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Le président malien et le Premier ministre arrêtés par des mutins

BAMAKO (Reuters) - Le président malien Ibrahim Boubacar Keita et plusieurs membres du gouvernement ont été arrêtés par des soldats au cours d’une mutinerie, aggravant la crise dans laquelle est plongé le pays, confronté à une insurrection djihadiste et une vague de protestations.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keita (photo) et plusieurs membres du gouvernement ont été arrêtés par des soldats au cours d'une mutinerie, aggravant la crise dans laquelle est plongé le pays, confronté à une insurrection djihadiste et une vague de protestations. /Photo prise le 30 juin 2020/REUTERS/Ludovic Marin

La détention du président Keita dans sa résidence au sud-ouest de Bamako fait suite à la mutinerie de soldats plus tôt dans la journée sur la base militaire de Kati, aux abords de la capitale. Plusieurs hauts responsables civils et militaires ont été rassemblés par ces soldats.

Le Premier ministre Boubou Cissé est également détenu par les militaires mutins, selon le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui a condamné ses arrestations.

Boubou Cissé avait demandé dans la journée aux soldats de se retirer et a appelé au dialogue pour résoudre la situation.

Un porte-parole du président Keita n’a pas pu être contacté pour commenter ces informations.

La chaîne de télévision publication ORTM a été temporairement coupé avant la reprise en début de soirée des programmes enregistrés.

On ne sait pas dans l’immédiat qui est à la tête de la mutinerie, qui gouverne le pays en l’absence du président malien ni les motivations des soldats.

Un porte-parole de l’armée a déclaré n’avoir aucune information.

La coalition d’opposition M5-RFP, à l’origine de manifestations de masse depuis juin pour la démission d’Ibrahim Boubacar Keita, a apporté son soutien aux soldats. Nouhoum Togo, porte-parole du M5-RFP, a déclaré à Reuters qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’État militaire mais d’une insurrection populaire.

Des rumeurs selon lesquelles les soldats auraient arrêté le président avaient poussé plus tôt des centaines de personnes à se rendre sur la place de l’Indépendance, pour demander la démission du président, accusé de corruption et d’aggraver la situation sécuritaire dans le nord et le centre du pays où sévissent des rebelles islamistes.

En 2012, une mutinerie sur cette même base de Kati avait conduit à un coup d’État et renversé le président de l’époque, Amadou Toumani Touré, et contribué à la chute du nord du Mali aux mains des djihadistes qui continuent à opérer dans le nord et le centre du pays.

Un diplomate européen a déclaré qu’un nombre relativement faible de membres de la Garde nationale, apparemment en colère à cause d’un conflit salarial, s’était emparé d’un dépôt de munitions mardi mais aurait ensuite été encerclé par d’autres services d’ordres gouvernementaux.

EMMANUEL MACRON CONDAMNE LA MUTINERIE

“Oui, mutinerie. Les soldats ont pris les armes”, a déclaré de son côté une source au sein des services de sécurité.

Ailleurs dans la capitale, des ministères ont été évacués, a déclaré un fonctionnaire, et des coups de feu ont été entendus près du bureau du Premier ministre, selon une source des services de sécurité.

Un habitant de Bamako a déclaré que des hommes armés avaient fermé l’accès à deux ponts sur le fleuve Niger dans la ville. L’identité des individus armés n’a pas été immédiatement établie.

Les ambassades de France et de Norvège à Bamako ont exhorté mardi leurs citoyens à rester chez eux.

La France et d’autres puissances internationales ainsi que le secrétaire général de l’Onu ont condamné cette mutinerie.

Emmanuel Macron s’est entretenu avec son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keita, ainsi qu’avec Alassane Ouattara, le président de la Côte d’Ivoire, le président sénégalais Macky Sall et le président nigérien Mahamadou Issoufoun, a précisé l’Elysée.

La président français a exprimé son soutien aux efforts de médiations en cours de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui ont appelé au maintien de l’ordre constitutionnel et exhorté les militaires à regagner leurs casernes.

Tiemoko Diallo, Paul Lorgerie, David Lewis et Aaron Ross, version française Jean-Philippe Lefief, Kate Entringer, Diana Mandiá et Laetitia Volga, édité par Jean-Michel Bélot

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