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Migrants: Londres et Paris veulent refermer la route de la Manche

DOUVRES, Angleterre/PARIS (Reuters) - La Grande-Bretagne et la France vont coopérer pour élaborer un nouveau plan permettant de rendre la Manche “impraticable” pour les traversées clandestines de migrants, a déclaré mardi le secrétaire d’Etat britannique à l’Immigration, Chris Philp, en visite à Paris.

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A l’issue d’une réunion qualifiée de “constructive” avec ses homologues français, il a ajouté qu’il était trop tôt pour se prononcer sur des engagements financiers entre Paris et Londres mais a assuré que le gouvernement français, comme le britannique, jugeait inacceptable le niveau atteint par les traversées clandestines.

“Nous avons réaffirmé notre engagement partagé et inébranlable de faire en sorte que cette traversée de la Manche soit impraticable”, a dit le secrétaire d’Etat britannique, indiquant que la France allait se doter d’un coordinateur chargé de ce dossier.

“Elle est facilitée par des bandes criminelles impitoyables et met des vies en danger”, a ajouté Chris Philp.

“Si nous pouvons rendre cette voie impraticable, ce que nous sommes déterminés à faire, alors les migrants n’auront plus aucune raison de venir en France”, a-t-il poursuivi.

Mettant à profit une météo et des conditions de mer favorables, plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles des enfants et des femmes enceintes, ont franchi ces derniers jours les 33 km séparant les côtes française et anglaise à bord de petites embarcations.

Mardi, une vingtaine de migrants ont été interpellés et escortés jusqu’à Douvres par la police des frontières britannique.

UN PLAN COMMUN POUR UN PROBLÈME COMMUN

Prié de dire si la Grande-Bretagne était disposée à financer au moins en partie un renforcement par la France de ses moyens de lutte contre l’immigration illégale à la frontière maritime, Chris Philp a répondu: “Nous reconnaissons que c’est un problème commun. Si nous pouvons nous entendre sur un plan commun, nous serons évidemment prêts à le soutenir (...) avec tous les moyens nécessaires afin qu’il soit un succès.”

Un autre membre du gouvernement de Boris Johnson, le sous-secrétaire d’Etat à la Santé Edward Argar avait déclaré en début de journée que Londres réclamait une souplesse accrue pour reconduire les immigrants clandestins vers la France, Londres jugeant trop rigide le règlement de Dublin, qui régit au sein de l’Union européenne le dispositif de demande d’asile.

Une part importante des candidats à l’entrée sur le sol britannique viennent d’Afghanistan, d’Irak, d’Iran, de Syrie et d’autres pays qui les rendent éligibles sous conditions au droit d’asile. Mais d’autres sont considérés comme des immigrants économiques clandestins et donc comme expulsables.

Selon le Sunday Telegraph, la France va demander au Royaume-Uni de verser 30 millions de livres (33,2 millions d’euros) pour financer les contrôles. Paris n’a pas fait de commentaire.

Un ancien du corps britannique de l’infanterie de marine, Dan O’Mahoney, a été nommé dimanche par la ministre de l’Intérieur, Priti Patel, au poste nouvellement créé de commandant chargé de la menace que représentent les migrants clandestins dans la Manche.

Peter Nicholls, avec Guy Faulconbridge, Sarah Young, version française Jean-Stéphane Brosse et Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot

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