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Mali: Démission du président Keita après la mutinerie militaire

BAMAKO (Reuters) - Le président malien Ibrahim Boubacar Keita a déclaré mardi soir qu’il démissionnait et qu’il dissolvait le parlement, à la suite de son arrestation plus tôt dans la journée par des soldats mutins, aggravant la crise dans un pays déjà confronté à une insurrection djihadiste et une vague de contestation.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keita (photo) a déclaré mardi soir qu'il démissionnait et qu'il dissolvait le parlement, à la suite de son arrestation plus tôt dans la journée par des soldats mutins, aggravant la crise dans un pays déjà confronté à une insurrection djihadiste et une vague de contestation. /Photo d'archives/REUTERS/Joe Penney

Visiblement fatigué, muni d’un masque de protection chirurgical, Keita a fait cette annonce lors d’une brève allocution télévisée quelques heures après que des soldats l’ont placé en détention, de même que le Premier ministre Boubou Cissé et d’autres hauts représentants.

“Si aujourd’hui, certains éléments de nos forces armées veulent que cela prenne fin via leur intervention, ai-je vraiment le choix ?”, a-t-il dit depuis une base militaire à Kati, aux abords de la capitale Bamako, où s’est produite la mutinerie et où il a été détenu.

On ne sait pas précisément dans l’immédiat qui est à la tête de cette révolte, qui va gouverner le pays en l’absence de Keita, ni les motivations des soldats mutins.

Sur des images diffusées plus tôt sur les réseaux sociaux, qui auraient été prises à la base militaire de Kati, on pouvait voir Keita et Cissé entourés de soldats armés. Reuters n’a pas pu vérifier l’authenticité des vidéos.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté depuis juin dans les rues de Bamako pour demander la démission d’Ibrahim Boubacar Keita, lui reprochant ses échecs dans la lutte contre les problèmes sécuritaires croissants et la corruption.

La coalition M5-RFP, à l’origine de ce mouvement de contestation, a affiché son soutien aux militaires, son porte-parole Nouhoum Togo déclarant à Reuters que les derniers événements n’étaient “pas un coup d’Etat militaire mais une insurrection populaire”.

Des centaines de manifestants anti-gouvernement ont déferlé mardi soir dans le centre de Bamako pour acclamer les mutins qui traversaient la ville à bord de véhicules militaires.

Une précédente mutinerie également née dans la base de Kati en 2012 avait conduit à un coup d’Etat militaire ayant renversé le président Amadou Toumani Touré, accélérant la prise de contrôle du nord du Mali par les djihadistes qui continuent d’opérer dans le nord et le centre du pays.

La France avait lancé en 2013 une opération militaire pour tenter de les contrer, mais les forces islamistes ont étendu leur influence dans la région dite des “trois frontières”, où convergent les territoires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, où elles continuent de mener des attaques contre des soldats, des civils et des ressortissants étrangers.

La France et d’autres puissances internationales ont dénoncé la mutinerie, craignant que la chute de Keita déstabilise davantage le Mali et la région du Sahel dans son ensemble.

Le secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres a quant à lui réclamé la libération immédiate d’Ibrahim Boubacar Keita et des autres responsables politiques détenus.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a annoncé avoir décidé de fermer les frontières régionales avec le Mali suite à l’arrestation de Keita. Dans un communiqué, elle a indiqué avoir aussi suspendu l’ensemble des échanges financiers entre ses 15 membres et le Mali, et suspendu ce dernier des organes décisionnaires de la communauté.

Tiemoko Diallo, avec Paul Lorgerie et Aaron Ross; version française Jean Terzian et Myriam Rivet, édité par Jean-Michel Bélot

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