’assumerai à chaque fois que ce sera nécessaire”, a-t-il ajouté.

Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief, édité par Blandine Hénault

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