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Coronavirus: Parly "s'est trompée" sur les tests des militaires de retour de Wuhan

PARIS (Reuters) - Florence Parly “s’est trompée, ça peut arriver à tout le monde”, a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement français, au lendemain de l’admission par la ministre des Armées qu’elle avait affirmé à tort, début mars, que des militaires de retour de Wuhan, en Chine, avaient subi des tests de dépistage du coronavirus.

Florence Parly (photo) "s'est trompée, ça peut arriver à tout le monde", a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement français, au lendemain de l'admission par la ministre des Armées qu'elle avait affirmé à tort, début mars, que des militaires de retour de Wuhan, en Chine, avaient subi des tests de dépistage du coronavirus. /Photo prise le 26 août 2020/REUTERS/Charles Platiau

Lors d’une audition mardi devant le Sénat, Florence Parly a déclaré que les équipages militaires qui avaient rapatrié en janvier-février des centaines de ressortissants français et européens avaient été soumis à “un protocole sanitaire strict”, mais qu’ils n’avaient pas fait de test PCR, n’ayant pas développé de symptômes à l’issue de leur quatorzaine.

Le suivi dont ont fait l’objet les militaires de l’escadron logistique Esterelle, basé à Creil (Oise), avait suscité une polémique à l’époque, le département étant devenu quelques semaines plus tard un des premiers “clusters” de l’épidémie de COVID-19 en France.

Interrogée le 4 mars sur la chaîne France 2, Florence Parly avait déclaré que tous les militaires avaient été testés à leur retour de Wuhan, une affirmation contredite par la suite par l’ancien commandant de la base de Creil.

Mardi, la ministre des Armées a reconnu son erreur devant les sénateurs.

“C’était un raccourci. Ce qui s’est passé, c’est que les équipages ont été soumis à un protocole sanitaire extrêmement strict mais qui en effet ne comprenait pas à l’époque de tests”, a-t-elle déclaré. “N’étant pas médecin, je vous prie d’excuser le caractère un peu raccourci de ma formule.”

“A l’époque, le protocole sanitaire n’était pas le même qu’aujourd’hui”, a commenté le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mercredi à l’issue du conseil des ministres. “Elle (Florence Parly) a reconnu hier s’être trompée, ça peut arriver à tout le monde, y compris à des ministres. Je pense qu’elle a clarifié les choses.”

VIRUS DÉJÀ ACTIF DANS L’OISE

Au ministère des Armées, on souligne que les équipages des Airbus qui ont rapatrié les Français bloqués à Wuhan ont porté pendant tout le vol masques FFP2, gants, lunettes et surblouses, un protocole sanitaire “qui a permis aux armées de transporter sans incident 190 patients atteints par le coronavirus au plus fort de l’épidémie”.

Or, ce n’était pas le cas des Français rentrés de Chine, qui ont tous été testés négatifs à deux reprises pendant leur isolement dans un centre de vacances, rappelle-t-on au ministère.

Les membres d’équipage, qui n’avaient pas posé le pied sur le sol chinois, n’ont pas eu à se soumettre à un tel test, mais ils ont observé une quatorzaine à domicile pendant laquelle leur température a été prise deux fois par jour et aucun d’entre eux n’a développé de symptômes, ajoute-t-on.

Pour Florence Parly, la base de Creil ne peut donc pas être tenue pour responsable du “cluster” identifié par la suite dans l’Oise.

“Je comprends la curiosité des habitants de l’Oise compte tenu de l’importance de la diffusion du virus dans les premières semaines de l’épidémie (mais) je crois pouvoir vous dire que le patient zéro ne se trouvait probablement pas dans la base de Creil”, a déclaré la ministre.

Selon un rapport d’épidémiologistes de Santé Publique France (SPF) et du Service de santé des Armés (SSA), cité par Florence Parly et dont Reuters a pu consulter des extraits, le nouveau coronavirus circulait déjà dans l’Oise avant le retour des avions de Wuhan.

“Il persiste une incertitude (sur l’origine du cluster) mais dans toutes les hypothèses, des cas sont survenus au lycée avant de survenir dans la base, même en tenant compte de l’incertitude sur la date du 1er cas”, souligne le rapport.

avec Jean-Stéphane Brosse

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