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Sept employés d'Acted tués au Niger, drame sans précédent pour l'ONG

PARIS (Reuters) - Quatre femmes et quatre hommes âgés de 25 à 50 ans ont perdu la vie dans l’attaque contre un groupe d’employés d’Acted dimanche au Niger, a déclaré lundi l’organisation humanitaire, déplorant un “drame sans précédent par sa brutalité et sa soudaineté”.

Frédéric Roussel, directeur du développement et cofondateur de l'ONG Acted. Quatre femmes et quatre hommes âgés de 25 à 50 ans ont perdu la vie dans l'attaque contre un groupe d'employés d'Acted dimanche au Niger, a déclaré lundi l'organisation humanitaire, déplorant un "drame sans précédent par sa brutalité et sa soudaineté". /Photo prise le 10 août 2020/REUTERS/Benoit Tessier

L’attaque a fait six victimes françaises et deux victimes nigériennes. Sept employés d’Acted ont trouvé la mort, ainsi qu’un guide nigérien, a précisé l’ONG.

Parmi les victimes figurait un volontaire international qui était basé à Niamey, a indiqué Frédéric Roussel, directeur du développement et cofondateur de l’ONG, lors d’une conférence de presse à Paris.

Frédéric Roussel a souligné que l’attaque s’était produite dans une zone “jaune”, selon la catégorisation du ministère français des Affaires étrangères, ce qui signifie une zone en vigilance renforcée, moins dangereuse que les zones orange ou rouge.

“Nous venons de perdre des amis dans la seule zone jaune (du Niger) où il n’y a besoin que d’une surveillance renforcée pour se déplacer. C’est la capitale, une route de 100 km et un parc. C’est un paradoxe tragique que ce soit précisément là que cet horrible événement ait pu se produire”, a-t-il dit. “Nous aidons 230.000 personnes pas dans les zones jaunes, mais dans les zones les plus rouge écarlate du pays.”

Le groupe d’employés d’Acted, qui compte quelque 200 employés au Niger, a quitté Niamey dimanche matin pour se rendre dans le parc de girafes de Kouré, à une quarantaine de minutes de route au sud-est de la capitale nigérienne, a déclaré Marie-Pierre Caley, directrice générale et cofondatrice de l’ONG lors de la même conférence de presse.

“A 8h30 (dimanche), sept de nos staff Acted et Impact sont partis à Kouré”, a-t-elle dit, ajoutant qu’ils avaient confirmé une heure plus tard par téléphone leur arrivée dans le parc.

En début d’après-midi, l’ONG a été informée par des gardes forestiers qu’un véhicule avait été retrouvé calciné. Un véhicule de la force française Barkhane et une ambulance ont été envoyés sur place, a poursuivi Marie-Pierre Caley.

Les huit corps retrouvés sur place ont été rapatriés dans la soirée à l’institut médico-légal de Niamey où ils ont été identifiés.

L’ONG a annoncé son intention de déposer une plainte au pénal pour que soit éclairci ce qu’il s’est passé précisément, notamment pour déterminer s’il s’agissait d’une attaque planifiée ou “d’opportunité”.

“Nos impressions, c’est que c’est une attaque d’opportunité par un petit groupe isolé de criminels. Mais à vrai dire, nous n’en savons rien”, a déclaré Frédéric Roussel.

Le parquet national antiterroriste (PNAT) français a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête à la suite de l’attaque, à laquelle le gouvernement consacrera un conseil de défense mardi matin.

“Les ONG et leurs personnels, nationaux ou internationaux, sont devenus des victimes prioritaires”, a regretté Frédéric Roussel, exhortant la communauté internationale à prendre des mesures pour protéger les humanitaires.

Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot

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