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Biélorussie: Des manifestants disent avoir été frappés en prison

MINSK (Reuters) - Plusieurs manifestants d’opposition libérés d’un centre de détention de Minsk, la capitale de la Biélorussie, ont déclaré jeudi avoir été frappés, incarcérés dans des cellules bondées et sous-alimentés.

En photo, le citoyen arménien Vartan Grigorian, un manifestant libéré qui présente des traces de coups marqués sur le visage, pose devant le centre de détention à Minsk. Plusieurs manifestants d'opposition libérés d'un centre de détention de Minsk, la capitale de la Biélorussie, ont déclaré jeudi avoir été frappés, incarcérés dans des cellules bondées et sous-alimentés. /Photo prise le 13 août 2020/REUTERS/Vasily Fedosenko

Une partie des opposants arrêtés ces derniers jours ont été libérés du centre d’Okrestina, alors que l’Union européenne envisage des sanctions contre les autorités biélorusses face à la répression des manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle de dimanche, remportée officiellement par le sortant Alexandre Loukachenko mais soupçonnée d’avoir été truquée.

L’un de ces ex-détenus, Sergueï, a raconté que 28 personnes étaient enfermées dans une cellule prévue pour cinq. Les prisonniers dormaient à tour de rôle, a-t-il expliqué, et ne recevaient qu’un morceau de pain censé les nourrir pour deux jours.

“Ils ne m’ont pas battu dans la cellule, ils m’ont sorti de la cellule pour me battre”, a-t-il précisé.

Il a refusé que son nom de famille soit rendu public.

Reuters n’a pas pu vérifier dans l’immédiat de sources indépendantes ses déclarations ou celles d’autres ex-détenus et une porte-parole du ministère de l’Intérieur a refusé de les commenter.

Vartan Grigorian, un autre manifestant libéré, présente des traces de coups marqués sur le visage. “J’ai été arrêté, battu, mis en prison et de nouveau battu. Après ça, je me suis senti mal et j’ai été emmené à l’hôpital en ambulance”, a-t-il dit.

Lioudmila, hospitalisée près du centre de détention, a déclaré qu’elle pouvait entendre les cris des prisonniers.

“Nous entendons des hurlements toutes les nuits, des hurlements terribles, pendant très longtemps. C’était particulièrement effrayant hier, des gens criaient si fort qu’on avait l’impression qu’ils étaient frappés juste à côté de nous.”

Ilia, 34 ans, un autre ex-détenu qui a répondu à Reuters en utilisant le téléphone de sa femme, a accusé les gardiens de prison d’avoir agressé des personnes arrêtées.

“Si quelqu’un dans la cellule commençait à faire du bruit ou à crier, il était sorti dans le couloir pour faire un exemple et battu jusqu’à être à moitié mort pour que tout le monde puisse entendre”, a-t-il dit.

Andrei Malhovski, avec Alexander Marrow à Moscou, version française Marc Angrand

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